Publié le dimanche 11 septembre 2011 à 11H00 - Vu 1000 fois
Hier, au mémorial des victimes des attentats du 11 septembre 2001 à New York.
Une décennie a passé mais pour chacun, difficile de ne pas se rappeler dans quelles circonstances précises fut vécu la chute des deux tours du World Trade Center.
DIX ans après les attentats, trois personnes se rappellent d'une journée gravée à jamais dans les mémoires.
Laurent, 31 ans : « Cet été-là, j'étais à New-York pour un job de saisonnier, je vendais des hot-dogs à la statue de la Liberté, située au sud de Manhattan, d'où on a une des plus belles vues sur les tours du World Trade Center. J'ai fini mon contrat le 10 septembre. Ce soir-là, on a fait la fête entre collègues.
Le matin du 11, je dormais profondément jusqu'à ce qu'une amie de l'auberge de jeunesse vienne me réveiller pour me dire qu'une des deux tours s'était effondrée. Sur le coup, tu ne penses à rien tellement c'est énorme. Après, nous voilà tous - travailleurs, touristes… - hypnotisés devant Fox News à regarder cinq, six, sept heures les images en boucle. J'étais sur place mais j'ai vu ça à la télé.
Je me rappelle de touristes américains qui s'arrêtaient pour regarder la télé et qui s'effondraient en sanglot devant les images. A ce moment-là, il y avait aussi une grosse incertitude sur le nombre de morts… Sinon, tu as vite conscience qu'à ce moment précis, avec par exemple les images des manifestations de joie dans la bande de Gaza, toute la planète a les yeux rivés sur la ville où tu te trouves, c'est très particulier comme sensation… Tu sors dans la rue, tu vois au loin le panache de fumée, tu sais qu'à quelques kilomètres, c'est le chaos… Et puis il y a aussi les réseaux téléphoniques saturés, les parents qui sont en France et inquiets… Dans la rue, le contact entre les gens était très facile, tout le monde parlait. La vie ne s'était pas arrêtée, le 12, des gens faisaient du roller dans Central Park.
Les jours suivants, je me rappelle des émissions de radio où des auditeurs appelaient pour demander pourquoi ne pas envoyer une bombe atomique à ceux qui avaient fait ça. Peu de temps après, il y a eu le délire autour de l'anthrax… Le 11 septembre, c'est aussi pour le Etats-Unis le début d'une grande période de paranoïa. »
Lionel, 43 ans : « Ce jour-là, j'étais en vacances au Mexique, à Guadalajara, dans la famille d'un ami. Sa tante nous avait réveillés dès que les premières images tournaient en boucle. Là-bas, les infos insistaient d'abord beaucoup sur le fait que la frontière USA-Mexique allait très vite être fermée puisque les Etats-Unis bouclaient toutes leurs frontières, ce qui gênerait beaucoup de Mexicains. Cette lecture assez locale des événements ne m'avait pas fait comprendre bien vite le retentissement mondial de ce qui était alors en train de se passer. Une image en tête ? Les corps qui tombaient des tours, parfois deux par deux et main dans la main, pour ne pas être brûlé vif. »
Jacques, 29 ans : « J'étais à Paris, en stage dans une boîte de production. Dans les locaux, je croisais parfois Bernard de la Villardière qui, je crois, préparait son prochain magazine. Avec les images des avions fracassant les tours qui tournaient en boucle, je l'ai vu se décomposer, il devait se dire que son travail serait déprogrammé. Bon après, on était tous scotchés par ce qu'on voyait ce jour-là, ces paysages apocalyptiques… Au début, on voyait tout de loin, c'était encore plus crédible, prenant quand on a commencé à voir des images des gens recouverts de poussière, les pompiers, etc.
Sinon, dix ans après, c'est aussi le week-end où on fête nos six ans avec ma copine. Sous un angle plus égoïste, ce sera aussi un heureux anniversaire. »
Recueilli par M.L.
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