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[VIDÉO] Assassinat : le mystère reste entier

Publié le mardi 25 septembre 2012 à 10H11 - Vu 1926 fois


Une enquête a été ouverte pour assassinat  et association de malfaiteurs. La police technique et scientifique est restée dimanche,  jusque tard dans la nuit.

Une enquête a été ouverte pour assassinat et association de malfaiteurs. La police technique et scientifique est restée dimanche, jusque tard dans la nuit.


SAINT-QUENTIN (Aisne). Mais qui en voulait à Renée Bertrand dite « Jackie la Manouche », au point de l'abattre et pour quelles raisons ? Tout laisse penser à une exécution. Pourtant, le parquet dresse le portrait d'une femme rangée, qui n'a jamais fait parler d'elle à Saint-Quentin.

CELA ressemble à un règlement de compte mais sans mobile apparent.
Olivier Hussenet, le procureur de Laon qui coordonne l'enquête menée par la direction inter-régionnale de la police judiciaire de Lille est perplexe. « On cherche à comprendre. On manque cruellement d'éléments. Pour tout dire, on rame. »

La victime était bien la cible

Dimanche, peu avant 13 h 30, Renée Bertrand, 64 ans, se trouve au volant de sa voiture, une Renault Scénic, lorsqu'elle appelle de son téléphone portable, une amie. Elle a commandé des pizzas chez Speed Rabbit. Et elle demande à son amie, une femme d'une quarantaine d'années, de la rejoindre sur le boulevard, pour qu'elle aille chercher sa commande.
Peu de temps après, Renée Bertrand, arrive au lieu de rendez-vous et se gare en double file, devant la pizzeria. Son amie attend déjà sur le trottoir. La conductrice se baisse vers la fenêtre, côté passager, pour tendre un billet de 20 euros à son amie afin qu'elle puisse payer la commande.
L'enchaînement des faits est très rapide. A peine son amie a-t-elle tourné les talons, qu'une Jaguar de couleur bleue, arrive derrière le monospace de Renée Bertrand et s'arrête à sa hauteur.
Dans la voiture sportive, deux personnes encagoulées. « Le passager fait feu au niveau conducteur, avec une arme de guerre, tenue à l'épaule, de type Kalachnikov, précise le procureur. Il ne fait aucun doute que la victime était leur cible. »
 

 

 

Toutes les pistes ouvertes

Renée Bertrand a été criblée de balles et est décédée sur le coup. « On a retrouvé sur les lieux, douze étuis. La victime a été touchée par une demi-douzaine de balles au niveau du bras, du thorax et du dos. Elle a été abattue à très courte distance. »
L'amie de Renée Bertrand, s'est couchée derrière une poubelle.
Une balle a transpercé la vitrine de la pizzeria Speed Rabbit à une hauteur d'1,10 m environ mais n'a heureusement touché personne.
A peine la rafale tirée, que la Jaguar bleue redémarre sur les chapeaux de roues.
Elle sera retrouvée, neuf heures après, entièrement calcinée, non loin de Noyon, dans l'Oise.
24 heures après le meurtre de Renée Bertrand, Olivier Hussenet ne cache pas que l'enquête s'annonce longue. « Il s'agit d'une affaire exceptionnelle, hors norme. Les meurtres auxquels nous avons affaire d'habitude dans le département ne sont pas du même ordre. Mais aucune piste n'est pour l'heure écartée -du grand banditisme à la piste locale- car nous n'avons aucune idée du mobile. »
 

« Le petit mystère »

Deux points étonnent en premier lieu les enquêteurs, la voiture utilisée mais surtout la personnalité de cette femme de 64 ans, surnommée « Jackie la Manouche ». Une personnalité qui semble en effet en totale contradiction avec le mode opératoire de sa mise à mort. « Elle a été condamnée dans sa jeunesse mais il s'agit de faits minimes. Elle semblait rangée depuis des années. Elle n'avait jamais fait parler d'elle depuis qu'elle était à Saint-Quentin. Aucun événement récent, en lien avec son passé, ne peut expliquer ce qui s'est produit. Cela ressemble à un règlement de compte mais rien, à ce stade de l'enquête, ne semble le justifier », fait savoir encore le procureur de Laon.
Quant à la voiture, une Jaguar bleue, elle est loin de passer inaperçue. « C'est le petit mystère de l'affaire », lâche Olivier Hussenet. Il y a une semaine, le 16 septembre, on s'est introduit au domicile d'un Laonnois. Un cambriolage avec effraction dont les voleurs ont surtout subtilisé les doubles de clés de la Jaguar garée non loin. Ils sont repartis à bord du bolide. La voiture s'est littéralement évaporée dans la nature, avant de réapparaître, le dimanche 23 septembre, peu avant 13 h 30, à 49 kilomètres de là, boulevard Henri-Martin à Saint-Quentin, « avec les plaques d'origine. »

Aurélie BEAUSSART
abeaussart@journal-lunion.fr

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