Publié le lundi 23 janvier 2012 à 10H21 - Vu 2252 fois
La tombe de Grégory Wiart, mort en 2003, devra être ouverte ce mardi. Les enquêteurs vont effectuer des prélèvements destinés à confirmer l'implication du défunt dans le meurtre d'Elodie Kulik.
Jean-Marie Champagne
MONTESCOURT-LIZEROLLES (Aisne) Un nom a été mis récemment sur l'un des violeurs présumés d'Elodie Kulik : Grégory Wiart, décédé il y a plus de huit ans. Son corps sera exhumé mardi matin pour confirmer son implication dans ce crime commis en 2002.
GRÉGORY WIART mérite-t-il le titre de suspect numéro 1 dans l'affaire du meurtre d'Elodie Kulik ? Les fortes présomptions des enquêteurs sur ce jeune homme décédé en 2003 pourraient être confirmées dans les jours qui viennent. Une confirmation qui interviendra après l'exhumation de son corps, ce mardi. Corps qui repose actuellement au cimetière du village de Montescourt-Lizerolles, au sud de Saint-Quentin. Grégory Wiart est mort dans un accident de la route, dans la nuit du vendredi 31 octobre au samedi 1er novembre 2003.
L'opération, visant à prélever l'ADN, doit avoir lieu demain aux premières heures de la matinée. C'est le juge d'instruction en charge du dossier qui a ordonné l'ouverture de la tombe. Une décision qui intervient une semaine après une avancée notable dans les investigations : l'identification d'un des violeurs présumés de la jeune banquière, assassinée en 2002 (l'union de mardi et mercredi).
Aujourd'hui, les détails de l'intervention devraient être définis. Le maire de Montescourt-Lizerolles devra prendre, notamment, un arrêté concernant la circulation et le stationnement des véhicules dans la commune. Durant la délicate exhumation, le trafic sera donc perturbé, notamment aux alentours du cimetière.
Toutefois, le cimetière est placé sur un axe très fréquenté, un passage obligatoire pour les automobilistes venant de Saint-Quentin. Les véhicules pourront par conséquent circuler, mais auront interdiction de stationner, voire même de s'arrêter.
Quant au cimetière, il sera fermé une partie de la journée. Les gendarmes de la compagnie de Saint-Quentin seront chargés du service d'ordre.
Cette intervention sous haute surveillance constitue une nouvelle étape de la longue enquête confiée à la section de recherche de la gendarmerie d'Amiens. Depuis la semaine dernière, le défunt est devenu le violeur présumé d'Elodie. Au cours du dernier trimestre 2011, les enquêteurs ont réussi, grâce à une nouvelle technique utilisée pour la première fois en France, à mettre un nom sur le violeur présumé d'Elodie Kulik.
Comparaison avec l'ADN de la scène de crime
Ils ont utilisé une technique proche de celle utilisée pour identifier un cadavre anonyme. Une recherche par « parentalité ». Pour y parvenir, il a fallu effectuer des rapprochements avec les informations contenues dans le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG). L'un des hommes fichés avait un profil génétique très proche d'un des trois ADN trouvés sur les lieux du crime. Il s'agissait du père de Grégory, mis en cause dans une affaire d'agression sexuelle en 2000 et fiché depuis au FNAEG.
Plusieurs sources ont contesté la méthode employée, précisant notamment que cette technique de rapprochement n'était pas infaillible. Les analyses des nouveaux prélèvements effectués sur le corps de Grégory, mardi, permettront de lever le doute. Dans cette optique, l'ADN contenu dans les échantillons de sperme recueillis sur le lieu de découverte du corps d'Elodie Kulik, un terrain vague de la commune de Tertry, sera comparé avec celui de Grégory Wiart. Si les résultats s'avèrent positifs, les enquêteurs auront la preuve formelle de la participation du défunt à ce crime sauvage.
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