Me William Bourdon : « L'enquête avance »

Me William Bourdon : « L'enquête avance »

Publié le samedi 04 décembre 2010 à 12H00 - Vu 924 fois

« Les parents sont soulagés. Fin septembre, ils ont pu rencontrer les deux juges d'instruction qui ont pris connaissance de l'intégralité de la procédure. Ils ont semblé à la famille déterminés à tout faire pour que le voile se lève sur les circonstances entourant le décès d'Ophélie. » Il y a un an, Francis Bretnacher, le père de l'étudiante rémoise, ne supportant plus l'inertie de la justice française qui paraissait comme tétanisée face aux lacunes de l'enquête menée en Hongrie avait confié la mission à Me William Bourdon et à Me Léa Le Forestier de relancer l'enquête par le biais d'un dépôt de plainte contre X avec constitution de partie civile.
Depuis le 18 février, date de l'ouverture de l'information judiciaire pour enlèvement, séquestration, suivi de meurtre, « l'enquête avance. Les juges ont indiqué à la famille le programme d'actions pour l'année 2011 », certifie Me Bourdon qui se refuse à être plus précis évoquant le secret de l'instruction. L'avocat ajoute cependant : « Plusieurs des documents ou prélèvements qui tardaient à nous parvenir de Hongrie sont revenus. Une partie, pas tous. »
Dans nos colonnes, il y a un an, Francis Bretnacher, pointait plusieurs lacunes dans l'enquête : la datation approximative du décès par les experts hongrois et la mauvaise conservation du corps à Budapest entre les deux autopsies. Plus grave, il évoquait l'absence d'analyse des diatomées (algues microscopiques) qui aurait permis de déterminer le lieu de la noyade.
En dehors du travail des médecins légistes, celui des enquêteurs hongrois semble également laisser dans l'ombre plusieurs points importants. Les données des bornes téléphoniques situées sur le parcours de la Française n'ont pas été exploitées. D'autres témoignages ne semblent pas avoir été suffisamment approfondis, comme celui de ce promeneur qui assure avoir entendu les cris d'une jeune femme, quasiment au moment où les dernières vidéos captent Ophélie et à proximité immédiate de l'endroit où son sac a été retrouvé.
Et que dire de la présence inexpliquée d'un hématome sur la cuisse intérieure de la jeune femme, l'absence d'empreinte et de traces ADN sur le pont où le sac d'Ophélie a été retrouvé. Enfin, la victime a été retrouvée dans un lieu à contre-courant. Improbable que son corps ait échoué à cet endroit si elle est tombée du pont des chaînes… Des lacunes, des invraisemblances dont Francis Bretnacher complète inlassablement la liste depuis deux ans.

L'union l'Ardennais