Publié le samedi 11 février 2012 à 12H00 - Vu 580 fois
Un jeune majeur a été condamné à un an de prison avant-hier. Un « gamin » qui a accumulé les « conneries » en 2011 et a failli y laisser la vie. Sa course s'est arrêtée devant les juges de Soissons.
LE passager du véhicule conduit par Alexis a cru voir sa dernière heure arriver. Dimanche dernier, peu avant minuit, il se trouvait à côté du jeune de 19 ans dans une voiture volée. Lorsqu'ils croisent les policiers, rue Saint-Martin, Alexis fuit le contrôle. Il prend un sens interdit et écrase le champignon… « La vitesse dépassait les 100 km/h dans les rues de Soissons », remarque le vice-procureur Eric De Valroger. « A un moment, la voiture a même fait un vol plané de 10 mètres, avant de retrouver l'adhérence ».
Alexis s'est vanté d'avoir semé la police. Il a été retrouvé par les forces de l'ordre en quelques jours. Jeudi, il a été jugé et condamné à un an de prison, dont 6 mois avec sursis par le tribunal de Soissons. La condamnation portait sur ces faits, mais également sur une flopée d'autres infractions : neuf en tout, dont des menaces de mort, des vols, un cambriolage, une détention d'arme…
Ces délits constituent les écarts d'un jeune un peu « paumé » durant une année d'errance. A la barre, Alexis n'a pas l'air d'un mauvais bougre. Ses traits juvéniles, son regard candide, et l'immaturité de ses propos en attestent. Son histoire familiale l'explique, ensuite, en partie. « Dès l'âge de 6 ans, il n'a plus été élevé par ses parents, mais par ses grands-parents et dans les foyers d'accueil pour mineurs », décrit son avocat Maître Philippe Court. Alexis alterne ainsi les séjours dans les foyers, les retours et les départs chez sa mère ou chez sa grand-mère. A l'adolescence, il multiplie les petits larcins. Résultat : quatre condamnations pour vols par le tribunal pour enfants.
Il a 18 ans début 2011. Il n'est alors adulte que pour la loi. Pour une raison encore floue, il doit quitter le domicile de sa maman. Il est à la rue, et ne veut pas dormir dehors. Il part dans le sud de la France faire les marchés, et autre petits boulots… L'été dernier, il trouve refuge chez sa grand-mère, qui a une résidence secondaire dans la Creuse. Là encore, il dérape… Et dérobe de l'argent liquide dans le coffre de la vieille dame.
Il erre encore plusieurs semaines, dormant chez les copains, les bonnes ou les mauvaises connaissances. Cet automne, il rencontre une Soissonnaise, Pauline (*). Les parents de cette dernière le prennent sous leur aile. « Nous l'avons accueilli à la maison et nous voulions le remettre sur les rails », explique la maman de la jeune fille. Mais Alexis déraille encore. Début décembre, « la relation s'est terminée dans un contexte conflictuel », note le président du tribunal.
Alexis traumatise alors son ex-copine avec des messages rageurs : « Petite put… », « Je vais brûler ta maison », « On va régler des trucs ». Les parents font bloquer le téléphone de Pauline. Et reçoivent à leur tour des menaces… Exemple : « Votre famille va souffrir ». Le couple et leur enfant finissent par porter plainte courant janvier.
En parallèle, le jeune garçon multiplie les dérapages. Après la rupture, il se rend chez sa grand-mère dans la Creuse. Cette dernière n'est pas là. Il brise un carreau, afin, encore, de ne pas dormir dehors. Il repart le lendemain, en dérobant une arme de poing. « Elle fonctionnait, mais je n'avais pas de munitions », indique-t-il simplement aux magistrats.
Alexis trouve alors refuge chez une connaissance du Calvados. Un homme qu'il a connu sur le quai de la gare du Nord, il y a plusieurs années. Un homme qui n'est pas désintéressé. « Il avait déjà essayé d'avoir des gestes déplacés. Je lui avais mis une droite… » Là, l'obsédé en remet une couche. Alexis ne se laisse pas faire, mais laisse passer pour éviter d'être à la rue.
Fin janvier, la coupe est pleine. En pleine nuit, il dérobe la carte bancaire, le téléphone et les clés de la voiture du pervers… Il n'a pas le permis, mais fonce tout droit en direction de la cité du Vase. La voiture en question est la Golf qui a tenté de semer les policiers, dimanche dernier. Le terminus de la folle fuite en avant du jeune homme était la barre du tribunal correctionnel. Les juges ne l'ont pas envoyé en prison en prononçant une peine aménageable (bracelet électronique, etc.). Une ultime chance pour retrouver le droit chemin.
Julien ASSAILLY
(*) Prénom modifié.
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