Publié le mercredi 02 février 2011 à 11H44 - Vu 2424 fois
Lundi soir, Maxime a retrouvé son poney grièvement blessé à l'épaule. L'animal a dû être euthanasié.
SAINT-REMY-BLANZY (Aisne). Le propriétaire d'un cheval enrage. Lundi soir, la bête se trouvait à quelques pas de son enclos. Un tireur mal intentionné l'a mis en joue.
MAXIME retire la couverture. Ce grand gaillard à la barbe poivre et sel commence à sangloter. « Ce n'est pas possible de faire ça à un animal… » La dépouille de Bandit, un poney âgé de 13 ans, gît sur le sol gelé. Le haut de l'épaule droite est couvert de sang et porte un impact de balle. Sur son poitrail, un trou de plusieurs centimètres. « C'est ici que la cartouche est ressortie… », décrit le propriétaire.
L'un des trois chevaux de loisirs de Maxime a été « tiré comme un lapin ». « C'était un animal très gentil. Tout le monde l'approchait. Mes enfants le montaient régulièrement. J'avais également un attelage, à bord duquel il nous baladait… »
Blessure fatale
Le propriétaire réside à Corcy et les trois animaux, Covu, Choco et Bandit, paissent dans un enclos situé à quelques centaines de mètres de Saint-Rémy-Blanzy, en bordure de la D 80.
Dans la soirée de lundi, le plus « petit » (par la taille) du trio équin a essuyé le tir d'une arme à feu. « Il est sorti de son enclos. Avec le gel, une clôture avait été, vraisemblablement, fragilisée. » Vers 18 heures, l'agriculteur voisin, à qui appartient la pâture où se trouvent les chevaux, avertit le propriétaire. « Bandit a été alors ramené dans le pré ».
Deux heures plus tard, vers 20 h 30, le poney refait une escapade. « J'ai été prévenu, mais j'étais encore au travail. Il avait apparemment traversé la route et était en train de brouter dans le champ d'en face », raconte Maxime. Dès qu'il revient, vers 22 h 30, le propriétaire vient s'occuper de la bête. « Je l'ai appelé, mais il ne s'approchait pas. Il ne voulait pas bouger. D'habitude, il ne réagit jamais de la sorte… » Maxime vient à sa rencontre et découvre l'animal debout, avec l'antérieur ensanglanté. Le membre touché est inerte, comme si l'os de l'articulation était broyé.
Le vétérinaire d'une commune voisine est contacté immédiatement. « Il l'a mis sous tranquillisants, puis examiné. En le rasant au niveau de la blessure, nous avons vu de quoi il s'agissait… »
Le propriétaire et le vétérinaire tentent de le ramener dans la pâture, située à cent mètres tout au plus. « Il était paralysé au niveau de l'épaule et avait du mal à se déplacer. Or, un cheval immobile est un cheval mort… Il n'y avait aucune alternative, il fallait l'euthanasier », déplore Maxime. Le mouvement constitue en effet un besoin physiologique pour le cheval. Grosso modo, il assure une « bonne » circulation sanguine.
L'origine du geste reste un mystère. Plusieurs scénarios sont plausibles. Premièrement : le braconnier « aveugle ». L'animal a en effet été abattu dans un secteur où de nombreux chasseurs viennent « tirer » du gibier.
Néanmoins, les faits ont eu lieu en dehors des horaires de chasse en vigueur dans le secteur.
S'il s'agit d'un chasseur, ce serait donc un braconnier. « Et sûrement pas un malin. Il fallait tout de même être doué pour confondre mon cheval avec un chevreuil ou un sanglier », grince Maxime. Deuxième hypothèse : l'acte de malveillance pur et simple. Un automobiliste détenteur d'une arme passait là, a vu un cheval « errant », et a cru bon de pointer son canon en sa direction. « De toute façon, l'auteur n'aura jamais le courage de se présenter… » s'irrite Maxime.
Une plainte a tout de même été déposée à la gendarmerie d'Oulchy-le-Château. Une enquête a été ouverte.
Julien ASSAILLY
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