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« Problèmes relationnels » Les esprits s'échauffent au centre de secours vicois

Publié le mardi 04 octobre 2011 à 11H00 - Vu 259 fois


Jeudi, le directeur du service départemental d'incendie et de secours tentera d'éteindre le feu.

Jeudi, le directeur du service départemental d'incendie et de secours tentera d'éteindre le feu.


La démission d'un médecin volontaire est la goutte d'eau qui fait déborder le vase chez les pompiers. L'organisation des gardes pose des questions sur le maintien d'un service de secours performant.

LE feu couve depuis longtemps au centre de secours de Vic-sur-Aisne. « La situation n'est pas dramatique. Il n'y a pas péril en la demeure », veut rassurer le colonel Gilles Ragot, directeur du Service d'incendie et de secours de l'Aisne (Sdis 02). Pour autant, il ne veut pas laisser les esprits s'échauffer plus encore. Il « descendra » ce jeudi à la rencontre des élus dans un premier temps, et des sapeurs-pompiers volontaires ensuite.
Tensions et motivation
« Il y a quelques problèmes relationnels. La situation est un peu comparable à celle de 2007. Je souhaite faire un point complet sur la situation, que l'on regarde ensemble s'il est nécessaire de revoir le fonctionnement du centre pour travailler plus sereinement. Il faut peut-être qu'on aide à mettre un peu de liant entre les différents personnels », note le directeur.
Le colonel Ragot est attendu, c'est sûr, à Vic-sur-Aisne. En témoignent les commentaires laissés sur le blog du centre de secours : « Le lundi 26 septembre, le centre a été indisponible de 05 h 00 à 20 h 00. Le mardi 27 septembre, le centre sera indisponible de 05 h 00 à 19 h 00. La reprise de la période scolaire et l'attente de la visite de notre directeur départemental n'améliorent pas notre disponibilité… à suivre », peut-on lire. Au fil des jours, les commentaires et le décompte jusqu'à la rencontre avec le directeur s'égrènent ainsi.
Premiers maillons
Le centre de secours de Vic-sur-Aisne fonctionne avec un personnel de volontaires, c'est-à-dire de sapeurs-pompiers qui ont une activité professionnelle par ailleurs et qui prennent des astreintes. Si problèmes relationnels il y a, ils ne favorisent pas la motivation et la prise de gardes. Les tensions consumaient déjà la motivation. Une goutte d'eau a fait déborder le vase : la démission du Dr Wilmart, médecin-capitaine. Lui aussi volontaire (lire par ailleurs).
Dans un courrier du 25 juillet adressé à la fois à l'agence régionale de santé, au Sdis 02 ou encore au conseiller général, Gérald Blangeot, le maire de Mortefontaine souligne à quel point il est « navré de cette information, car les pompiers volontaires de Vic-sur-Aisne et leur médecin formaient une équipe performante. Ils s'étaient particulièrement illustrés à Mortefontaine en accouchant une conseillère municipale à son domicile de façon impeccable, grâce à une formation reçue 15 jours auparavant, dispensée par le docteur Wilmart et d'autres intervenants de qualité ».
Le maire de la petite commune note « que les hôpitaux les plus proches sont à Soissons à 26 km ou Compiègne à 24 km » et s'alarme de la « qualité des soins de premières urgences en zone blanche rurale ». À cette inquiétude, le colonel Ragot répond par une statistique : « 99 % des secours d'urgence sont effectués en moins de 20 minutes et 61 % en moins de dix minutes. Nous avons un système qui marche bien. Il serait dangereux de faire croire à la population que la couverture n'est plus assurée. » Pour bien comprendre, rappelons que dans le cadre de l'aide médicale urgente, c'est le médecin régulateur du Samu qui décide de « médicaliser » une intervention et qui peut, si besoin, solliciter le service de santé et de secours des pompiers. En octobre 2010, il y avait eu urgence vitale. Le petit garçon qui avait surpris sa maman tant il voulait voir le jour à Mortefontaine avait le cordon enroulé autour du cou. Les pompiers vicois, premiers maillons de la chaîne, étaient les premiers sur place. Ils avaient pratiqué un geste simple mais efficace pour que cette naissance ne prenne pas une tournure dramatique. L'événement restait heureux grâce à leur intervention, rapide.
Ludivine BLEUZÉ
lbleuze@journal-lunion.fr

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