Paraiso : la première en France ce soir à Château-Thierry

Paraiso : la première en France ce soir à Château-Thierry

Publié le vendredi 12 octobre 2012 à 10H29 - Vu 163 fois

Ce jeudi soir, le festival de danse accueille la chorégraphe Cap-Verdienne Marlène Monteiro-Freitas à l’'espace culturel de Brasles. En route pour le Paradis !

Comment avez-vous connu l'’Echangeur qui coproduit votre dernière création?
Marlene Monteiro Freitas : Je l’'ai connu il y a un an, à l’'occasion du festival "C'’est comme ça !", auquel j'’ai participé avec (M)imosa, un projet sur lequel j’'étais co-autrice avec trois autres danseurs-chorégraphes. Je suis ravie de pouvoir revenir car le public avait été au rendez-vous.

Quand êtes-vous venue à Château-Thierry peaufiner votre dernier spectacle? L'’espace que l’'Échangeur nous a proposé était adéquat au profil du projet et, d'’ailleurs, on nous a accueilli chaleureusement, c'’était au printemps. Nous avons pu bien travailler, parfois avec des voies sans issue ou des ratés qui sont propres à la création, mais c’est comme ça !…

Quel est le thème abordé dans Paraíso - colecção privada ? Y a t-il un message derrière ce spectacle ?
Pour produire ce «Paradis» j'’ai commencé par plonger du côté des artistes qui l’'ont représenté visuellement dans les églises italiennes, les jardins de Cranach, le paradis d’avant la création de Bosch. J’'avais l’intention d’'approcher ce lieu aussi du côté religieux, mais petit à petit je me suis aperçue que cette idée du Paradis est fondamentalement une idée artistique, de l'’imagination, même si elle a pu servir à la religion. En parallèle, je découvrais l’'Enfer, notamment celui de Torcello à Venise…. J'’ai découvert aussi le Inferno de Cluzot, et le Yellow Submarine des Beatles qui, bien sûr n’a rien à voir avec l’'enfer mais qui a, pour moi, fini par se rapprocher car je l'’ai vu comme une synthèse - naturellement folle… - entre, d’'une part, Le Jardin de Bosch et l'’univers du collage dadaïste. Je ne crois pas que Paraíso - colecção privada porte un message, mais, peut-être, témoigne de ce parcours autour de lieux de l'’imagination comme le paradis, l’'enfer, Messiaen… et, éventuellement, donne une suite, même si petite, à cette histoire qui est l’'histoire de l’'imagination. Transmettre des idées ou des messages, ce n’est pas vraiment le fil conducteur de mon travail, je préfère conduire les gens à travers l’'émotion, vers quelque chose de l'’ordre de l'’intensité.

Le spectacle est-il une première en France ?
Paraíso a vécu sa première en septembre dernier au festival Circular à Vila do Conde au Portugal. En France, oui, c’est la première fois qu'’on le voit. On le présentera ensuite en février au Centre Pompidou à Paris, en mars, à Lisbonne et en juin au festival Uzès Danse à Uzès.

Que représente la danse pour vous?
La danse c’est une profession, bien sûr, mais aussi une passion. C'est comme pour ma relation avec le public, je veux l’'emmener vers des émotions, c’'est celà que je recherche toujours. Je suis née et j’ai grandi au CapVert et la-bàs la musique, mais aussi la danse, c’'est quelque chose de très important dans la vie : on communique ses sentiments les plus inexprimables (par la parole) à travers la musique et la danse. Ces deux formes d’'expression ont un enracinement dans la vie qui va bien au-delà de ce qu’on peut désigner, d’une façon triviale, «la culture».

Que diriez-vous de vous en quelques mots?
Je suis un conducteur d'’énergie comme dans une radio ou un autre appareil électrique. Même comme spectatrice, ce côté énergique de la performance, la force des danseurs (et comédiens), c’est ce qui m’'attire le plus. Et puis, j’'aime la musique. J’'aime la musique forte.

Propos recueillis par Frédérique PETRE 

L'union l'Ardennais