sOISSONS-Laon / Stupéfiants Les têtes du trafic tombent

sOISSONS-Laon / Stupéfiants Les têtes du trafic tombent

Publié le mardi 31 mai 2011 à 11H00 - Vu 509 fois

ILS étaient huit sur le banc des accusés hier au Palais de justice de Soissons. Huit individus sommés de s'expliquer sur leur implication dans un trafic de drogue dans l'Aisne. Comme l'a spécifié le président du tribunal, les écoutes téléphoniques ont permis de démanteler un système « pyramidal » dans lequel chacun est impliqué, à différents degrés.
Au centre de cette affaire, Youssef Lafram, « un vendeur au kilo », dixit le magistrat, qui fournissait en résine de cannabis six individus, Cyrille et Jonathan Pinsard, Emmanuel Gorilliot, Thomas Pilatowski, Sébastien Masseaux et Stéphane Vallée, qui, eux, revendaient ensuite la marchandise au détail.
Les transactions se sont étalées sur près de deux ans, du début de l'année 2007 au mois de février 2009, date des interpellations des principaux protagonistes.
Soucieux de fidéliser sa clientèle, Youssef Lafram faisait crédit. Il a semble-t-il avancé près de 70 000 euros de drogue à Thomas Pilatowski, qu'il écoulait sur Laon avec Emmanuel Gorilliot. Même chose pour les frères Pinsard, qui achetaient entre 200 et 400 grammes de cannabis par mois, et Stéphane Vallée, à hauteur de plusieurs kilos.
Petit à petit, le patron de ce petit « business » a diversifié son offre et proposé à ses clients, demandeurs, de l'héroïne. À tous, sauf Monsieur Vallée qui, à l'entendre, n'est pas porté sur la brune. Mais où Youssef a-t-il réussi à obtenir autant de drogue ? L'intéressé a avoué traiter avec trois fournisseurs d'héroïne, dont les identités n'ont pas été dévoilées par peur de représailles.
Ce père de famille qui possédait plusieurs voitures de sport, s'approvisionnait en cannabis chez Lionel Fernandes qui n'avait pas l'apparence d'un gros bonnet vêtu d'une chemise maladroitement rentrée dans un pantalon aux allures douteuses. Ce dernier, présent lui aussi sur le banc des accusés, cachait une partie de sa marchandise dans ses chaussures.
Deux autres individus étaient également mis en cause dans cette affaire : Sébastien Masseaux, accusé des mêmes faits, absent lors des deux tiers du procès, et Anne Camelo, compagne d'Emmanuel Gorilliot, présumée complice et trésorière pour le compte de ce dernier.
Le réquisitoire du substitut procureur Marion D'Olce fut sans appel : il est selon lui avéré que tout ce petit monde possédait, consommait et vendait de la drogue. Il a requis des peines allant de 4 ans de prison, dont un an ferme à 2 ans, assortis d'un mandat de dépôt pour chacun d'entre eux et d'une obligation d'exercer une activité professionnelle et de se soigner.
Finalement, Youssef Lafram est condamné à 3 ans de prison dont 1 avec sursis ainsi que la confiscation des biens découlant du trafic de drogue. son fournisseur, Lionel Fernandes ira passer 30 mois, dont 12 avec sursis derrière les barreaux.
Les autres prévenus sont quant à eux condamnés à des peines allant de 2 ans de prison (Emmanuel Gorilliot, Thomas Pilatowski) à 5 mois (Anne Camelo).
À noter qu'ils devront tous s'acquitter d'une mise à l'épreuve et d'une obligation de soins et d'exercer une activité professionnelle.

Louis DABIR

L'union l'Ardennais