Publié le vendredi 20 janvier 2012 à 08H36 - Vu 8049 fois
Après l'émoi, c'est l'heure des soupçons. Les anciens amis de Grégory Wiart font l'objet de toutes les attentions. On scrute leurs réactions et on se remémore leurs habitudes et incartades diverses.
MONTESCOURT-LIZEROLLES (Aisne). Qui sont les complices de Grégory Wiart ? Dans la petite commune axonaise où a grandi le violeur d'Elodie, chacun fouille dans ses souvenirs. Et quelques-uns surmontent leur peur pour évoquer les noms d'autres enfants du pays, dont la sinistre réputation n'incite pas aux confidences.
«JE suis tiraillé. J'ai vu le papa Kulik à la télé : il est temps de parler, il disait. Peut-être qu'effectivement, on sait et que l'on refuse de voir la vérité en face… Enfin, Grégory traînait toujours avec les mêmes. Pour moi, ce n'était pas ses amis parce qu'ils profitaient de lui. Tout le monde au village sait très bien de qui il s'agit mais ce ne sont pas des gars fréquentables. Comme Grégory d'ailleurs ne l'était pas non plus, alors s'ils viennent à savoir qu'on a bavé sur eux auprès des gendarmes… Vous verrez, lorsque l'on saura. Dans le village, on ne sera pas étonné. »
Sous un abri, en plein vent, au milieu des prairies, près des éoliennes de Clastres, un trentenaire de Montescourt-Lizerolles vide son sac. « Grégory était un sacré loustic. Il était toujours au café, enfin très souvent. C'était un cancre à l'école. C'est son père qui lui a mis l'entreprise familiale dans les mains pour qu'il s'en sorte, pour qu'il ait une vie correcte. Attention, Grégory bossait très bien, mais il était roublard. C'était un voleur. Ici, dans le village, on peut vous citer le nombre de vieux qu'il a volé. Il se rendait chez eux pour faire une réparation et en profitait pour emporter un objet de valeur, leurs économies.
Grégory était très influençable. Ce n'était pas le meneur. Il traînait avec des types plus âgés que lui, des têtes brûlées. Certains ont aujourd'hui la bonne quarantaine. Il faut arrêter de dire que Grégory était un ange, ce n'est pas vrai. Il avait des histoires, des dettes partout. »
Tombe et parents sous protection
D'ailleurs un voisin de la maison familiale, ami de la famille Wiart agacé lâche : « C'était un petit con qui faisait rien de bien. Le pire, c'est pour ses parents. On n'est pas responsable de ce que font nos enfants. Le quotidien est aujourd'hui invivable pour eux. Ils étaient sous protection des gendarmes, ces derniers jours, c'est pour vous dire. Il y avait une horde de journalistes et des gens agressifs. Les parents ont quitté les lieux. Ils sont partis on ne sait où. »
La tombe de Grégory Wiart est elle aussi protégée. « On s'attend à ce qu'elle soit saccagée. Les gens ne respectent plus rien de toute façon », s'énerve cette autre voisine des parents Wiart.
Séquestration et déménagements soudains
Parfois Grégory Wiart payait cher ses incartades. « Il se faisait souvent tabasser méchamment : par exemple, il avait acheté avec un chèque en bois une voiture qu'il avait ensuite revendue pour acheter autre chose. Le propriétaire lésé n'arrivait pas à récupérer son dû, il a passé ses nerfs ainsi », poursuit le trentenaire.
« En 2002-2003, peu avant sa mort, il m'avait confié avoir eu peur. Un de ses soi-disant amis l'avait séquestré deux jours dans les bois, attaché nu à un arbre. Avec d'autres hommes, ils lui ont fait subir quelques sévices. Ils lui ont uriné dessus d'ailleurs. Grégory était comme ça, il roulait même sa famille et ses proches. Certains des gars avec qui il sortait ont subitement déménagé à l'époque de la mort d'Elodie et du décès de Grégory, parfois très loin avant de revenir dans l'arrondissement quelques années plus tard. »
Grégory s'est tué sur la route le 1er novembre 2003 à 4 heures du matin : « Ça a étonné tout le monde. Grégory buvait beaucoup lors de ses sorties. Ce soir-là, il n'avait pas bu du tout d'après les gendarmes. Il était acculé par les dettes diverses. Peut-être qu'il avait peur de représailles d'un de ses créanciers. Moi, je me dis que les complices de Grégory dans l'affaire Kulik n'étaient pas forcément des potes mais des ennemis, des gens qui l'on peut-être forcé à participer à cette virée, à violer cette femme et qu'ils avaient ensuite un moyen de pression sur lui. On est plusieurs à penser ça. »
Aurélie BEAUSSART
abeaussart@journal-lunion.fr
Pour joindre les enquêteurs de la cellule Kulik : 03.22.53.69.10 - 06.11.56.54.49 ou par mail : cellule.elodiekulik@live.fr
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