Publié le vendredi 31 décembre 2010 à 11H00 - Vu 611 fois
L'église Sainte-Thérèse, située avenue des Fusillés-Notre-Dame au faubourg d'Isle, date de 1937. Elle est propriété de l'évêché (et mise en vente par celui-ci) car postérieure à la séparation de l'Église et de l'État, en 1905.
Habiter une ancienne abbaye, une chapelle, un prieuré, un presbytère… le coup de cœur auquel on ne résiste pas. Aujourd'hui, certains succombent à une autre tentation, celle de vivre dans une ancienne église. Avis aux amateurs, à Saint-Quentin, Sainte-Thérèse est à vendre.
AMÉNAGER la salle à manger, le salon, la bibliothèque, la salle de bain entre le chœur et le porche de l'église en préservant la structure originelle des lieux, ils ont osé ! Certains particuliers ont choisi de vivre dans une ancienne église, séduits par l'espace ou le volume tandis que d'autres privilégient l'esprit (saint) qui habite cet ancien lieu de culte.
Si autrefois, cette idée originale séduisait essentiellement des artistes, aujourd'hui une clientèle aisée s'intéresse à ce nouveau type de bien qui trouve là matière à placement financier.
Pas si rare
Toujours est-il que si l'on cherche sur Internet des particuliers qui ont transformé d'anciennes églises en habitations contemporaines, on en trouve. Le fait très courant en Hollande, en Angleterre ou au Canada, a tendance à se développer sur le sol français. Benoît de Sagazan, journaliste passionné de patrimoine et d'histoire, avait listé onze églises à vendre, fin septembre 2010, sur son blog. Les deux églises situées à Tourcoing ont, depuis, trouvé acquéreurs. Concernant l'église Saint-Jean Baptiste, une annonce avait été publiée sur un site Internet bien connu, « Un loft dans une ancienne église, c'est le paradis ». Pour gagner ce paradis, il fallait débourser 295 000 euros (850 m2 de surface utile au sol et 2 633 m2 de terrain). Le prix peut paraître peu élevé mais il ne faut pas oublier que le budget travaux est souvent conséquent. L'église était d'ailleurs déjà occupée par une entreprise depuis 10 ans.
La vente de la seconde, l'église Saint-Louis, avait été confiée à une agence immobilière, l'agence Transacnord Gonay. « Nous sommes spécialisés dans la vente de biens atypiques tels que d'anciens entrepôts, confie Serge Gonay, mais pour nous, la vente d'une église était une première. » Au final, l'édifice a été vendu à un promoteur qui a pour projet de le transformer en lofts. Le représentant de l'agence immobilière indique qu'il avait « en même temps que le promoteur la proposition d'une cliente intéressée par l'achat du bâtiment ». Le bien n'a donc pas été plus difficile à placer qu'un autre : vendu dans « des délais raisonnables », soit environ 6 mois.
Chef-d'œuvre en péril
Au sujet de l'église Sainte-Thérèse, à Saint-Quentin, on tient à rappeler les raisons de cette mise en vente du côté de l'évêché (voir encadré) : « Nous vendons le bien parce que la structure est en péril et que nous n'avons pas les moyens financiers de faire face aux travaux. Si un acheteur veut investir, remettre la structure en état et présente un projet conforme à ce que fut le bâtiment, pourquoi pas. » Concernant la surface habitable, elle n'est, pour l'heure, pas chiffrée mais ceux qui connaissent l'intérieur disent que « ce n'est pas très grand », au regard de ce que peut laisser paraître l'extérieur. L'économe de l'évêché précise que les premières démarches engagées ont consisté à demander une estimation du bien afin de fixer le prix de vente. « Notre ligne de conduite est celle-ci : une fois que nous aurons fixé ce montant, nous interrogerons la municipalité pour savoir si elle est intéressée. Nous souhaitons travailler main dans la main avec les élus. Le fruit de cette vente va servir à entretenir les autres lieux de culte de Saint-Quentin, et notamment permettre la restructuration de l'église Saint-Eloi, toute proche. Cette église appartient à la municipalité, qui a investi beaucoup d'argent pour son entretien. Si la ville nous dit non, alors nous lancerons une procédure de vente grand public », poursuit celui qui est en charge du dossier à l'évêché. Non sans humour, les vendeurs insistent sur la rareté d'un tel bien : « Hormis l'eau bénite, le terrain est non pollué. Cela représente une belle surface - avec le terrain attenant de 4 000 m2 - en ville. Quant à la destruction, il suffit de quelques bâtons de dynamite pour mettre le bâtiment à terre. Restera alors à ramasser les cailloux… »
Graziella BASILE
On estime à 150 le nombre d'églises paroissiales qui sont propriétés des communes désaffectées depuis 1905 : 44 % ont été transformés pour un autre usage, 30 % ont été détruites et 5 % vendues comme habitations.
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