Publié le jeudi 07 juillet 2011 à 10H26 - Vu 3734 fois
Christopher, 14 ans, et l'un de ses amis ont arraché des mains d'un violeur une fillette de 9 ans le week-end dernier.
SOISSONS (Aisne). Deux garçons ont évité que le pire se produise ce week-end : le viol d'une filette de 9 ans dans ce squatt. l'un des deux "sauveurs" témoigne.
«J E donnerai tout pour que cet endroit soit détruit. » Christopher, 14 ans, a des sanglots dans la voix et les larmes aux yeux. Le week-end dernier, une fillette de 9 ans a subi une agression sexuelle dans un squat du boulevard Gambetta à Soissons. Depuis, l'endroit donne la nausée à l'un des deux « sauveurs » de la petite.
« C'est atroce ce qui s'est passé ici », commente Christopher. Son regard glisse à l'intérieur des lieux, d'où la puanteur s'échappe par une fenêtre brisée. Le collégien fait une grimace, puis reprend : « Je suis fier de ce qu'on a fait. »
Samedi soir, l'adolescent soissonnais et l'un de ses amis, un jeune majeur qui se prénomme également Christopher, ont littéralement arraché la petite P., âgée de 9 ans, des bras de son agresseur. Ce SDF d'une cinquantaine d'années s'apprêtait à la violer.
Généreux avec « le pauvre homme »
Le sans-abri s'était installé il y a environ un mois dans les anciens bâtiments d'une station-service. Une « verrue » urbaine, dont la destruction pose problème, les propriétaires des murs n'étant pas pressé de la voir disparaître (lire ci-dessous).
« Nous avons discuté plusieurs fois avec lui, il n'avait pas l'air méchant. Il disait qu'il avait faim. »
Bonnes âmes, Christopher et son ami lui apportaient, de temps en temps, des poissons fraîchement pêchés dans l'Aisne, quelques mètres plus bas.
Samedi, les deux garçons ont été une nouvelle fois généreux avec le désœuvré. « Nous lui avons offert un beau spécimen : il mesurait 57 cm et pesait 3,5 kg. »
De retour de leur pêche, en fin d'après-midi, les deux Soissonnais restent dans les environs du parking. Deux fillettes, dont P., jouent à proximité de la grille ouverte de leur résidence. Les parents des enfants se trouvent à quelques mètres, dans le jardin. « On cherchait aussi le vélo de mon copain, indique Christopher. Il se l'est fait voler pendant que nous étions sur les bords de l'Aisne. »
Le soir venu, en compagnie des petites, tous font connaissance avec le SDF.
Ce dernier collecte des produits alimentaires dans les containers à poubelles du supermarché placés sur le parking. Les choses se passent bien, l'homme rentre ensuite dans son squat.
Une scène abominable
« Vers 21 heures, nous nous sommes absentés environ 15 minutes afin de déposer notre matériel de pêche à la maison », raconte Christopher.
Les deux garçons s'éloignent alors du parking, boulevard Gambetta. Durant leur absence, l'une des deux filles s'approche de l'entrée du squat.
C'est à ce moment précis que l'individu l'a empoignée puis l'a traînée dans une pièce cloisonnée et sans lumière. Selon les premiers éléments de l'enquête et à la suite des constatations effectuées sur place, il lui aurait ensuite ôté ses vêtements et commencé à enlever les siens.
Effrayée, l'enfant tente alors d'échapper à son bourreau mais elle est retenue avec force.
À l'extérieur, sans se rendre compte du drame qui était en train de se jouer derrière les murs épais du squat, Christopher et son ami reviennent sur leurs pas.
« On a aperçu l'autre petite en larmes et très choquée. Elle nous a dit que le SDF avait emmené P. Notre sang n'a fait qu'un tour. » Les jeunes hommes entrent à toute vitesse dans l'antre du violeur. En balayant la pièce à l'aide d'une lampe torche, ils découvrent une scène abominable : un petit corps dévêtu à côté de son bourreau. « Nous avons donné chacun un coup de pied au gars afin de le repousser le plus loin possible de l'enfant, puis nous avons vite sorti la petite de là. »
La fillette retrouve peu après les bras de sa maman. Pendant ce temps, l'agresseur tente de prendre la fuite, mais il est finalement rattrapé par un proche de l'enfant. Alors que tout le monde retient l'agresseur en attendant la police, Christopher reste auprès de P. et tente de la réconforter.
« Elle m'a sauté dans les bras, raconte l'adolescent, ému, puis elle m'a embrassé en me disant : Merci ! merci ! C'est à ce moment-là que j'ai réalisé tout ce qui venait de se produire et, surtout, tout ce que nous avons pu lui éviter… »
Julien ASSAILLY
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site






Réagissez