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Villers-Cotterêts / Quand le maire se soigne Un bureau de bonne facture

Publié le samedi 08 octobre 2011 à 08H52 - Vu 1394 fois


Les comptes administratifs 2008, 2009 et 2010 portent la trace des dépenses consenties pour aménager le bureau du maire.

Les comptes administratifs 2008, 2009 et 2010 portent la trace des dépenses consenties pour aménager le bureau du maire.


CHARLES BAUR n'avait aucun goût, le Dr Bouaziz, n'en parlons pas, quant à Renaud Bellière, franchement, gâcher 1 500 € à la mode suédoise pour garnir son espace de maire, lorsqu'on le sait architecte… Trois maires, trente années de mandats où, à en croire l'actuel locataire de l'hôtel de ville, Jean-Claude Pruski, le moderne et seyant n'étaient pas à l'ordre du jour.
Alors certes, ce n'est pas une affaire d'Etat mais ce qui se cuisine depuis 2008 en mairie de Villers-Cotterêts, avec l'arrivée de son nouvel élu, dégage un délicieux fumet. Le plat ne semble pas vilain. On le déguste ?
« De quoi travailler »
Villers-Cotterêts, 10 123 habitants, un peu bourgeoise, un peu ouvrière, pas mal dortoir. La droite s'y est atomisée il y a trois ans. Vingt élus de gauche, radiaux et socialistes, loin d'être tous encartés, gèrent la cité depuis. Les séances de conseil municipal sont souvent houleuses. Villers, c'est Hirson, avec sept opposants (quatre UMP ou apparentés, trois centristes et deux FN). Pas de quoi secouer le magistère de Jean-Claude Pruski, maire novice et, de même, président de communauté de communes.
Lorsqu'il mène campagne avec le PS en 2008, l'impétrant insiste sur le soutien à garantir aux plus démunis et brode sur la gestion inappropriée de son prédécesseur.
On est en juin, Jean-Claude succède à Renaud, lequel a repris ses meubles (lire ci-dessous). « Il restait la grande table autour de laquelle on se réunissait avec les adjoints. Franchement, il y avait de quoi travailler ! » susurre un brin gêné l'ancien patron de l'hôtel de ville.
Cela n'a pas dû arriver jusqu'aux oreilles de se successeur. Le 29 mai, la coupe d'Europe de foot n'y est pour rien, achat d'un téléviseur LCD (503 €). Le 4 juin, la coupe d'Europe de foot n'y est toujours pour rien, un investissement prioritaire dans un meuble télé (800, 64 €). Même mois, le 21, installation d'une antenne (339, 50 €). En juillet, le 4, Bureau 02 (Soissons) reçoit une aimable commande de la mairie pour un « siège » et des « chaises visiteurs ». Montant : 544, 78 €. Plus tard, d'autres meubles (facture n° 75120 pour 6 287, 28 €). Lorsque Jean-Claude Pruski emménage, il ne plaisante pas.
Évidemment, on ne s'est pas dérangé pour si peu. Le magistral bureau - « qui n'avait jamais été refait depuis quarante ans » et « qui servira aussi à mes successeurs », selon M. Pruski - n'a pas reçu que meubles et télévision. La moquette, probablement usée, a été remplacée la même année par du parquet (facture : 7 531, 81 €). De tout cela, il n'a jamais été question en séance de conseil municipal. En revanche, cela figure noir sur blanc dans les centaines de pages indigestes sur compte administratif 2008 et 2009 (IV. Annexes. État des entrées des immobilisations). Comme figure au compte administratif 2010 des travaux d'électricité, toujours dans le même bureau (pour 2 225, 76 €), l'installation d'un écran mural (215, 28 €) ou de luminaires (1 271, 71 €). Ikea et Renaud Bellière peuvent aller se rhabiller : le locataire Pruski a utilisé 16 307, 01 € en 2008 et 2009 pour égayer sa nouvelle maison. Cela ne va pas s'arrêter là… L'atelier de décoration, à Noyon peut faire la nique à la société Bureau 02 depuis que le maire de Villers-Cotterêts, toujours soucieux d'être en mesure de convenablement recevoir ses hôtes, a passé commande de rideaux et de tentures, pour la même pièce en < L > de son bureau de 30 m2. Des tentures en dentelle probablement, en tout cas quelque chose qui vaut largement 12 656, 90 €. « Nous avons eu un dégât des eaux en août 2010, indique M. Pruski. Ça ne va pas coûter grand-chose à la mairie, c'est l'assurance qui paye ». Sans doute avec les échéances qu'elle perçoit du bailleur municipal. Autrement dit, du contribuable.
L'opposition, bridée ou divisée, moufte peu tandis que le portier municipal refuse de faire visiter son antre. Jean-Claude Pruski en estime la surface à 35 m2. Sans compter les centimes, on lui livre ce chiffre : 32 376 € investis en trois ans. On espère au moins que c'est joli.
Yves KLEIN
yklein@journal-lunion.fr

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Pierre Baptiste

Poil à gratter...

08/10/2011 à 17h09

Les gens de gauche sont toujours très large avec l'argent des autres... Une fois de plus !

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