Publié le mercredi 01 février 2012 à 12H00 - Vu 49 fois
Charles Gadenne au cœur de « La Conversation », une œuvre que l'on peut découvrir à Gravelines.
Farouche, rebelle, indépendant, il détestait la ritournelle artificielle et ne voulait pas tourner le dos à la vraie vie. Alors, Charles Gadenne est parti en toute discrétion, hier, au crématorium de Dunkerque. Né le 30 juillet 1925, dans une courée de Roubaix, l'homme venait se ressourcer à Trélou-sur-Marne où son épouse Madeleine Cocteau est née. Il aimait également y travailler (notamment le dessin ou la ciselure) même s'il était viscéralement attaché au littoral Dunkerquois. A Madeleine Cocteau on doit d'ailleurs des dessins, des gravures et des mosaïques (dont l'une, sur une fable de La Fontaine, au lavoir de Trélou).
Vieil abonné de Charlie Hebdo, admirateur de Cabu, lecteur de Barbusse, Prévert, Desnos, Villon et autres ardents aventuriers, il redoutait la convention hypocrite et les postures de convenance.
Passionné par l'échange
Tout jeune, le dessin le captive. Il entre à l'école des Beaux-Arts, reçoit l'enseignement d'Eugène Leroy. Pendant la guerre, il monte à Paris, entre à l'atelier du sculpteur De Jaegger puis fréquente celui de Marcel Gimon. Il habite Meudon, découvre avec passion l'œuvre de Rodin. Il donne des cours, voyage en Italie, rencontre Madeleine Cocteau, trouve un poste à Dunkerque (lycée Jean-Bart) et s'installe à Saint-Pol-sur-Mer. Il obtient ses premières commandes publiques (Malo, Rosendaël, Dunkerque…) et fonde avec Van Hecke le groupe de Gravelines, à l'origine du musée de l'estampe.
Avec des amis d'Usinor, il installe une fonderie pour ses bronzes.
Sollicité pour de multiples expositions, il abandonne l'enseignement en 1970 et se consacre pleinement à son art. Dans le sillage de Bourdelle et Rodin, il pratique un art figuratif qui s'attache à la personne, mais une personne dont il traque les gestes, les expressions, la flamme intérieure. Très attaché à ses modèles, il ne leur demande pas de poser mais d'échanger, de vivre, de partager avec lui des moments précieux.
À Gravelines, La Conversation et La Vigie sont les magnifiques emblèmes d'un travail inspiré et authentique, auquel les musées de Roubaix et Dunkerque ont rendu un bel hommage en 2008-2009, avant qu'une superbe exposition ne soit organisée au Fort de Condé dans l'Aisne. Grande figure de la création régionale, Charles Gadenne (dont on peut découvrir les œuvres à Calais, Dunkerque, Roubaix, Grande-Synthe, Lille, Loon-Plage, Saint-Pol, Longuenesse, Arras, Chooz, Conde-sur-Noireau…) était un être passionné par la rencontre et l'échange, Un dessinateur et un sculpteur « pour de vrai ».
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