Publié le dimanche 29 avril 2012 à 10H36 - Vu 131 fois
Hubert Moquet (en médaillon) n'a pas joué du violon pour critiquer « les écolos» devant près de 400 personnes réunies pour l'assemblée générale, hier à Laon.
AISNE. Les chasseurs, réunis en assemblée générale hier à Laon, s'inquiètent des dérives liées à l'instauration de zones protégées pour la faune.
ILS ne partiront pas en vacances ensemble et leurs relations ne risquent pas de s'améliorer. Hubert Moquet, président de la Fédération des chasseurs de l'Aisne, a fait feu une nouvelle fois sur les écologistes. Lors de l'assemblée générale, tenue hier à Laon, il s'est inquiété des modalités du projet européen de préservation de la faune et de la flore Natura 2000. Le département est déjà concerné par dix-huit sites.
« Pourquoi les écolos anti-chasse ont-ils lié à tout classement une zone de quiétude de six kilomètres autour des sites choisis », s'interroge-t-il dans un discours distribué à la presse mais non prononcé. A la tribune, la tonalité est la même : « Si nous acceptons cela, nous ne pourrons plus chasser sur les trois quarts du département. Aujourd'hui, le monde de la chasse doit se défendre des agressions. La chasse est un droit. Il faut le maintenir coûte que coûte. S'il n'y a plus régulation des espèces, il y a un dérèglement. »
D'autres mesures sont annoncées avec des zones de protection plus fortes. La chasse ne devrait pas en être exclue. Mais dès maintenant, inquiétudes et mécontentement s'expriment tout de même. Un chasseur de Bichancourt dénonce ainsi l'interdiction de tirer et de piéger les renards sur un site protégé d'une quarantaine d'hectares au détriment d'autres espèces comme le râle des Genets, un oiseau migrateur. « J'ai un peu peur de l'avenir », confie-t-il en mesurant la profondeur de ce fossé : d'un côté, les connaisseurs de la nature et puis de l'autre, des fonctionnaires et des intégristes prisonniers de leurs doctrines.
La volonté de peser
Pour insister sur cet éloignement de deux mondes, Hubert Moquet se montre toujours inspiré.
Quelle opposition entre son ton rageur de meneur et l'apparence paisible de cet ancien agriculteur, aux cheveux blancs, adepte des manières polissées. « Nous essayons de rester paysans avec du bon sens », dit-il. Mais lorsqu'il évoque ses adversaires idéologiques, c'est la lutte du furet et du lapin. Elle est sans pitié.
« Les écolos, vous pouvez les oublier et penser à nous », lance-t-il, sous les applaudissements, à l'adresse des politiques.
« Les chasseurs ne sont plus des parias, ni pour les uns, ni pour les autres », observe-t-il encore, à propos, des relations avec la droite et la gauche. Une manière de se placer, dès maintenant, dans l'après présidentielle. C'est le cri de la ruralité qui ne veut pas disparaître, broyée par des montagnes de réglementation.
Thierry de LESTANG PARADE
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