Publié le lundi 13 février 2012 à 11H39 - Vu 76 fois
Véronique finit les cartons pour le déménagement mais pour aller où ?
Il est plus facile de trouver un logement social dans le nord que dans le sud du département. Pour les familles nombreuses, cela devient presque une mission impossible.
DEUX ANS déjà, que le propriétaire a indiqué à la famille B. que le bail qui les unit depuis 1996 ne sera pas reconduit, parce qu'il souhaite vendre son bien. Dans cette maison de ville, située dans la rue Jean-Jaurès à Pavant, Véronique et Philippe B. élèvent huit enfants âgés de 3 à 22 ans. À moins d'un mois de l'échéance, le couple n'a toujours pas trouvé de logement pour accueillir leur grande famille. Et ce n'est pas faute d'avoir essayé !
« Au départ, j'ai commencé à chercher une autre maison dans le village », explique Véronique, la mère. Avec le soutien d'une assistante sociale, elle s'est ensuite dirigée vers les bailleurs sociaux. « Nous n'avons pas les moyens de retourner dans le privé. On ne peut pas payer les frais d'agence, le dépôt de garantie et le premier loyer. Ni même racheter la maison », poursuit-elle. Les réponses des bailleurs sociaux (Opal, Logivam) sont toutes négatives. « On nous reproche d'avoir une trop grande famille, témoigne la mère. Les bailleurs sociaux n'ont pas de logements assez grands. » Dans l'idéal, la famille recherche une maison avec cinq chambres.
Dans un contexte de crise, la tension sur le logement social est forte. « Nous avons 3 à 4 demandes pour un logement social sur le sud du département contre 2, 7 dans le Nord », analyse Vincent Denimal, chef du service logement du conseil général. « Cela s'explique par la démographie plus dynamique dans le Sud et le prix des loyers plus élevé dans le parc privé. »
Cas extrême
Le chef du service Logement tient, néanmoins, à modérer cette tension par rapport à nos voisins : « Dans l'Oise et la Somme, vous avez 4 à 6 demandes pour un logement social libre. » La famille de Pavant est un cas extrême. D'abord le nombre de personnes au foyer est élevé. « La tendance actuelle est à la baisse de la taille des familles », souffle le responsable du logement du Département. Ensuite, sa situation de grande précarité : les parents travaillent à temps partiel (au Super U à Charly pour la mère et dans une entreprise castelle pour le père). Ils n'ont pas de permis de conduire et utilisent respectivement un vélo et un scooter pour se déplacer. Difficile dans ce cas de leur proposer un grand logement (s'il existe) sans transports en commun adéquat.
Ce dossier difficile est passé devant la commission du Plan départemental d'actions pour le logement des personnes défavorisées (PDALPD) sans plus de résultats. La situation paraît insoluble pour la famille de Véronique et Philippe. Le 15 mars, ils devront quitter leur maison mais pour aller où ?
Isabel DA SILVA
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