Publié le samedi 17 décembre 2011 à 12H00 - Vu 159 fois
Pour Françoise Yaouanc, une situation si précaire est encore plus difficile à vivre à l'approche de Noël.
Après deux ans de chômage, une mère de famille n'avait plus que le RSA comme perspective. Elle a bien cru devoir se contenter de 54 euros pour manger.
LE moindre euro est essentiel pour Françoise Yaouanc. Sans emploi depuis deux ans, cette mère de famille de Nogent-l'Artaud fait ses comptes très précisément. D'addition en soustraction, elle arrivait, il y a quelques jours, à la somme de 54 euros pour faire manger sa famille ! De quoi affoler celle qui a encore deux enfants à charge, une fille de 12 ans et un garçon de 9 ans. A tel point qu'une lettre du Père Noël avait déjà été rédigée pour le plus jeune, afin d'expliquer que cette année, les cadeaux se feraient rares… Finalement, la situation s'est un peu éclairée avec la perspective de l'arrivée du RSA, mais elle reste bien préoccupante pour celle qui voudrait tant retrouver un emploi.
Vendre la voiture
A une époque, elle avait mis beaucoup d'espoir dans un « contrat d'avenir » dont elle avait bénéficié : « C'était mon premier emploi. » Mère de six enfants, Françoise Yaouanc s'est retrouvée seule pour assumer ses deux plus jeunes enfants. Grâce à ce contrat, elle avait pu subvenir aux besoins de la famille. Elle avait, aussi, découvert le plaisir de travailler avec des enfants. Elle pensait poursuivre dans cette mission mais a été déçue : le contrat s'est terminé. « Il est resté sans suite », déplore-t-elle. Elle a ensuite perçu des indemnités durant deux ans, jusqu'en octobre. Là, les problèmes ont commencé : une interlocutrice locale lui précise qu'elle percevrait le RSA (revenu de solidarité active) mais un courrier reçu et un entretien téléphonique affirment le contraire : ses revenus du trimestre écoulé sont trop importants. Forcément, elle perçoit encore le chômage… « Il me faut attendre le mois de février pour faire une nouvelle demande », conclut-elle.
En attendant, il faut vivre. En additionnant les allocations familiales et la pension alimentaire, en retirant le loyer, l'électricité et les 100 euros mensuels dus à la Banque de France après des achats via des cartes de crédit. « Il reste 54 euros », constate alors la maman, enchaînant les démarches auprès des services. Elle regrette le sapin acheté 22 euros… Elle envisage de se rendre au collège pour trouver une solution pour la cantine de sa fille qu'elle ne peut avancer. Françoise Yaouanc est même prête à vendre sa voiture ! « Je pleure quand mon fils n'est pas là », avoue cette femme qui craint aussi pour son taux de diabète sensible aux émotions. Mais elle n'a pas peur de faire savoir comment on peut arriver à un tel niveau de précarité.
Toujours prête à rendre service, elle espère vraiment une offre de travail ! En attendant, une bonne nouvelle est arrivée, confirmée par un courrier : elle aurait finalement droit au RSA, ce qui porterait ses revenus à quelque 600 euros alors qu'ils étaient à un peu plus de 1 000, lorsqu'elle touchait ses indemnités de chômage. « Ça va quand même être dur », prévoit-elle.
Pour l'instant, elle n'a toujours pas perçu les 356 de RSA euros en question.
Laurence PICANO
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