Publié le jeudi 26 janvier 2012 à 09H04 - Vu 370 fois
La reconstitution s'est déroulée sous une pluie battante. Cédric Paduch était venu s'expliquer, une fois pour toutes, avec son ex-petite amie, Amélie.
MOY-DE-L'AISNE (Aisne) Cédric Paduch a-t-il visé avant de tirer et donc d'abattre d'une balle dans le dos Thierry Lannez ? La reconstitution de mardi a permis de répondre en partie à la question.
THIERRY LANNEZ a été abattu, le 13 juin 2010, d'une balle dans le dos alors qu'il souhaitait porter secours à la nouvelle petite amie du fils de ses voisins.
La reconstitution a enfin eu lieu, après avoir été reportée le 16 novembre dernier, à la dernière minute pour ainsi dire.
« Il y aura bien un procès »
Sous une pluie battante, durant près de trois heures, mardi après-midi, une partie de l'effroyable enchaînement des faits qui s'est déroulé en ce dimanche de juin, voilà un an et demi a été minutieusement reconstitué.
Tout a été dit et son contraire sur les raisons du report soudain : on disait Cédric Paduch peu coopératif refusant à la dernière minute de se prêter au jeu de la reconstitution, il s'est dit aussi, qu'instable sur le plan mental, il ne pouvait assister à cette partie cruciale de l'instruction. La réalité semble toute autre. « Ce n'est pas que le meurtrier présumé Cédric Paduch se défilait, selon une source proche de l'enquête, c'est parce que les conditions à la prison de Laon sont si déplorables qu'il avait attrapé la gale. Il était contagieux et le juge d'Instruction a ainsi préféré reporter. » Voilà pour les raisons du report.
Quant à l'état mental de Cédric Paduch, au stade actuel de l'instruction, rien ne s'oppose à son renvoi devant une cour d'Assises. Il avait été hospitalisé à Prémontré durant près de trois semaines au lendemain du meurtre. On le sait, il a un passé psychiatrique et a été longtemps sous traitement médicamenteux, « Il n'y a pas d'abolition du discernement pouvant entraîner une irresponsabilité pénale. Quant à l'altération éventuelle de son comportement, elle fera, sans nul doute, l'objet d'âpres débats lors du procès d'assises », indique simplement Me Olivier Hourdin, l'avocat de la veuve et des enfants de Thierry Lannez.
« Venu pour faire un carnage »
Mardi, Cédric Paduch qui reconnaît pleinement son geste tout en niant l'acte volontaire, a docilement mimé ses gestes. « Enfin, une partie, le juge d'instruction n'a ordonné que la reconstitution du tir meurtrier. La partie où il tue à coups de couteau le petit chien de son ex-compagne, où il a menacé les enfants et frappé son ex-compagne n'a pas du tout été abordée », poursuit Me Hourdin. Tout ce qui s'est donc passé à l'intérieur de la maison n'a pas été minutieusement étudié. Il s'agissait surtout de savoir si Cédric Paduch avait visé ou non avant de tirer et donc de toucher mortellement le voisin de celle qu'il était venu voir. « Il a dit qu'il voulait tirer dans le mur, pourtant il a tenu l'arme des deux mains. Et la balle qu'il a tirée s'est logée précisément au milieu du dos ». Pour l'avocat des parties civiles, il ne fait aucun doute que « Cédric Paduch était venu pour faire un carnage, si M. Lannez n'avait pas attiré son attention, ce qui a alors permis aux enfants et à son ex-petite amie de se mettre en sécurité, que se serait-il passée ? M.Lannez a permis de sauver pas mal de vies, ce jour-là. »
Thierry Lannez a été abattu sous les yeux de son fils Jordan. « L'ambiance était tendue, ça a été très dur pour Jordan d'assister à la reconstitution mais elle a permis de montrer que ses déclarations étaient concordantes avec les faits. » L'expert en balistique et l'expert médico-légal étaient également sur place pour étayer d'un œil scientifique les déclarations de Cédric Paduch. Ni la veuve de M. Lannez, ni Amélie, l'ex-petite amie de Cédric Paduch n'étaient présentes.
Me Benoît Cousin, l'associé de Me Dupond-Moretti et avocat de la famille Paduch n'a pas souhaité s'exprimer. « C'est le souhait des proches de mon client. » Son client, inconnu de la justice et des services de police jusqu'au 13 juin 2010, est en détention provisoire depuis lors. Une détention qu'il vit difficilement.
Aurélie BEAUSSART
abeaussart@journal-lunion.fr
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site






Réagissez