Publié le mercredi 30 mars 2011 à 09H58 - Vu 892 fois
Le Lycée pro Armand-Malaise de Charleville-Mézières perd un poste.
ARDENNES. On connaît désormais le détail des suppressions de postes d'enseignants pour la rentrée de septembre : les Ardennes perdront 80 profs, dont près de 50 pour le second degré.
«UNE hécatombe ! » C'est ainsi que les syndicats enseignants qualifient le projet de carte scolaire pour la rentrée de septembre 2011 sur les Ardennes. Et il est vrai qu'avec un total de 80 postes voués à passer à la trappe pour la seule Education nationale, l'effort consenti par notre département dans le cadre de la fameuse RGPP (1) apparaît très lourd. Surtout pour un secteur géographique en grande souffrance, aussi bien économique que sociale.
« 80 postes en moins, c'est énorme, une véritable saignée qui s'apparente à la fermeture d'une grosse PME ! », commente Karine Fuselier, la secrétaire départementale du Snes/FSU. Selon la syndicaliste, malgré la baisse du nombre des élèves, cette mesure drastique se traduirait notamment par une inévitable augmentation du nombre d'enfants par classe. « On s'inquiète aussi beaucoup pour tout le réseau d'éducation prioritaire, véritablement assassiné par ces mesures », ce qui contribuerait à creuser « encore un peu plus les inégalités, enterrant sans doute définitivement, pour une partie de nos élèves les plus fragiles et leurs familles souvent défavorisées et précarisées, l'espoir d'une réussite scolaire et sociale ».
« Ecole à deux vitesses »
Selon le syndicat, l'exemple le plus criant de cette volonté de « saper mieux encore les fondements du service public d'éducation nationale » est constitué par les collèges Le Lac (Sedan) et George-Sand (Revin).
« Il s'agit des deux établissements classés Rar (Réseau ambition réussite), qui bénéficiaient jusqu'alors de moyens supplémentaires permettant d'assurer auprès d'élèves souvent fragiles une mission d'éducation prioritaire renforcée. Or nous venons d'apprendre, sans que le Comité départemental paritaire en soit informé et encore moins consulté, que ces deux collèges viennent de se voir imposer une nouvelle labellisation, Eclair (Ecole, collège et lycée pour l'ambition, l'innovation et la réussite). Il s'agit d'un nouveau dispositif, expérimenté dans une centaine d'établissements en France mais pas dans notre département, qui se traduit par une déréglementation totale : côté enseignement, les programmes nationaux ne sont plus la règle, côté personnel, les profs sont recrutés sur lettres de mission, et côté moyens rien n'est défini, c'est le recteur qui sera chargé de leur octroyer une enveloppe supplémentaire ».
Pour Karine Fuselier, cette coupe claire aura pour effet d'installer « de fait désormais une école à deux vitesses, marquée du sceau du déterminisme social, dans laquelle l'ambition éducative ne sera pas la même, partout, pour tous… ». Et la syndicaliste prévoit déjà « de nombreuses actions pour contrecarrer ce projet, qu'elles émanent des parents ou des enseignants ».
J.-C. R.
(1) Révision générale des politiques publiques, qui se traduit entre autres par le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.
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