Publié le mercredi 24 août 2011 à 08H30 - Vu 2161 fois
(Aisne). Des pluies diluviennes, des chutes de grêle et des coulées de boue : l'Aisne vient d’essuyer une nouvelle catastrophe.
- Des dégâts à la pelle
UN mur qui tombe à l’intérieur d’une maison à Pernant. Deux jardins d’habitations de Vivières transformés en « lac ». Des capots de voitures marqués d’impacts de grêlons à Villers-Cotterêts. Le passage des orages dans la nuit de lundi à mardi a laissé de nombreuses traces aux quatre coins du département.
Après les fortes chaleurs de ces derniers jours, des trombes d’eau ont littéralement noyé certaines communes axonaises. « Sur notre station d’Aulnois-sous-Laon, nous avons relevé un peu plus de 21 mm de précipitation entre lundi 14 heures et mardi 14 heures », précise le centre de Météo-France de Villeneuve-d’Ascq.
« Des estimations ont été également réalisées pour le Sud Ouest du département, à partir des radars météo. » Dans le secteur de Villers-Cotterêts, les calculs indiquent entre 50 et 100 mm d’eau en vingt-quatre heures ! Ce qui tombe habituellement en un mois d’août… Sur le terrain, les riverains de cette zone confirment. Leurs mesures font état de 60 mm à 80 mm sur la même période.
Ces pluies exceptionnelles ont provoqué des ruissellements. L’eau s’est introduite dans de nombreuses habitations. Au total, les soldats du feu du département ont dû effectuer environ trois cents interventions entre lundi et mardi soir. Les trois quarts se sont concentrés dans le canton de Villers-Cotterêts, dans le Soissonnais. « Dans la majeure partie des cas, il s’agissait de reconnaissance. Nous n’avons eu à effectuer qu’une seule mise en sécurité », indique le lieutenant-colonel Denis Wilmotte, commandant le groupement Aisne-Sud des sapeurs-pompiers. Il s’agissait d’une femme qui s’était réfugiée sur le toit de son véhicule lors des orages, au niveau du pont de Largny à Villers-Cotterêts.
Sinon, la plupart des sinistrés ont fait appel aux secours pour des opérations de pompage de caves ou de garages. « L’eau s’est retirée rapidement. Il n’y eu aucun problème pour intervenir », remarque le lieutenant-colonel Wilmotte. Dans le Sud-Ouest du département, des dizaines d’habitations ont subi des dégâts des eaux. De manière moins concentrée, le phénomène s’est retrouvé dans d’autres secteurs, dans le Laonnois, le pays chaunois ou en Thiérache, par exemple.
Cette météo catastrophique n’a pas été non plus sans dommages pour les usagers du train. Les passagers de la ligne Laon–Paris ont subi les conséquences des violents orages et chutes de grêle qui se sont abattus lundi soir dans le secteur de Villers-Cotterêts, aux alentours de 22 heures. Le trafic a été interrompu jusqu’à 10h10. La faute à un affaissement de terrain qui a encombré les voies ferrées.
Malgré la reprise de la circulation, la vitesse a dû être limitée sur un tronçon, ce qui entraîne « des retards de 5 à 10 minutes, le temps que la boue soit enlevée des voies ferrées », annonce la SNCF.
- La coulée de boue traverse la maison
Repérable de loin, la villa du couple Siwiec, rue de Poussemy, à Pernant, était très fréquentée, hier matin, la nuit précédente aussi d’ailleurs. Voisins et membres de la famille sont venus aider cette famille sinistrée. Une coulée de boue a carrément traversé la maison, au cours du violent orage survenu dans le Soissonnais, et a tout emporté sur son passage.
«Vous voyez: ici, j’avais un meuble avec les photos de mes petits-enfants, tout a été emporté!» Réfugiée dans l’escalier, elle n’a pas mesuré tout de suite les dégâts occasionnés par l’eau dévalant du champ situé plus haut. «J’ai juste eu le temps d’ouvrir la porte d’entrée et mon mari le garage…», raconte-t-elle à propos de cette catastrophe survenue en une demi-heure, alors qu’il faisait déjà noir, ravageant la terrasse et abattant un mur.
Un peu plus haut, à la ferme du château, un escalier en pierre a été détruit près d’un mur miné et une autre enceinte, de plus de 2 m de haut, a été terrassée. Dans ce village déjà touché par de semblables événements météo en mai 2010, on n’avait jamais vu ça auparavant. Les spécialistes évoquaient une pluviométrie de 80 mm. Une eau dont la violence a même soulevé le macadam en plusieurs endroits de la route!
Laurence PICANO
Relativement épargnés
- La Thiérache
Dans le nord du département, c’est dans la région de Guise que l’orage a été le plus violent, mais il a occasionné peu de dégâts. À Guise, les pompiers sont intervenus pour un début d’inondation dans la citadelle où l’eau est montée d’un centimètre à peine.
Sur les routes, les interventions ont été plus fastidieuses. À Lesquielles-Saint-Germain, la chaussée a été inondée quelques heures, les plaques d’égout se soulevant sous la puissance de l’eau. Entre Audigny et Origny-Sainte-Benoite, la route a été envahie de boue et de cailloux, nécessitant une intervention de plusieurs heures pour les pompiers.
Enfin, les réseaux de téléphone mobile ont également souffert: les abonnés de SFR, par exemple, n’ont rien capté entre 22 heures et 11 heures; ceux d’Orange, jusqu’à 9 heures.
- Le pays chaunois
Contrairement aux intempéries du 14 juillet 2010 qui avaient causé de nombreux dégâts et des coulées de boue dans le Chaunois, l’orage de lundi a épargné la population. Sur la soirée, les sapeurs-pompiers des centres de secours de Chauny, Tergnier et La Fère sont sortis sept à huit fois chacun. Rien de comparable avec l’orage de l’an passé où rien qu’à Chauny, les secours étaient intervenus près d’une quarantaine de fois.
Quelques habitations à Liez ont eu de l’eau dans leur cave, notamment rue du Mont et route de Tergnier, mais l’eau est partie aussi vite qu’elle est arrivée.
Sur Le Laférois, une branche est tombée sur un véhicule en stationnement sans faire de blessé.
Sur Chauny, l’eau est passée rue Maurice-Bouchor et rue de Senicourt, entre autres. Dans cette ville, les travaux effectués l’hiver dernier ont permis d’éviter de nouvelles catastrophes.
- Laon
La ville préfecture a été plutôt épargnée par les orages de la nuit de lundi à mardi. La pluie est cependant tombée de façon assez forte pendant une heure, à partir de 23 heures, occasionnant quelques inondations en ville basse, notamment dans les quartiers Champagne et Moulin-Roux.
Les pompiers sont intervenus dans le local du Secours populaire, situé en sous-sol, rue Branly. Les habitants de la rue de la Linotte et de la rue d’Enfer se sont retrouvés les pieds dans l’eau et des garages ont été inondés, rue du Vivier, dans le même secteur.
Enfin, l’eau a causé quelques dégâts sur le chantier du futur giratoire Gambetta – Aristide-Briand.
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