Publié le jeudi 04 novembre 2010 à 12H00 - Vu 366 fois
Conseillère à l'emploi et syndicaliste CFDT, Laurence Bodchon déplore le manque de moyens de Pôle emploi.
LAON (Aisne). Face au manque de moyens pour accompagner les demandeurs d'emplois, les syndicats appellent les agents de Pôle emploi à faire grève le 9 novembre.
«LA fusion entre l'ANPE et les Assedic partait d'une bonne idée. Aujourd'hui, les demandeurs d'emplois sont reçus sur un même lieu pour l'indemnisation et la recherche d'emploi », explique Laurence Bodchon, conseillère au Pôle emploi de Laon, syndicaliste CFDT, déléguée du personnel et représentante syndicale au comité d'hygiène et sécurité.
« Mais depuis la création de Pôle emploi en janvier 2009, les agents n'ont eu que trois jours de formation. Chaque agent doit être capable de travailler sur l'indemnisation et la recherche d'emploi, mais dans la réalité, chacun conserve encore son métier d'origine. On a aussi des CDD qui n'ont pas reçu de formation. Surtout, le nombre de demandeurs d'emplois a explosé depuis la crise. Le gouvernement avait parlé de 80 personnes par agent, aujourd'hui on est plutôt aux alentours de 150 demandeurs d'emplois par conseiller. Bien sûr, il est difficile de faire un suivi personnalisé de chaque demandeur dans ces conditions. On n'est pas assez nombreux. »
Plus d'argent pour les formations
Au niveau des locaux ce n'est pas mieux. « Nous recevons tous les demandeurs d'emplois sur le site de l'ex-ANPE, avenue Charles-de-Gaulle. Les locaux sont trop petits, on est les uns sur les autres. On est obligés de jongler avec les bureaux pour recevoir les demandeurs. En revanche, les locaux de l'ex-Assedic dans la zone industrielle rue Diderot ne sont utilisés que pour recevoir les employeurs et effectuer les tâches administratives, et la plupart du temps ils sont presque vides.
Le matin, il arrive que la file des demandeurs d'emplois s'étale jusque dans la rue. Des travaux sont d'ailleurs prévus vers la mi-novembre pour que l'accueil du public soit déplacé. Nous demandons à avoir au moins un bureau et à être correctement formés pour pouvoir agir sur la recherche d'emploi comme sur l'indemnisation. Enfin, depuis deux mois, nous n'avons plus d'argent du conseil régional, du conseil général ou de l'Etat pour financer des formations ou des emplois aidés. Face à ces dysfonctionnements, l'agressivité de certains demandeurs d'emplois augmente. Dans ces conditions, je pense que le mouvement de grève du mardi 9 novembre va être très suivi. »
Cyril VIDEAU
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