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A304: la facture s'alourdit de 83 millions d'euros

Publié le vendredi 10 février 2012 à 11H05 - Vu 337 fois


Les premiers coups de pelleteuse de ce vaste chantier ont été donnés l'an dernier.

Les premiers coups de pelleteuse de ce vaste chantier ont été donnés l'an dernier.


(Ardennes). L'aménagement de la portion française l'A304, qui doit relier Charleville à Charleroi, coûtera 433 millions d'euros, et non 350 comme prévu initialement. Qui va payer ?

C'EST bien connu, hormis peut-être les températures, tout augmente. Et les coûts d'un chantier n'échappent pas à la règle. On vient ainsi de s'apercevoir que l'aménagement des 31 kilomètres d'autoroute entre Charleville-Mézières et Rocroi, estimé dans un premier temps à 350 millions d'euros, se monterait finalement à 433 millions. Soit une douloureuse qui n'a jamais aussi bien porté son nom, puisqu'elle augmente de presque 25 %…
Pourtant, jusqu'ici, le « chantier du siècle » n'a pas révélé de mauvaises surprises, du moins sur le terrain.
Il est vrai que l'on n'en est qu'aux premiers coups de pelleteuse, mais les travaux, ne serait le gel, se déroulent comme prévu. C'est donc ailleurs qu'il convient de chercher les raisons de cet imposant surcoût.
« En remontant dans le temps, je me souviens même qu'en 2005, les travaux avaient été estimés à 278 millions d'euros TTC », se souvient Benoît Huré, président du conseil général.
Le 18 décembre 2006, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, se déplace dans les Ardennes et affirme haut et fort la volonté de l'Etat de soutenir le projet de création de cette autoroute : « Le nouvel axe Rotterdam-Marseille, via les Ardennes, doit voir le jour au plus vite. S'agissant de la branche ouest de l'A34 qui doit relier Charleville à la frontière belge, […] je peux vous confirmer que le début des travaux aura lieu au deuxième trimestre 2007 et que les Ardennais pourront rouler sur ce nouveau tronçon en 2010 », affirme alors le futur président.
Un calendrier (trop) serré, et qui ne sera d'ailleurs pas tenu, mais qui pousse les services de l'Etat à réactualiser d'urgence leur copie : en juillet 2007, les travaux sont estimés à 350 millions d'euros.
« C'est sur cette base de 350 millions que le projet a été lancé », reprend Benoît Huré. Suit alors une longue phase de négociations pour savoir qui payera combien.
« Compte tenu de la situation des Ardennes, nous avons demandé que la règle des trois tiers [financement partagé en trois parties égales entre l'Etat, la Région et le Département, NDLR] ne s'applique pas et que l'Etat accepte d'augmenter sa part », ajoute le président du conseil général.
Chacun défend son bout de gras et au final, un accord est trouvé : l'Etat prendra à sa charge 55 % du coût des travaux, la Région 28,3 % et le Département 16,7 %.
Et depuis, sur ces bases, vogue la galère. Jusqu'à cet écueil de 83 millions d'euros à rajouter à la facture…
« J'ai été surpris par cette somme, ne cache pas Boris Ravignon, conseiller à l'Elysée et candidat UMP aux législatives sur le Nord des Ardennes. Mais après avoir refait les calculs, ils sont exacts. Nous sommes pénalisés par le fait que la dernière évaluation du montant des travaux remontait à 2006-2007. Or comme on se cale sur la date de livraison du chantier, c'est-à-dire 2016, on se retrouve avec une décennie d'actualisation des coûts. D'où cette différence qui peut effectivement sembler importante. »
Se pose alors une question, ou plutôt deux : les trois co-financeurs de ce tronçon autoroutier vont-ils accepter de mettre à nouveau la main à la poche ? Et si oui, pour quel montant ? Un premier élément de réponse a été donné sous la forme d'un courrier en date du mardi 7 février, adressé par Thierry Mariani, ministre en charge des Transports, à Benoît Huré, Boris Ravignon et Bérengère Poletti, députée UMP de la 2e circonscription. « L'A304 représente un enjeu économique majeur, notamment pour le secteur industriel ardennais, rappelle le ministre avant de parler des 83 millions supplémentaires : D'ores et déjà, je tiens à vous indiquer que compte tenu du caractère stratégique de ce projet, l'Etat est prêt à reconduire son taux de participation à hauteur de 55 %. »
Du côté du conseil général, la réponse est similaire. « Nous avons, par ce courrier de Thierry Mariani, obtenu l'assurance que l'Etat acceptait de participer à cet effort financier supplémentaire à hauteur de 55 %, résume Benoît Huré. Compte tenu de cet engagement, le Département va bien évidemment jouer le jeu. En clair, je vais proposer à l'assemblée départementale de prendre à notre charge 16,7 % du surcoût. Et vu l'importance de cette autoroute pour l'économie ardennaise, j'espère bien que mes collègues voteront à l'unanimité en faveur de cette mesure. »
Feu vert de l'Etat, feu vert du conseil général, reste maintenant à savoir quelle sera la position de la Région…
 

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Les dernières contributions


soleil08

17/02/2012 à 17h41

Avec tous ces mensonges qui nous inondent depuis des décennies, nous ne croyons plus à rien. Ni à l'autoroute, ni à Sarkozy, ni à Hollande . . .

Mais eux, peuvent être certains que je ne voterai pas pour eux , qu'ils le croient ou pas !

Dedman08

11/02/2012 à 12h36

"Si les services de l'Etat n'avaient pas mis quatre ans à se renvoyer la balle de service en service avant, finalement, de se rendre compte qu'il était préférable de confier la maîtrise d'ouvrage à un privé, on n'en serait pas là ! " dixit mr Bachy !
D'une part, c'est faire peu de respect des services de l'État, mr BACHY, puisque ce dernier, par son service à la DDE des Ardennes de l'époque, avait bouclé le dossier remisé en 2007 dans les cartons lors de la décentralisation issue d'une volonté politique prémice du transfert des compétences de l'État vers le secteur privé.
D'autre part et pour répondre plus précisément à l'article, aucun grand chantier d'une quelconque collectivité ou de l'État n'est estimé à sa juste valeur et ce volontairement, la tendance visant systèmatiquement à sous-estimer les coûts et budgéter par la suite le surcoût... Stratégie politique des décideurs oblige !

laurent bouvier

11/02/2012 à 00h50

Une bien mauvaise surprise, surtout à un moment où les caisses sont particulièrement vides ! Mais il n'y a pas le choix, la construction est trop importante pour la retarder encore. Alors, que chaque collectivité sorte son chéquier au plus vite afin d'éviter d'autres mauvaises surprises...

matonier

10/02/2012 à 13h05

Effectivement, à force d'attendre les promesses, promis juré on roule dessus en ... plus de 30 ans que l'on entend le même discours, vous savez la politique spectacle
Et pourtant, on peut faire des économies, les petits crapauds du Bérul coûtent très chers aux contribuables.
Tant que les politiques traceront les routes en lieu et place des techniciens, on n’est pas disposé à faire des économies.

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