Patrimoine : deux livres pour découvrir les trésors de l'Aisne

Patrimoine : deux livres pour découvrir les trésors de l'Aisne

Publié le lundi 26 novembre 2012 à 09H13 - Vu 126 fois

AISNE. Malgré les guerres, le patrimoine architectural de l'Aisne est extraordinaire. Deux livres signés Philippe Seydoux, le démontrent aisément.

Philippe Seydoux, âgé de 70 ans, s'est longtemps plus occupé des chiffres que des lettres. Cet ancien contrôleur de gestion, docteur en histoire de l'art, écrit depuis 1972 des ouvrages consacrés au nord de Paris. Deux d'entre eux, publiés aux éditions de la Morande, présentent les châteaux, grandes fermes répertoriées par cantons dans l'Aisne. L'auteur, originaire de la Somme, a aussi réalisé plus de six cents photographies en plus des notices de présentation. Il a répondu à nos questions.

L'Aisne est souvent présenté comme un département victime des guerres. Pourtant, son patrimoine est exceptionnel ?

Tout à fait, même si j'ai mesuré que dans le département, il y a la trace, un peu partout, des grandes offensives de la Première Guerre mondiale. Les régions qui ont été les moins abîmées sont celles que les Allemands ont prises en premier, c'est évidemment un peu paradoxal.

Qu'est ce qu'une gentilhommière ?

J'avais cherché un nom, avec deux auteurs, pour un ouvrage consacré au pays de Caux. Nous l'avons choisi car il désigne les châteaux, les châteaux forts, les manoirs. Je l'ai décliné aussi pour l'Aisne.

Quelle est la partie du département de l'Aisne qui compte le plus de gentilhommières ?

Ce n'est pas facile à dire, il y en a partout. C'est peut-être la région de Vic-sur-Aisne et puis Villers-Cotterêts.

Dans ces secteurs, les châteaux sont en brique ou en pierre ?

C'est de la pierre de l'Aisne et de l'Oise, très bonne avec des carrières qui fonctionnent encore. Ailleurs, c'est la brique, souvent très belle. En plus des châteaux, il y a aussi des églises.

Ces constructions sont-elles acquises par des Axonais, des Parisiens ou des étrangers ?

Ce sont généralement des personnes originaires de l'Aisne avec toutefois des Parisiens dans le sud.

Quelle est la demeure qui vous a le plus séduit ?

Dans le domaine des grands ensembles superbes, c'est Leschelles, dans le canton du Nouvion-en-Thiérache. Les constructions datent de 1765 avec un château, les communs, une ferme, une église. C'est extraordinaire.

Et ensuite ?

Le donjon de Bois-lès-Pargny, au nord de Laon, qui appartient à un agriculteur très sympathique. C'était un lieu de refuge et cela correspond au climat d'insécurité régnant au XV siècle. Il y a eu une reconstruction en 1611.

Comment faites-vous pour recenser tous ces lieux ?

Je me déplace sur le terrain et j'en parle avec mes interlocuteurs qui m'indiquent beaucoup d'endroits. Je présente une propriété à travers son histoire et ses propriétaires.

Est-ce qu'il y a des légendes qui se sont colportées au fil des siècles et qui ne reposent sur rien ?

Oui, par exemple, les récits évoquant des souterrains. S'il y en a, ils s'étendent sur une centaine de mètres mais ne relient pas un endroit à un autre et sont difficiles à entretenir.

Vous avez travaillé dans le Nord-Est de la France. Quelle est la spécificité de l'Aisne ?

L'Aisne n'a aucune unité entre la Brie et la région du Nord, en brique, il n'y a aucun rapport. Mais l'ensemble est séduisant.
 

L'union l'Ardennais