Publié le samedi 30 juin 2012 à 11H00 - Vu 92 fois
L'entreprise avait connu de vives tensions lors du plan social entamé il y a un an, aujourd'hui c'est le temps de travail qui est en jeu
CONDREN (Aisne) Alors qu'un accord sur le temps de travail est en négociation, la CGT de Vetrotech Condren (ex-SGPI) s'inquiète de la tournure que prennent les choses.
«LES prises de position de la direction menacent l'avenir de la société… ».Quelques mots de la part du secrétaire du comité d'entreprise et représentant CGT Freddy Camus, de Vetrotech à Condren, en fin de semaine alors qu'une modulation du temps de travail est en discussion.
Après un plan social qui avait débuté il y a un an, une quarantaine de salariés avait quitté l'entreprise. La direction de Saint-Gobain France avait alors souhaité orienter la production de l'unité condrinoise vers des produits antifeu haute performance.
Ce qui est le cas, sauf que cette fois, les négociations bloquent sur le changement du temps de travail. « Ce n'est pas cela qui va sauver l'entreprise. La CGT dénonce cette modification qui met à mal la vie privée des salariés sans véritable contrepartie. Le sacrifice demandé ne préservera pas forcément les emplois et ce n'est pas acceptable », rapporte Freddy Camus.
Dégradation des conditions
Concrètement il est proposé aux salariés de travailler quatre mois en période haute, quatre mois en période basse et quatre mois en période normale. « L'objectif ce n'est pas que les salariés viennent travailler avec la boule au ventre. La direction souhaite un accord pour le 30, mais je ne suis pas certain que cela soit réalisable. Les conditions de travail seront dégradées et autant la CGT que les salariés ne peuvent y souscrire », ajoute le représentant.
Ce dernier indique également que la direction accuserait le syndicat de ne pas respecter l'accord du plan de sauvegarde. « C'est un argument qui ne tient pas puisque la direction elle-même n'avait pas tenu l'engagement d'installation du laboratoire de produits antifeu… »
Du côté de la direction, Christophe Deprez se veut rassurant, laissant le temps au temps pour trouver « le bon réglage ». Le responsable rappelle que ces négociations sur l'intéressement, la participation et la modulation du temps de travail interviennent de manière tout à fait normale en concertation avec les organisations syndicales et se déroulent « dans un climat de travail constructif ». « Le sujet de la modulation est un peu compliqué. Nous avons des marchés européens et des marchés saisonniers qui nécessitent un peu plus de flexibilité. » La date butoir pour la négociation de l'accord était fixée à aujourd'hui 30 juin mais, assure le directeur, il ne sera finalisé qu'au 15 octobre pour une entrée en vigueur en 2013.
Samuel PARGNEAUX spargneaux@journal-lunion.fr
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