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Zéro pointé pour les notes

Publié le vendredi 12 octobre 2012 à 11H00 - Vu 273 fois


Le collège de Crécy-sur-Serre compte 345 élèves. Seuls les 72 qui sont en 3e ont des notes.

Le collège de Crécy-sur-Serre compte 345 élèves. Seuls les 72 qui sont en 3e ont des notes.


CRÉCY-SUR-SERRE (Aisne). Alors que le gouvernement s'attaque au grand chantier de l'école, le collège de Crécy-sur-Serre ouvre la voie à la fin des notes au profit des évaluations de compétences.

PLUS question pour les élèves du collège de Crécy-sur-Serre de rentrer à la maison tête baissée parce qu'ils ont eu un zéro pointé. Mais cela vaut aussi dans l'autre sens : ils ne peuvent plus fanfaronner, voire pour certains espérer une récompense, en cas de 20/20. Estimant que les notes ne reflètent pas les capacités réelles d'un élève, l'établissement a en effet décidé d'abandonner le système de notation habituel au profit d'une évaluation de compétences.
Une expérience qui risque d'être regardée de près puisque cette petite révolution fait partie des pistes de réflexion du gouvernement qui vient de s'attaquer à la refondation de l'école. Dans l'Aisne, le nombre de collèges qui se sont lancés se compte sur les doigts de la main. Tous l'ont fait de manière partielle (lire par ailleurs), sauf Crécy.
« Nous avons fait ce choix, il y a trois ans et il nous a semblé plus judicieux de l'appliquer à un niveau complet, à savoir la sixième. À la fin de l'année scolaire s'est posée la question de poursuivre, ou pas. Tant qu'à faire, nous devions aller jusqu'au bout si nous voulions évaluer ce nouveau système de la manière la plus complète qui soit », explique la principale, Corinne Fitos. L'expérience a donc continué avec la cinquième puis la quatrième, cette année. En revanche, l'an prochain, les élèves auront des notes pour la première fois de leur scolarité car ils devront passer le brevet qui, lui, est toujours noté.

Valoriser les élèves
Les notes ont cédé la place à trois couleurs : vert pour « acquis », orange pour « en cours d'acquisition » et rouge pour « non-acquis ». « Au moins, c'est clair. Pas comme les notes. Car, quelle est la différence entre un 15 et un 16 au fond ? L'évaluation par compétences permet en revanche de discerner ce qui a été assimilé par l'élève et ce qui mérite d'être revu », souligne la chef d'établissement pour qui cette nouvelle façon de procéder permet aussi de valoriser tous les collégiens, même ceux qui sont en queue de peloton. Elle cite l'exemple de la dictée : un élève qui a zéro n'a pas forcément tout faux. Avec le système de notation classique, il ne le sait pas tandis qu'avec l'évaluation par compétence, il peut avoir des points verts sur certaines notions.

Des parents à convaincre

« Cela n'empêche pas l'émulation collective », assure Corinne Fitos. Elle a tout de même dû persuader certains parents pour qui la culture de la note est bien ancrée. « Ils ont besoin de situer leur enfant par rapport au reste de la classe. À nous de faire preuve de pédagogie et de leur expliquer en quoi les évaluations sont bien plus productives que les notes. »
À la rentrée prochaine, l'équipe pédagogique pourra tirer un premier bilan de cette expérience puisque les sixièmes avec qui tout a commencé auront leurs premières notes. « Nous verrons alors si notre code couleurs est en adéquation avec les notes classiques, mais nous prendrons ces résultats avec précautions car il ne s'agira que de la première cohorte. Il nous faudra attendre encore un peu pour que cela soit concluant », indique celle qui n'a qu'un souhait, ou plutôt deux : que tous les établissements scolaires travaillent en ce sens et, conséquence logique, que le brevet soit évalué de la même manière.
Lucie LEFEBVRE
llefebvre@journal-lunion.fr

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Les dernières contributions


guitoone

16/10/2012 à 11h40

Dans le même registre , Madame Fitos va-t-elle proposer dans les années qui viennent un Collège utilisant les méthodes Maria Montessori comme cela semble avoir la côte dans les milieux Bobos de la capitale ? Nous invitons les parents d'élèves à suivre le prochain épisode de notre feuilleton : le "nouveau collège" comme si vous y étiez !

Chitz

16/10/2012 à 06h56

Vive la régression, comme les programmes d'années en années....

Le "but" d'une note n'est pas de se comparer aux autres, c'est de pouvoir s'évaluer sur un sujet.

Que ça soit une note chiffrée ou des couleurs, ça ne change rien. Par contre, on passe d'un système à 20 points (et des demi points), donc assez précis, à un système avec que 3 évaluations différentes, ce qui est très très peu, donc très imprécis et trompeur.

Qu'une directrice d'établissement ose sortie qu'au font, y'a pas de différence entre un 15 et un 16, c'est assez fort: la différence, c'est que dans les 2 cas, c'est globalement compris, avec quelques erreurs, mais un peu moins dans le cas du 16.

De même qu'un zéro n'a jamais signifié que "tout était faux", mais que le devoir est complétement raté. Avoir un seul mot de bon dans une dictée, ça mérite bien un 0, même si y'a un mot d'écrit correctement.

Accessoirement, les appréciations spécifiques au cas par cas en plus des notes, ça toujours existées.

Mais on est de plus en plus dans les générations d'enfants rois ânes batés, qu'il faut surtout pas "heurter" en osant dire que le devoir est mauvais, faut pas mettre de notes, faut pas écrire en rouge, faut mettre des smileys en couleur,.....

guitoone

15/10/2012 à 09h27

Que ce soient des notes ou des points de couleurs (pourquoi pas celles de l'arc en ciel ) ,des lettres ,il faut bien lire ce qu'on vous explique dans l'introduction de l'article : on n'évalue plus les savoirs , mais les compétences des élèves ! Les savoirs ont disparu du primaire et maintenant , il faut faire de même avec le collège . Regardez les contenus des programmes depuis 1965 et vous verrez qu'ils sont "allégés" régulièrement . L'école primaire ,le collège ne font plus que de l'occupationnel , les profs n'ayant plus de savoirs à évaluer ,on leur demande d'évaluer des "savoirs-faire" ! Peut importe que l'élève ne sache rien de ses leçons , ce qui importe réellement c'est comment il s'y prend pour apprendre (ce qu'il ne sait pas ou qu'il n'a même pas tenté d'apprendre ). Comme il est suggéré dans la fin de l'article attendons nous à ce que pour le Brevet des Collèges nous nous retrouvions avec des appréciations du genre : "C'est bien votre enfant est capable d'apprendre il est donc reçu à son examen " .
Ceci n'est que le début puisqu'un Inspecteur d'Académie déclarait au cours d'une grand-messe au Lycée P.Claudel de Laon , il y a quelques années :
"Il faut bien comprendre que les véritables études ne commenceront qu'au niveau de la licence ". Sans doute avait-il ses raisons ....

steampunk

12/10/2012 à 19h17

J'avais un prof de Maths qui utilisais des signes ( des plus et des moins ) et ne mettais pas de note, et je trouvais cela beaucoup moins décourageant que des notes.
Quoi de plus décourageant quand tu a bosser des heures et que tu te retrouve avec un 2/20 car malgré que tu avais tout compris mais que tu avais fait une petite faute inattention .

BEDEJ1112

12/10/2012 à 16h33

Un bulletin de note serait surement plus stimulant qu'une palette de couleurs.
De très bonnes notes encouragent l'enfant à continuer, des notes moyennes ou franchement nulles, distribuées avec les commentaires adéquats pourraient inciter l'enfant à augmenter ses efforts, il n'y aurait aucun traumatisme dans cette façon de procéder.
Le tout est d'accompagner les notes de commentaires adaptés à la situation

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