Publié le mardi 30 octobre 2012 à 12H00 - Vu 644 fois
Le Laonnois Benjamin El Arbi (à gauche) s'est associé à Mathieu Franot pour créer « Les Frivolités parisiennes ».
LAON (Aisne). Benjamin El Arbi souhaite faire revivre l'opéra-comique à Paris. Il monte une compagnie professionnelle et permanente comme il n'en existe plus.
IL n'a que 25 ans mais ne manque pas d'ambition, Benjamin El Arbi. Lui qui a fait ses gammes à Laon nourrit un projet on ne peut plus ambitieux : faire revivre l'opéra-comique à Paris, rien que ça.
« Je me suis rendu compte qu'il y avait très peu, voire pas d'orchestre permanent et professionnel alors que le répertoire est énorme. Dans le même temps, quand il y a un spectacle proposé par, tout au plus, une dizaine de musiciens qui se regroupent pour l'occasion, il attire beaucoup de monde », constate le jeune homme pour qui cet engagement est le fruit d'un long cheminement artistique.
Gamin, il découvre le basson au conservatoire de Laon et fréquente assidûment la MJC. « J'y ai rencontré beaucoup de gens qui entreprenaient, qui osaient, et cela n'est sans doute pas étranger à ma démarche d'aujourd'hui. »
De la Sorbonne au conservatoire
Après des études au lycée Paul-Claudel, il intègre un cursus de sciences politiques à la Sorbonne pendant trois ans. La musique, c'est un passe-temps. Il n'envisage pas d'en faire son métier. « Je n'avais pas le sérieux et l'abnégation nécessaires. » Enfin, ça, c'est ce qu'il pensait avant de découvrir la vie culturelle parisienne. Il assiste à des concerts au théâtre du Châtelet, à Radio France ou au Trianon et, finalement, se laisse rattraper par le virus de la musique. « J'ai pris conscience que les sciences politiques, ce n'était pas vraiment ce que j'avais envie de faire », se souvient le bassoniste qui va alors se former dans différents conservatoires de France et d'Allemagne.
Premier spectacle en janvier
Durant ce parcours musical, il rencontre un clarinettiste, Mathieu Franot, qui nourrit la même passion que lui pour l'opéra-comique. À deux, ils se lancent dans cette folle aventure de monter une compagnie uniquement dédiée à ce genre musical mariant musique, chant et théâtre et qui, sous ses airs de légèreté, exige une grande rigueur. Les deux hommes ont réuni 23 musiciens et sept chanteurs, dont une pointure en la personne de Magali Léger, ainsi qu'un metteur en scène ou encore un chef de chant. Leur première réalisation : L'Ambassadrice, d'Auber. « Le directeur de l'Alhambra nous a accordé sa confiance en programmant ce spectacle les 4, 5 et 6 janvier 2013 », s'enthousiasme Benjamin El Arbi qui fera là son baptême du feu en tant que codirecteur artistique avant une étape amiénoise en mars. Sa troupe y présentera Le Colin-maillard, coécrit par Jules Verne.
« Mon rêve serait un retour aux sources en jouant à Laon mais cela ne sera sans doute pas possible car il n'y a pas de lieu adapté, que ce soit la Mal ou le conservatoire. En effet, il faut soit une fosse, soit une salle en ras-de-scène pour l'orchestre. En revanche, j'aimerais beaucoup faire des interventions au conservatoire pour sensibiliser le public à ce genre musical ». À bon entendeur.
Lucie LEFEBVRE
llefebvre@journal-lunion.fr
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