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À Chooz, l'étude de l'Inserm jette un froid

Publié le vendredi 13 janvier 2012 à 11H00 - Vu 745 fois


Le CNPE de Chooz et ses environs faisaient partie

Le CNPE de Chooz et ses environs faisaient partie


Deux fois plus de leucémies chez les enfants qui vivent près d'un site nucléaire. L'étude de l'Inserm rendue publique hier a semé le trouble à Chooz et dans les communes proches de la centrale, laquelle figure dans l'enquête.

Français ou belges, les médecins interrogés mettent cependant moins l'accent sur les cas de leucémie que sur un grand nombre de cancers de la thyroïde.

PAS de conclusions, mais de sérieux doutes. En publiant, dans le numéro de janvier de l'International journal of cancer, une étude intitulée « Leucémie infantile près des centrales nucléaires françaises », le très sérieux Inserm a soulevé bien des questions et des inquiétudes.
Dirigée par le Dr Jacqueline Clavel, responsable d'épidémiologie environnementale des cancers à l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), l'étude montre un doublement des cas de leucémie chez les moins de 15 ans vivant près d'une centrale nucléaire.
Entre 2002 et 2007, 14 enfants vivant dans un rayon de cinq kilomètres autour d'une centrale étaient atteints d'un cancer du sang, là où les chiffres moyens nationaux auraient tablé sur sept cas. Sur la même période, 2 753 cas de leucémie ont été diagnostiqués en France.
Ces résultats ont surpris la communauté scientifique elle-même (lire par ailleurs). Jacqueline Clavel indique toutefois qu'on ne peut pas conclure à un lien direct entre les « très faibles radiations émises » et les cas de leucémie. Elle ajoute que sur une période plus longue (1990-2007), le doublement des cas n'apparaît plus.
Les auteurs de l'enquête ne tirent donc aucune conclusion, même s'ils n'excluent pas « un possible excès de risque » à proximité des centrales. Surtout, ils demandent une extension de l'étude, notamment au niveau international (lire ci-dessous).
Après avoir confirmé que le CNPE de Chooz et ses environs faisaient bien partie des 19 sites passés au crible (hors les communes belges, nuance Olivier Lamarre, directeur du CNPE), l'Inserm indiquait hier être dans l'impossibilité de nous donner plus de précisions sur les résultats obtenus dans les Ardennes. « Nous n'avons pas de données localisées, explique l'Institut, et encore moins individualisées. »
Du coup, nous avons interrogé les professionnels de santé de la Pointe. Qu'ils soient français ou belges, plusieurs se disent surpris par les chiffres révélés. Médecin à la retraite depuis cinq ans, Gérard Saint-Maxin indique ne pas avoir été « confronté à de trop nombreux cas de leucémie ». « J'en ai vu certes, mais dans des proportions classiques ».
Un avis partagé par l'association La petite Moutte, qui lutte contre la maladie au niveau départemental. « Nous n'avons pas d'informations particulières concernant des cas près de Chooz », explique la présidente Jessica Brahim-Leflon.
Maire de Chooz, Michèle Marquet ne dit pas autre chose. « À ma connaissance, il n'y a rien de notoire sur le territoire, note l'élue. Même en prenant un rayon de 5 kilomètres autour de la centrale, ce qui inclut les villages d'Ham-sur-Meuse et Landrichamps, je n'ai pas de souvenir qu'il y ait eu des cas de leucémie infantile. Sinon cela fait longtemps que je les aurai dénoncés ! »
Il n'en va pas de même des cancers de la thyroïde. Des deux côtés de la frontière, les médecins observent depuis des années une progression du mal. Docteur et conseiller municipal à Treignes (commune belge de Viroinval), Etienne Baudoux avait déjà, il y a deux ans, pointé du doigt ce problème, lors d'une séance municipale. Il avait clamé haut et fort ce que beaucoup pensent tout bas, à savoir que « le nombre de cas de cancer de la thyroïde est en nette progression dans le secteur. »
Gérard Saint-Maxin confirme avoir remarqué « beaucoup de cancers de la thyroïde ces quinze dernières années ».
Le problème dénoncé par les professionnels de santé, c'est qu'il n'existe pas d'état des lieux. « Les enquêtes épidémiologiques sont longues et difficiles à faire. Donc nous manquons de données précises, de statis- tiques, notamment chez les femmes, particulièrement touchées. »
Cancérologue à l'hôpital de Dinant, le Dr Françoise Leleu résume bien la situation : « Je constate qu'il y a de plus en plus de cancers, mais qu'il est toujours très difficile de faire le lien avec les sites nucléaires ».
Sans attendre les résultats de l'Inserm, la Belgique a donc lancé elle aussi une vaste étude sur les risques sanitaires à proximité des centrales (lire ci-contre).
Guillaume LÉVY

  • Deux fois plus de leucémies chez les enfants qui vivent près d'un site nucléaire. L'étude de l'Inserm rendue publique hier a semé le trouble à Chooz et dans les communes proches de la centrale, laquelle figure dans l'enquête. n Français ou belges, les médecins interrogés mettent cependant moins l'accent sur les cas de leucémie que sur un grand nombre de cancers de la thyroïde.

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Les dernières contributions


SYGMA08

19/01/2012 à 12h00 | 1

S'il est vrai que l'industrie nucléaire est sujette à risques, il convient de relativiser car la conduite automobile fait plus de victimes dans le monde que l'atome, qui souvent employé dans le domaine médical sauve des vies.
De plus, avec les beaux jours nombreux citoyens soucieux de la santé de leurs compatriotes épandront sans vergogne sur leurs pelouses ou carrés potagers moult substances dont la nocivité est pourtant clairement indiquée sur l'emballage! Sans parler des pots de peintures achetés par chariots entiers accompagnant les paquets de lames de parquets fabriqués en Chine et dégageant eux-aussi des composés volatiles hautement cancérigènes !
Enfin, pour ceux qui utilisent du "sans plomb" pour leur voiture, tondeuse, tronçonneuse ou autre débroussailleuse, sachez que le benzène qu'il contient n'est pas inoffensif !

zébulon08

18/01/2012 à 11h05 | 1

Discutez avec tous les médecins de la région et demandez leur la carte qu'ils ont établie concernant la densité des maladies de la thyroïde constatées dans la périphérie de la centrale.

C'est effrayant . . . mais secret, on en parle pas.

La direction sanitaire du département reste muette comme une carpe.

jeco

14/01/2012 à 07h13

Avant une campagne électorale, c'est étonnant! A mon avis, il faut supprimer les centrales "toutes", les usines "en cours", les cultures,les habitations, tout quoi y compris la médecine, et vivre "cul nu", dans les bois et les grottes, en s'entretuant pour survivre. Au fait, même les téléphone portables! Ah, vous êtes plus d'accord?

bidou250

13/01/2012 à 21h50

c est comme l amiante c est sans danger et mon cul c est du poulet !!

ACHILLE 08

13/01/2012 à 21h27

Quand servier et son laboratoire biogaran vont nous fournir de l'uranium générique alors là sauve qui peu. Je mélange un peu? croyez vous? en tous cas c'est toujours notre santé qui en prend un coup.

frederic.lebrun

13/01/2012 à 21h02 | 1

le nucléaire, ses EPRs, c'est pas cher, c'est super!!!
Humains, apprentis sorciers qui prétendent dompter les forces du cosmos. Chimère technologique, cafouillis techniques et arnaque philosophique.

HAWK51

13/01/2012 à 19h23

Pourquoi l'un et pas l'autre......

baltik

13/01/2012 à 18h35

Mais puisqu'on vous dit que le nucléaire n'est pas dangereux !!!

lucreims

reims

13/01/2012 à 18h34 | 1

Cela fait des années des années que l'on a observé (des médecins de la région) de nombreux problèmes et à chaque on répond (y compris les lecteurs)
"ce sont les c ...... d'écolos qui nous cassent les pieds.

Les écologiste eux n'ont aucun intérêt financier

San Martin

13/01/2012 à 16h10

Les résultats de l'étude concernant l’irradiation des moins de 15 ans dans un rayon de 5 km des centrales nucléaires sont contradictoires. D'une part, il est dit que le taux de leucémie est doublé par rapport à la normale sur la période 2002-2007, d'autre part, il est identique sur la période 1990-2007, ce qui ne s’expliquerait que par des fuites radioactives non détectées, donc obligatoirement très ténues, sur une période récente, ou par un progrès dans les techniques médicales d’investigation cancérologique. Enfin, l’étude est incomplète, puisque le taux des cancers de la tyroïde, à risque encore plus élevé, n’est pas analysé, de même que celui concernant les plus de 15 ans qui ne sont pas à l’abri de cancers induits de ce type. L’auteur de l’étude admet elle-même qu’il est impossible d’en tirer des conclusions valables, même si, ajoute-t-elle, on peut penser que les risques potentiels de cancers à proximité des centrales nucléaires sont plus élevés, mais cela reste donc à prouver. Dans ces conditions, pourquoi fallait-il publier les résultats de cette étude, sinon pour alimenter inutilement l’inquiétude du public et susciter une vaine polémique. La seule réponse à cette interrogation serait la mise en chantier d’une nouvelle étude, mais cette fois sérieuse et complète.

victor1

13/01/2012 à 14h26

le principe de précaution doit être maximale quand il s'agit de la santé, il ne devrait pas y avoir de questions sur "est ce vrai" car on le saura comme pour l'amiante 30 après

sanglier440

13/01/2012 à 13h42

Moi, je pense que les chiffres de radioactivité sont à prendre avec des "pincettes" : si les pertes radioactives étaient courtes (donc pas facilement mesurable comme une panne fictive sur votre auto) mais pouvait se propager en l'air et toucher les personnes qui se trouve sur le sillon du nuage qui fini par se dissiper dans l'atmosphère. Mais qui a un moment X est dangereux.

C'est comme avaler 1L d'eau avec 1cl% de javel et 1cl d'eau avec 1cl de javel.

Dans les 2 cas on a 1cl de javel mais pas dilué pareil !!!!! Voila, c'est mon avis, c'est pas parce que rien n'est mesuré qu'il n'y a rien.

J'ai vu un reportage éloquent sur les terrains pollués par la radioactivité, les balises de mesures ne sont pas tjs positionnées la ou c'est le plus haut !!!!

laurent bouvier

13/01/2012 à 13h13

L'étude émet un doute mais n'apporte pas de conclusion définitive. Il faut donc qu'elle soit prolongée et affinée pour que la population et les autorités soient réellement et complètement informés. C'est une exigence aussi bien sanitaire que démocratique...

bigfout

priorité à droite

13/01/2012 à 12h35 | 1

je connais un couple habitant Chooz qui a perdu un fils il y a quelques années à cause d'une leucémie foudroyante.

Epictete

13/01/2012 à 12h21

Est-ce-que l'on recense plus de cancers de la thyroïde dans ce même périmètre de 5 km autour des centrales que dans un rayon élargi ?

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