Publié le vendredi 08 avril 2011 à 09H14 - Vu 1213 fois
L'homme s'est effondré, épuisé, à cet endroit comme le montre Philippe, le témoin qui a donné l'alerte.
(Aisne). Un homme de Septmonts a été agressé chez lui. Frappé, avant d'être jeté dans une voiture, il a trouvé son salut en rassemblant ses dernières forces pour sauter du véhicule en marche.
«AU SECOURS, au secours ! Appelez la police ! » Philippe, 55 ans, habite dans l'une des barres des Deux lions à Belleu. Il est à peine 8 heures du matin, ce jeudi 7 avril, la fenêtre de sa chambre est ouverte, il jette un œil pour voir ce qu'il se passe. « J'ai vu un homme qui remontait le talus herbeux, difficilement, en essayant de courir. J'ai vu derrière lui, un Kangoo ou un utilitaire de ce genre, blanc, qui avançait au ralenti. Il a fait demi-tour, a brusquement accéléré et a pris la fuite par la route de La Fère. »
Nu, couvert de plaies et de bleus
L'homme qui vient d'appeler au secours est épuisé. « Il a tenté de se tenir à la barrière du chantier de construction de la nouvelle aire de jeux. J'ai vu qu'il avait les mains ligotées. Il répétait qu'il fallait appeler la police et puis il s'est effondré dans l'herbe. »
Philippe prévient les forces de l'ordre puis descend de chez lui porter secours à l'homme en difficulté. « Il avait un peignoir. En dessous, il était entièrement nu. Il était salement amoché. Il était couvert de sang. De ce que j'ai vu, il avait des plaies partout, sans doute faites au cutter. Il venait d'être tabassé, c'est sûr, il était couvert de bleus et avait la tête explosée, comme on dit. »
« Ils m'ont kidnappé ! »
L'homme ensanglanté est en état de choc. « D'après ce que j'ai cru comprendre, il a réussi à défaire les liens qu'il avait aux pieds, poursuit Philippe. Et alors que la voiture dans laquelle il se trouvait était en train de négocier le virage serré, il en a profité pour sauter dehors. Il disait : ils m'ont kidnappé. Ils voulaient mes sous. Il faut appeler la police. »
Selon plusieurs témoins, l'homme au peignoir avait les mains attachées par de l'adhésif, « celui qu'on utilise pour les déménagements ». Vingt minutes plus tard, l'homme était pris en charge par les sapeurs-pompiers et transporté au centre hospitalier de Soissons. Il habite non loin de Belleu, dans la commune de Septmonts, a-t-il indiqué aux riverains venus le secourir.
Son état de santé est tenu secret par les gendarmes, les policiers locaux et ceux de la police judiciaire de Creil. Tous enquêtent sur cette étrange agression. A peine le maire de Belleu, Bernard Grégoire, a-t-il pu comprendre que les jours du blessé ne seraient pas en danger. « Je ne sais rien. Les policiers que j'ai vus sur place, ne m'ont rien dit. »
Gendarmes et policiers enquêtent de leur côté
Plus d'une trentaine d'enquêteurs, au bas mots, mobilisés hier, pour un travail de relevés scientifiques et pour une enquête de voisinage des plus méticuleuses, à Septmonts, (lire par ailleurs), comme aux pieds des barres HLM de Belleu, pour répondre à la question : Qui sont ces agresseurs ?
« On opère dans le cadre d'une commission rogatoire délivrée par le juge d'instruction de Soissons. On ne peut rien dire. » Aucun, policier, aucun gendarme, n'a desserré les dents hier et la tension était palpable sur le terrain. Commission rogatoire, cela signifie que le nom de la victime de cette sauvage agression apparaît dans une enquête judiciaire complexe en cours, soit en temps que témoin, victime ou auteur.
S'agit-il d'un règlement de compte ? La victime avait-elle une dette pécuniaire dont elle devait s'acquitter ? Les faits d'hier matin, ont-ils un lien ou non avec l'instruction menée actuellement ? Car la personnalité de la victime et connue sous le sobriquet de Daddy, interpelle à bien des égards (lire par ailleurs).
Hier, à mesure qu'heure par heure, on remontait le fil de l'enquête, les questions sans réponse se multipliaient et le voile entourant les faits restait des plus opaques.
Contactée hier soir, pour obtenir quelques éclaircissements, Isabelle Pagenelle, procureur de la République de Soissons, a fait savoir par son secrétariat qu'il était trop tôt pour communiquer. Le mystère reste donc entier.
Aurélie BEAUSSART (abeaussart@journal-lunion.fr)
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