Publié le lundi 26 septembre 2011 à 10H18 - Vu 1782 fois
L'école du bois de Breuil est l'école la plus proche de son domicile.
LAON (Aisne). La famille habite à Laon, mais dans une zone non desservie par les transports urbains. Sans permis, la maman n'a pas de solution pour emmener ses enfants à l'école.
CET été, ils sont devenus propriétaires de leur maison. Les membres de la famille Chatelain étaient ravis de quitter la ZAC Île-de-France où ils habitaient, de changer de cadre de vie, jusqu'au moment où ils ont pris conscience que leur quotidien serait quelque peu perturbé… Bien que cette famille habite toujours Laon, elle réside désormais sur une zone pour le moins excentrée, non desservie par les transports en commun. Le hameau de l'Étendard se situe à un peu plus d'un kilomètre de la sortie de la ville, en direction d'Aulnois-sous-Laon.
L'arrêt de bus le plus proche, le « Quent » est à 1,6 km de chez eux. Un réel problème pour cette famille qui a trois enfants scolarisés à l'école de Breuil, à la cité des cheminots, en classes de CP, CE2 et CM2. Béatrice Châtelain n'a pas le permis de conduire et son mari, qui travaillait de nuit jusqu'à cet été, est désormais en poste de jour au Plessis-Belleville : « Il quitte la maison à 6 heures le matin et rentre après 20 heures. Il ne peut donc plus emmener les enfants à l'école », déplore Mme Chatelain qui a recours depuis deux semaines à la solidarité pour l'aider dans les déplacements de la famille.
« Mais ça ne peut pas durer toute l'année », consent cette mère de famille qui savait qu'une ligne de bus plus proche avait existé et pensant qu'elle pourrait être remise en service pour ses trois enfants.
L'intérêt général doit primer…
Du côté des Transports urbains de Laon (TUL), on confirme son propos « mais la ligne a été supprimée au début des années 2000 ». Corinne Montefusco, responsable marketing et commercial aux TUL, complète : « Nous n'avons pas le pouvoir de décider d'une création de ligne. Cela dépend du syndicat intercommunal des TUL. »
Ce Situl est présidé par Antoine Lefèvre, sénateur-maire de Laon. Mais peut-il décider que la collectivité supporte le coût financier d'une création ou d'une extension de ligne pour un cas particulier ? M. et Mme Châtelain auraient-ils dû prendre en compte ce paramètre avant de décider d'acheter cette maison ? À l'inverse, peut-on penser que cette famille, qui paie des impôts locaux à Laon, ne puisse bénéficier de tous les services qu'offre la Ville ?
Cette dernière répond que « l'intérêt général doit primer et qu'en plus du coût financier qui serait trop important pour quelques passagers, il y a également un problème de gestion des lignes ». Le cabinet du maire développe : « Si on envoyait un bus sur l'avenue François-Mitterrand, le chauffeur serait contraint d'aller jusqu'au rond-point d'Aulnois-sous-Laon et cela rallongerait de dix minutes le circuit. Ce qui décalerait d'autant toutes les correspondances. Quant au Taxi TUL, le service ne peut être régulier et doit répondre à une demande ponctuelle. »
Béatrice Chatelain ne baisse pourtant pas les bras, elle se rendra à la permanence d'Antoine Lefèvre le 29 septembre, au quartier Champagne.
Aurélie MARCOTTE
amarcotte@journal-lunion.fr
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