Publié le jeudi 26 janvier 2012 à 09H09 - Vu 447 fois
LA FERE (Aisne) Le tribunal correctionnel de Laon a condamné à un an de prison ferme assorti d'un mandat de dépôt, un homme qui se montrait trop pressant avec les femmes, au point d'en avoir agressé une.
Les personnes présentes lors de la comparution de William Walmée, un Laférois de 32 ans, hier après-midi au tribunal correctionnel de Laon, sont ressorties avec une impression mitigée. Celle que la sanction délivrée par le tribunal contre les faits d'agression sexuelle et de harcèlements en vue d'obtenir des faveurs sexuelles est juste : un an ferme de prison, un mandat de dépôt plus un suivi sociojudiciaire pendant 5 ans avec des obligations de soins, de travail et surtout d'interdiction de paraître à La Fère. Si cet ensemble n'était pas respecté, ce Laférois partirait pour trois années supplémentaires de prison. Mais aussi que l'homme avait un comportement assez inexplicable.
L'agression a eu lieu, vendredi dernier entre midi et 14 heures, sur le parking du Lidl de La Fère. Une jeune femme, déposant ses courses dans sa voiture, est abordée par cet homme, déjà connu par la justice, pour des faits à caractères sexuels. Il engage la conversation, puis devient plus pressant en tentant d'obtenir « un bisou » sur la bouche.
Devant le refus, il s'enhardit en pénétrant dans la voiture et en se couchant sur la femme. Qui, loin de céder à la panique, lui assène un coup de pied dans les « parties ». Elle ferme ainsi sa voiture et peut donc quitter le parking, non sans avoir vu l'homme, tenter de rouvrir la porte. Mais quelque temps plus tard, elle retrouve sur son pare-brise, un petit mot de son agresseur qui souhaite… la revoir ! Il a laissé son numéro de téléphone…
Constat d'altération du réel
Placé en garde à vue après la plainte de la jeune femme, l'homme reconnaît les faits, permettant aussi aux policiers de faire le rapprochant avec plusieurs cas de harcèlements de même nature (trois), tous survenus à la Fère, auprès de femmes ayant des profils semblables à sa victime du jour. Et ceci de janvier 2009 à ces derniers jours de janvier, provoquant ce passage en comparution immédiate.
Aussi bien le président de l'audience, que Me Alain Letissier, tous se sont appuyés sur le rapport de l'expert psychiatrique, qui indiquait que oui, William Walmée est accessible à une sanction pénale, mais que l'homme a aussi une altération de la réalité. Que de « vouloir des bisous » comme il l'a indiqué lui-même lors de son interrogatoire, n'est pas une marque d'un esprit totalement sain. « Lorsque mon client a eu une vie conjugale stable, il n'a eu aucun comportement comparable à celui qui lui est reproché aujourd'hui », a glissé l'avocat laonnois.
L'avis de la substitut du procureur était plus tranché. « Lorsque je me mets à la place de sa victime, je peux imaginer le pire. On ne peut pas savoir jusqu'où il peut aller. Ce qui est inquiétant, c'est qu'après toutes ces années, le prévenu n'a toujours pas trouvé d'explications à son comportement. » D'où sa demande de prison ferme, du mandat de dépôt et du suivi sociojudiciaire.
Une ligne que le tribunal a donc suivie, allant même plus loin dans la durée du suivi et de ses obligations.
Stéphane MASSÉ
smasse@journal-lunion.fr
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