Publié le jeudi 24 mai 2012 à 10H24 - Vu 161 fois
« Ce sont des pratiques courantes de se voler les bâches. Ça nous est déjà arrivé. On n'en a pas fait toute une histoire », dixit un des prévenus. Tous ont posé pour cette photo après le déchaînement de violences.
GUIGNICOURT (Aisne). Le résultat de l'audience concernant des affrontements d'hooligans sur l'aire de repos de l'autoroute sera connu le 14 juin.
LE jugement a finalement été mis en délibéré à la mi-juin. Le tribunal correctionnel de Laon s'est donné quatre semaines de réflexion pour statuer sur le sort de onze supporters de foot du PSG qui comparaissaient lundi pour violences en réunion, avec préméditation et avec arme, ainsi que vol aggravé et dégradations.
Ex-membres des Tigris mystic, ces individus livraient une guerre acharnée contre d'autres admirateurs ceux de l'Olympique lyonnais, les Bad Gones.
Guerre des boutons
Le 16 février 2007, ils ont organisé une expédition punitive pour venger la mémoire d'un des leurs, décédé dans un accident de voiture et qui était copieusement insulté sur les forums de supporters. Les Parisiens avaient comme objectifs de voler les bâches et autres drapeaux des Bad Gones pour ensuite poser avec, tels des trophées, afin « d'humilier » leurs ennemis (l'union du 22 mai).
Un plan mûrement réfléchi et préparé. Ils s'en sont pris à leurs adversaires sur une aire de repos isolée de l'A 26, à Mont de Nizy, entre Laon et Reims.
« Quand on vole les bâches des autres, c'est-à-dire leur totem, ils sont humiliés et sont obligés de se faire hara-kiri pourrait-on dire, donc de se dissoudre », a expliqué le procureur Olivier Hussenet, au cours de ses réquisitions. « C'est un mode de vie tribal, marqué de puérilité, d'infantilisme le plus complet. Ça s'apparente un peu à la guerre des boutons sauf qu'ils ne sont plus des enfants et qu'ainsi, de ce fait, on a frôlé le drame. En prenant la fuite, les Lyonnais ont couru à contresens sur l'autoroute et pour certains ont même traversé les voies. »
Tout au long du procès, a plané un autre dérapage, un antécédent fâcheux pour les prévenus, qui montre s'il en était besoin, leur penchant pour la violence. En 2006, les Tigris mystic sont impliqués dans une immense rixe sur une aire de repos d'autoroute près de Nancy. « Vous avez totalement saccagé la station-service. L'un de vos amis a brandi une hachette et s'en est servi contre un autre supporter du PSG, mais de la tribune de Boulogne avec qui vous étiez en conflit sérieux. »
Interdits de stade
Six des onze prévenus présents au procès se défendent maladroitement. « On a été relaxé », dit l'un. « Je n'étais que témoin assisté dans l'histoire », dit un autre. Un troisième assure : « Ce sont des pratiques courantes entre supporters de clubs de se voler les bâches. Ça nous est déjà arrivé. On n'en fait pas toute une histoire pour autant et on ne dépose pas plainte. »
En cette nuit du 16 au 17 février 2007, il y a eu cependant un peu plus qu'un vol de bâches. La voiture des Lyonnais a été réduite à l'état d'épave, après avoir reçu de multiples coups de barres de fer. Après avoir brisé les vitres et crevé les pneus, les Tigris ont dérobé tout ce qu'il y avait dans la voiture : vêtements, appareils photo, bannières, drapeaux…
Depuis l'affaire de Guignicourt, il y a cinq ans, tous ont été interdits de stade, certains le sont encore. Ils assurent s'être quasiment perdus de vue, mais la passion pour le foot, pour le PSG, reste intacte.
Le procureur a requis des peines allant de quatre mois de prison avec sursis à six mois ferme, « selon que les prévenus ont répondu présent ou non, à l'audience, qu'ils avaient à l'époque un casier judiciaire ou non ».
Le jugement sera rendu le jeudi 14 juin.
Aurélie BEAUSSART
abeaussart@journal-lunion.fr
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lucreims
reims
25/05/2012 à 08h39
Trouveront-il du travail au FN à moins qu'ils deviennent déjà de là