Publié le mercredi 11 mai 2011 à 11H00 - Vu 548 fois
C'est la première fois que des enseignants empêchent la tenue des épreuves à Nerval.
SOISSONS (Aisne). Une majorité de professeurs examinateurs a fait grève pendant les épreuves anticipées du Bac au lycée Nerval contre la suppression d'une classe de seconde.
«UNE injustice. » Voilà le sentiment partagé par une majorité d'enseignants du lycée Gérard-de-Nerval. À la rentrée prochaine, une classe de seconde sera supprimée. Malgré plusieurs interventions auprès du rectorat, des manifestations, des occupations d'établissement, l'Institution n'a pas plié. Si bien que pour se faire entendre, les syndicats ont, de façon unitaire, lancé un préavis de grève pour des épreuves anticipées du Bac qui concernent les sections STG. Ainsi, selon les syndicats, plus de la moitié des examens de langue (anglais, espagnol, allemand) prévues jeudi et vendredi derniers, lundi et hier, n'ont pas pu avoir lieu. Il reste des épreuves vendredi. Une première à Nerval qui traduit le ras-le-bol des enseignants. « Tous les ans, on nous supprime une classe alors que les effectifs sont stables voire en augmentation, tonne Philippe Denais, prof d'arts plastiques. Une classe de seconde en moins, c'est une catastrophe. Ensuite c'est une première et une terminale en moins. » D'après le collectif, c'est la structure pédagogique du lycée qui est menacée.
Selon ces profs, le taux de remplissage à Nerval est important, plus qu'à Vinci ou à Villers-Cotterêts, de l'ordre de 34 élèves par classe.
« Nous avons 41 % de public défavorisé, explique une gréviste, beaucoup plus qu'au niveau national. Pourtant, on ne laisse personne sur le carreau. Nous avons même eu des compliments l'an dernier pour la réussite obtenue. Et maintenant on est puni. »
Un préavis pour l'épreuve de philo
Tous les élèves de troisième ayant choisi Nerval dans leurs vœux ne pourront pas intégrer l'établissement. Ils devraient être affectés d'office ailleurs. « Nous avons demandé au rectorat quels étaient les critères pour intégrer tel ou tel lycée, mais nous n'avons toujours pas de réponse », poursuit M. Denais.
Quant aux examinateurs grévistes, ils devraient être convoqués de nouveau la semaine prochaine pour de nouvelles épreuves. Reste à savoir si les syndicats déposeront un autre préavis de grève.
Pour l'instant, les parents d'élèves soutiennent le mouvement. D'après Philippe Denais, les élèves « le prennent plutôt bien ». Les enseignants semblent en tout cas déterminés. Ils se sont même constitués une caisse de solidarité pour que la perte de salaire subie par les grévistes examinateurs soit partagée par l'ensemble des collègues engagés dans ce bras de fer.
Un préavis de grève a d'ores et déjà été déposé à partir du 16 juin, date de l'épreuve de philo. Le rectorat (*), de son côté, n'a pas encore réagi.
Isabelle BERNARD
ibernard@journal-lunion.fr
* Nous n'avions pas encore les réponses du rectorat au moment de boucler le journal, mais ne manquerons pas de faire part de leur réaction dans une prochaine publication.
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site






Réagissez