Publié le mardi 01 février 2011 à 09H46 - Vu 416 fois
Après deux renvois, la justice a rendu son verdict. Philippe Chenel a fait appel.
LAON (Aisne). Le tribunal a condamné à 6 ans de prison ferme Philippe Chenel, le reconnaissant coupable d'agressions sexuelles et de violences volontaires contre celle qui l'hébergeait à Laon depuis plusieurs mois. L'histoire avait fait grand bruit en décembre.
MANIPULATEUR ? Personnalité double lorsque l'homme a bu ? quelqu'un de perdu ? Dans le cas de Philippe Chenel, prévenu de violences volontaires et d'agressions sexuelles sur conjointe (voir l'union du 12 décembre dernier), le tribunal a choisi la première option, en le condamnant à 6 ans de prison ferme et en maintenant l'homme en détention. Une affaire qui sera sans doute rejugée puisque celui-ci, une fois la condamnation prononcée, a tout de suite indiqué vouloir faire appel de cette décision.
Hier à l'audience, cette histoire a enfin connu une décision de justice, après deux renvois. Tour à tour, substitut du procureur et avocate de la victime ont brossé un portrait sans concession de celui qui est aujourd'hui retraité. « J'ai toujours travaillé, même quand j'ai purgé ma première peine », glisse sans sourciller cet homme posé, à la présentation bien loin du prévenu lambda.
Fausse excuse de l'alcool
Dans son passé figurent deux condamnations, dont une prononcée par la cour d'assises des Hauts-de-Seine : 10 ans de prison pour coups mortels contre son ancienne amie. L'autre affaire porte aussi sur des violences conjugales…
« Cet homme présente un profil inquiétant, avec un risque de récidive important, a glissé Sandra Verbrugghen, la substitut du procureur, et les cinq experts qui se sont penchés sur son cas, ont tous conclu qu'il était dangereux au sens criminel du terme ! » D'où sa demande de 6 ans de prison. Les faits se sont produits alors que le prévenu était en liberté conditionnelle. « Vous avez des rapports spéciaux avec les femmes puisqu'à chaque fois cela vous mène devant les tribunaux », assène- t-elle.
De son côté, l'homme, ancien imprimeur, a tenté de mettre son geste sur sa maladie : l'alcool. Sorti de prison en avril dernier, il avait replongé en août. Sauf que dans la nuit du 8 au 9 décembre, qualifiée « d'horreur » par la présidente de l'audience, il n'y a pas de traces d'alcool au départ.
« Ma cliente a aussi été trompée, et elle avait l'impression d'avoir un autre homme en face d'elle ce soir-là. Qui la menaçait quand même de lui fracasser la tête avec les pieds du lit ! », appuiera Me Loizeau, l'avocate d'Elisabeth M., la victime. Un ensemble de faits qui a conduit le tribunal à suivre les réquisitions de la substitut du procureur. En ajoutant une injonction de soins pendant 3 ans. Tout manquement à ce régime entraînera un an de prison ferme en plus.
Stéphane MASSÉ
Smasse@journal-lunion.fr
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