Publié le mardi 07 février 2012 à 10H35 - Vu 316 fois
Un plan stratégique conforté par la crise économique.
SAINT-QUENTIN (Aisne). Le site MBK de Saint-Quentin dans l'attente du rapatriement de l'usine ibérique
Un an après l'annonce officielle du transfert d'activité de l'usine espagnole Yamaha à Saint-Quentin, rien n'est encore fait. « Il n'y a pas de calendrier précis », assure François Mazure, vice-président administratif de MBK, qui avance la période du premier semestre 2012.
C'est du côté espagnol que la situation s'est grippée. La décision de fermer l'usine, qui produit également des deux-roues, n'a pas été prise sans faire réagir les trois cents salariés concernés. Une proposition de reclassement pendant deux ans leur a été faite par le groupe aragonais Sesé, sous-traitant de Seat. Ce logisticien de métier cherche à se diversifier auprès de son donneur d'ordre. « Un accord avait été signé. La réaction du personnel le remet en cause. On saura d'ici au 15 février s'il tient toujours », résume François Mazure. Les salariés espagnols refusent le mode de calcul des indemnités de départ proposées, et la légalité même du transfert d'activité.
Vingt-neuf jours de chômage partiel
A Saint-Quentin, une solidarité syndicale s'est exprimée récemment, lors de la venue inattendue de « companeros » du syndicat CC.OO. « Ils jouent leur va-tout en espérant obtenir de grosses indemnités de la part de Yamaha », explique, compréhensif, Laurent Malezieux, secrétaire CGT du comité d'entreprise. « S'ils refusent la proposition de Sesé, leur charge de travail avec Yamaha court jusqu'à fin juillet 2012. » À raison de 4 500 scooters produits par mois en Espagne, c'est une charge de travail qui manquerait déjà au site axonais.
« Égoïstement, ce transfert d'activité est bon pour nous », ne cache pas Laurent Malezieux. « Le problème est que nous sommes le dernier site Yamaha en Europe, et que l'on continue de chuter. » En 2011, Saint-Quentin a produit plus de 50 000 deux-roues motorisés, et environ 25 000 petits moteurs hors bord.
« Depuis la crise de 2008, certains marchés comme l'Espagne ont chuté de 50 %, et l'Italie de 20 % », souligne François Mazure. « La crise a conforté la décision stratégique du groupe de regrouper les productions européennes à Saint-Quentin. Elle ne sera pas remise en question. »
L'usine de l'Aisne en tirera une bouffée d'oxygène. Mais, sans transfert effectif d'activité dès 2012, ses six cents salariés risquent d'en passer par du chômage partiel au second semestre. Le nombre d'heures a même déjà été calculé : 203, soit 29 jours.
Dominique Herbemont
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