Publié le vendredi 03 février 2012 à 11H59 - Vu 489 fois
SOISSONS (Aisne). Les vingt-deux salariées de l'association d'aide aux mères et aux familles à domicile ont été fixées, hier, sur leur sort après la liquidation judiciaire.
CHRONIQUE d'une mort annoncée. On peut décrire ainsi l'histoire qui s'est terminée hier au tribunal de Soissons. Une partie du personnel était présente dans la salle d'audience, pour apprendre la liquidation de l'association d'aide aux mères et aux familles à domicile. « C'est fini les filles, on s'en va ! », a lancé une des représentantes du personnel relatant la nouvelle à ses collègues après avoir été reçue par le juge. Les vingt-deux salariées encore employées apprenaient ainsi qu'elles ne retourneraient pas dans les familles auprès desquelles elles réalisaient des prestations.
La décision n'a surpris personne même si les yeux de certaines brillaient un peu. Elles se savaient en sursis depuis des mois. Au moins un an puisque, en mars 2011, un redressement judiciaire avait été officialisé dans cette même juridiction. En juin dernier, certaines avaient même reçu une lettre pour un entretien préalable à licenciement, des départs volontaires leur ayant finalement permis de rester. Six postes, rappellent les représentantes du personnel, avaient alors été supprimés.
Plus de dépenses que de recettes
Mais les difficultés financières, les employées les situent à « bien plus longtemps que ça. » Tout le monde s'accorde en effet pour dire que l'association dépensait plus qu'elle ne percevait de ses financeurs, la Caf (caisse d'allocations familiales) et le conseil général. Les représentantes du personnel expliquent que trois types d'intervenantes étaient à distinguer : les aides ménagères, les auxiliaires de vie sociale et les techniciennes d'intervention de vie sociale. « C'est une formation bac +2 », indiquait l'une d'elle, précisant ne plus avoir beaucoup de missions de ce domaine. Les rémunérations ne correspondaient alors peut-être plus aux services rendus et payés par les financeurs…
Me Randoux, liquidateur judiciaire, affirmait, quant à lui, que ces difficultés avaient disparu, mais convenait que l'association dépensait plus qu'elle ne percevait, en raison notamment de l'ancienneté de certaines employées. Avant la fin de l'audience, il a rencontré les salariées présentes, les assurant « qu'on ne les laisse pas tomber. » Comme, avant lui, l'administrateur judiciaire, M. Vermu, il a dialogué avec les dames rassemblées sur les bancs. Elles apprenaient ainsi qu'elles percevraient bien leur salaire de janvier avant d'être reçues dans les délais légaux puis « pôle emploi prendra le relais. » L'épilogue de mois « psychologiquement difficiles », comme l'indiquaient certaines, faisant allusion à des arrêts maladie. Aujourd'hui, elles savent ce qu'il en est.
Laurence PICANO
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