Publié le mercredi 19 décembre 2012 à 11H06 - Vu 1108 fois
Les syndicalistes demandent que toute la lumière soit faite sur les circonstances ayant conduit leur collègue à mettre fin à ses jours.
SOISSONS (Aisne). Après le suicide d'une enseignante dans sa salle de classe à Villeneuve-Saint-Germain, les syndicats relancent le débat sur les conditions de travail d'une profession qu'ils jugent de plus en plus malmenée.
Le suicide brutal d'Annick Martin sur son lieu de travail leur laisse un goût amer. « Se suicider dans sa salle est un geste fort », assure Guillaume Hily, responsable départemental de la FSU (Fédération syndicale unitaire).
José Gaspar, secrétaire départemental Sden-CGT, est aussi convaincu qu'il existe une corrélation avec le métier d'enseignant. « On ne peut pas écarter d'un revers de main l'univers professionnel comme le fait le rectorat. Elle revenait d'un an d'arrêt maladie, et c'est sur son lieu de travail qu'elle a mis fin à ses jours. Ce n'est pas anodin. L'Etat, qui est l'employeur, ne doit pas fuir ses responsabilités. Il y a un malaise général de la profession que l'on tente sans cesse de minimiser. Beaucoup de collègues, un peu partout, sont sur le point de craquer. »
Aucune lettre
Guillaume Hily évoque des conditions de travail qui se dégradent. « On sent un malaise profond chez les enseignants. On leur en demande de plus en plus, la paperasse se multiplie, les relations avec les chefs d'établissement et la hiérarchie deviennent parfois difficiles. Tout cela pèse très lourd sur le moral. Et puis, c'est un peu chacun pour soi. »
Dans l'Aisne, selon le syndicaliste, ils seraient de plus en plus nombreux à exercer ou vouloir exercer à mi-temps ou à trois quarts temps : « Il devient difficile de faire face aux réalités du métier. La société a changé. On attend beaucoup d'un enseignant, qui doit au final se débrouiller seul. »
José Gaspar poursuit la liste : les classes surchargées à 35 élèves, la réforme de la formation professionnelle et un métier en mutation où faire du chiffre devient une obsession… « Quant à la médecine du travail, elle est quasi inexistante. » Mais le militant syndical concède des avancées. « On commence à peine à prendre en compte la santé au travail dans l'Education nationale. Depuis que je suis enseignant, c'est-à-dire depuis 1989, je n'ai vu aucun médecin du travail. »
Depuis quelques années, dans l'académie d'Amiens, un protocole d'accompagnement du personnel en difficulté est en place. Signe que les souffrances à l'école, au collège et au lycée existent.
Lundi, Annick Martin, 53 ans, n'a laissé aucune lettre permettant d'expliquer les raisons de son passage à l'acte. Le Sden-CGT a indiqué hier qu'il saisirait aujourd'hui le rectorat afin que le CHSCT académique (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) se réunisse dans les plus brefs délais. José Gaspar : « Notre collègue, en se suicidant dans sa salle de cours, mérite que l'on réfléchisse sur les causes. »
Aurélie BEAUSSART - abeaussart@journal-lunion.fr
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Les dernières contributions
Tog
21/12/2012 à 10h15
a quelle misere (bien nommé(e).)Que savez-vous sur mes conditions de travail ?
Vous faites dans le divinatoire, quellemisere...
Tog
21/12/2012 à 10h13 | 1
a quelle misere : une première question : quelle différence faites-vous entre droite et gauche ?
Deuxième question : comme d'autres crient Europe, Europe en sautant comme des cabris, vous nous chantez "réforme, réforme", sans nous dire de quoi vous parlez...
Alors que souhaitez-vous donc ?
On peut se défendre contre des condtions de travail et salariales qui ne cessent de se dégrader sans que cela empêche de se battre pour l'intérêt ds élèves. Que vos informateurs le comprennent ou non, il n'y là aucune incompatibilité.
VERON02
20/12/2012 à 22h32
quelle misere: tous les profs ne sont pas de gauche , qu'on se le dise! C'est caricaturé! Y a qu'à voir le mouvement qui commence à prendre forme contre la réforme que Peillon essaie de faire passer ds le primaire en ce moment.... une réforme cache misère de plus....
quellemisere
20/12/2012 à 21h32
tog
pas de chance j ai dans ma famille des personnes dans l en et c est les premiers a me dire que si c est ingerable c est que le systeme est ou etait figé , l EN etant c est connu de gauche il fallait etre contre toute reforme venant de droite ( d ou de multiples greves) d ou la formule l etat dans l etat (ce n est pas de moi)
le pire c est d entendre; ce n est pas pour nous mais pour les enfants !!!! qui peut le croire !!!
Bizzard mais les gens de ma famille qui sont dans l EN ne se plaignent que d une chose de devoir gerer la coduite des jeunes que les parents laissent faire !!!
tog la litterature sur supporter l insurportable et bien une litterature d une personne exercant dans l EN (l etat dans l etat) et je peu vous dire que vous etes bien mal placé pour parler du travailler moins pour gagner plus
Tog
20/12/2012 à 21h06
à quellemisere : les réformes (sic) dans l'EN se sont succédé.
Elle ont abouti au naufrage actuel. le métier n'existe plus, il est dénaturé. Il ne suffit pas de répéter ce que se dit àdroite ou à gauche, de la part de gens bien intentionnés, bien sûr. Quand on ignore de quoi on parle, le mieux serait de se taire.
Tog
20/12/2012 à 21h02
@ quellemisere : on ne supporte rien ?
Bien sûr que si, on supporte. On supporte même l'insupportable, les vies brisées pour enrichir toujours plus les capitalistes. On se résigne, au mépris des enseignements de l'Histoire, on accepte le harcèlemnt au travail (on regarde ailleurs), la violence des eptits chefs, le travail plus pour gagner moins. On accepte une fsicalité inique (la moitié des recettes de l'Etat provient du plus injuste des impôts, la TVA), un controle de plus en plus étroit des libertés publiques par les administrations répressives.
Mais on vomit sa haine, sa rancoeur, sur ceux que l'on sait affaiblis . Quel est le point commun entre les salariés de l'hôpital et les personnels de l'EN, à votre avis ? mais bon sang c'est bien sûr : ils sont fonctionnaires !
Variante : s'en prendre aux immigrés, aux "assistés" (sic), ça fait aussi toujours un carton.
quellemisere
20/12/2012 à 20h52
eau de rose
c est certain que d une année sur l autre dans une meme classe il faut preparerses cours surtout les cours de francais, math histoire geographie par exemple qui ne change pas d une annee sur l autre Ne nous faites pas pleurer
et quand les enfants font leur interro, le prof en profite pour corriger les devoirs
voila pour la partie cours
maintenant c est vrai que coté education c est plus compliqué car cela est du a l abandon des parents
Mais pour moi l education nationale (je ne dit pas les profs) c est vraiment l etat dans l etat aucune reforme n est possible depuis plus de 20 ans mais peut etre maintenant depuis que les copains de gauche sont revenu et encore ???
quellemisere
20/12/2012 à 20h41
une des raisons je pense c estque dans la société actuelle on ne supporte plus rien
tout doit etre acquit et tout de suite
par exemple ; le moindre bobo c est tout de suite les urgences et surtout on ne doit pas attendre dans la salle d attente
une reflexion du petit a l ecole et c est le pere ou la mere qui accoure aupres des profs
etc etc c est cela vivre en 2012 et on l a bien cherché
Tog
20/12/2012 à 19h56
a smannier : l'objet de l'article de l'Union n'est pas de lancer un concours pour savoir qui souffre le plus au travail.
Ce que devrait inspirer cet article, c'est de réfléchir aux rasions qui font que le travail est devenu pour des millions de gens une souffrance, d'une part, et pourquoi l'EN a été saccagée à ce point, pour quels intérêts, d'autre part.
Lire à ce sujet la Fabrique du crétin est...instructif
Association Cit...
20/12/2012 à 08h53
C'est une honte la facon dont ce gouvernement de traitres continue a sacrifier l'EN...
Chitz
20/12/2012 à 05h03
@oliboy:
Visiblement, vous parler d'un travail dont vous connaissez pas grand chose.
Vous ne prenez en compte que le temps de cours, hors un profs, c'est aussi du temps de travail chez soi (préparation des cours, corrections des devoirs, ....), mais aussi dans l'établissement (projet pédagogiques, réunion en tout genre, aide spécifique,...), que vous ne "voyez" pas, qui vont régulièrement dépasser les 35h.
De plus durant les vacances, les profs ne sont pas payés, mais le salaire est annualisé (d'où le fait qu'ils sont parmi les bac+5 les moins bien rémunérés mensuellement)
Bizarrement, si ce métier était si "bien", y'aurait pas une pénurie et de moins en moins de personnes aux concours, devenus de plus en plus abordables.
C'est vrai qu'entre 14 et 18 heures par semaine, moins de 35 semaines par an, avec la volonté constante d'essayer d'en faire encore moins, c'est de l'esclavagisme. Halte aux cadences infernales
smannier
20/12/2012 à 00h27 | 2
Il y a quand même des professions plus difficiles que prof aussi !!!!!!!! elle s'est suicidé c'est son choix il faut le respecter c'est tout !!!
smannier
20/12/2012 à 00h22
moi également on a supprimé mon commentaire , alors pourquoi laisser une place au commentaire ?????????????????????
VERON02
20/12/2012 à 00h11
laissez moi rire on supprime mon message car j'ose dire que les propos de oliboy me donnent envie de vomir tellement c 'est reducteur et haineux envers la profession, et surtout déplacée vis à vis du suicide d'une femme !! et bien je recommence alors et dommage pr l'union.... je croyais qu'il y avait encore une liberté de reponse ici ....
denisD
19/12/2012 à 23h13
@eau de rose : témoignage réaliste et intéressant qui pose les questions que les ministres ne veulent entendre, du chiffre, ils en demandent, et surtout pas de bruit ...
oliboy
19/12/2012 à 23h10
Merci 'eau de rose' de me prouver qu'il y a encore des gens capables d'écrire et d'argumenter plutôt que de réagir de manière épidermique.
La société change, les programmes et l'enseignement doivent essayer de suivre. C'est votre challenge et bravo à vous d'en avoir conscience et de présenter les choses de cette facon.
Ne voyez pas de mépris dans mes propos.
Bonne soirée
Bou02
19/12/2012 à 23h10 | 1
Dites pas s'en savoirs , Cette personne là vivé seul , 50 ans , pas d'enfant , grave maladie ... A son domicile personne l'aurait retrouvé que la sur son lieu de travail c'était sur qui la retrouve . Normal que des élèves de se collège soit choqué et réagisse sur cette article . Surtout que la salles ou elle a fait se geste et juste a côté de la vie scolaire comme a dit apna sur l'autre article , C'est la vie ..
eau de rose
19/12/2012 à 23h07 | 2
oliboy, j'ajoute à ma précédente contribution que dans certains établissements, la classe, c'est comme le film "entre les murs" que je vous conseille si vous ne l'avez pas vu. Vous verrez ce que peut être la vie de certains profs et pourquoi cela peut hélas mener certains jusqu'au suicide. Ne les jugeons pas. Remercions les profs d'être là pour nos enfants et d'être quelquefois les repères que les jeunes ne trouvent plus dans leur famille.
Tog
19/12/2012 à 23h05 | 1
à oliboy :
Et si par extraordinaire, les enseignants, qui sont encore environ 800 000, et pas tous identiques, aussi incroyable que cela puisse paraître, dont beaucoup démissionnent, comme je l'ai pourtant dit, avaient besoin de vivre, eux et leur famille ?
eau de rose
19/12/2012 à 23h04 | 1
oliboy, oui les profs travaillent 18 heures par semaine en classe, mais leurs cours, ils les préparent, ils les adaptent aux classes dont ils sont chargés, lesquelles changent bien souvent chaque année. Les programmes changent aussi, il faut s'y adapter, les profs doivent acquérir des compétences nouvelles avec l'évolution des technologies. Avoir un diplôme, avoir un concours ne suffit pas à mener une carrière toute une vie, les profs doivent régulièrement se former. Après les cours, place aux corrections des devoirs. Pendant une partie des grandes vacances, place aux corrections et aux interrogations d'examens. Alors si vous faites le compte, les 35 heures par semaine sont atteintes, même parfois bien dépassées facilement. Il ne faut pas voir les choses par le petit bout de la lorgnette. Les profs ne sont pas des privilégiés. Et je ne reviens pas sur le manque de considération, voire le mépris qu'ils subissent, votre post en est la preuve flagrante. Pour terminer, si tous les jeunes ne sont pas difficiles, avouez que faire cours est usant psychologiquement et physiquement. Se concentrer sur ce que l'on dit et sur ce que l'on fait, ainsi que sur ce que disent et font les élèves plusieurs heures de suite, c'est difficile. Les enfants ont changé, ce ne sont plus des "enfants sages", mais des jeunes qui ne savent plus faire silence, qui sont incapables de se concentrer plus de quelques minutes, génération zapping oblige, que les cours n'intéressent pas car ils sont très loin de leurs préoccupations.
oliboy
19/12/2012 à 22h57 | 1
Ce n'est pas du cynisme.
J'essaie juste de comprendre ce qui fait rester les enseignants dans un système qui manifestement ne leur convient pas ou plus (Pb avec les élèves, pb avec les parents, pb avec la hiérarchie, pb avec les syndicats, 'société dégueulasse', 'haine anti-fonctionnaires en général et anti-enseignants en particulier', ....).
Tog
19/12/2012 à 22h32
à oliboy : la démission n'et pas interdite. Le cynisme, non plus, chez certains manifestement...Se suicider dans une société déguelasse est une forme de démission définitive.
Elle est préférable au suicide, pour certains qui sont nombreux à y avoir recours.
Le mieux serait la lutte pour des conditions de travail dignes, mais l'époque est plutôt à la résignation. Les syndicats "responsables" y sont pour beaucopu.
Quand à ceux qui sont bouffis de haine anti-fonctionnaires en général et anti-enseignants en particulier, afin de bénéficer des formidables avantages dont bénéficie la profession, ils ne leur est pas davantage interdit de se présenter aux concours, la limite d'âge à même disparu. Mais celà n'empêche nullement que faute de candidats, des milliers de postes proposés ne sont pas pourvus.
oliboy
19/12/2012 à 21h39
La démission est interdite dans l'EN ?
Tog
19/12/2012 à 20h43
Les syndicats dénoncent les conditions de travail, et ils ont raison. Mais il est de plus en plus fréquent de constater que les syndicats considérés comme les plus reprséntatifs ne défendent pas les personnels harcelés comme ils le devraient. Ils jouent hélas la carte de la "cogestion, alors que la lutte contre les harceleurs devrait primer. C'est parce que les enseignants se retrouvent seuls contre une meute très particulièrement haineuse, comme les messages infects de deux ou trois intervenants l'illustrent, que le désepoir conduit la profession enseignante à la première place en matière de taux de suicide.
oliboy
19/12/2012 à 20h25
Je ne vous ai pas jugé. Et me suis encore moins permis de vous tutoyer, ne vous connaissant pas
Dommage que le modérateur ait supprimé votre description précise des revers de votre profession : elle en aurait émue plus d'un.
oliboy
19/12/2012 à 20h25
Je ne vous ai pas jugé. Et me suis encore moins permis de vous tutoyer, ne vous connaissant pas
Dommage que le modérateur ait supprimé votre description précise des revers de votre profession : elle en aurait émue plus d'un.
goliath08
ARDENNAIS et Fier de l'être
19/12/2012 à 19h43
Faut vraiment en avoir marre pour en arriver à cette extrémité, c'est désolant comme situation et ce n'est pas cela qui va engager beaucoup de jeunes à faire ce métier, là aussi il faudra faire appel à des enseignants étrangers sous payés !
VERON02
19/12/2012 à 19h20
faudrait que je modère mes propos !! vs avez lu les vôtres ? moi je dis chacun son métier et je ne juge pas ceux que je connais pas!