Publié le mardi 14 février 2012 à 12H00 - Vu 289 fois
Des jeunes filles se préoccupent trop tard des moyens contraceptifs, un aveuglement dangereux.
LAON (Aisne). Le manque d'information chez les mineurs concernant la contraception est flagrant. Le planning familial œuvre pour tenter d'améliorer la situation.
L'ALLIANCE des mots mineur et contraception n'est pas la plus évidente qui soit. Pourtant, elle représente un enjeu sociétal majeur et peut, si la situation n'est pas abordée, aboutir à des situations très complexes de grossesses précoces et de tous les potentiels traumatismes qui les accompagnent.
Marie-Anne Jayyosi est sage-femme au centre de planification familiale de Laon, plus connu sous le nom générique de « planning familial ».
Du fait de l'organisation de la structure, c'est elle qui reçoit toutes les jeunes filles en demande d'information sur la contraception, elle également qui fournit le contraceptif à celles qui ont ou qui vont avoir une vie sexuelle active.
Lorsqu'elle évoque les quelque trois cent cinquante à quatre cents collégiennes et lycéennes qui viennent consulter chaque année, elle se déclare « effarée du manque de connaissance qu'elles ont du fonctionnement du corps humain et du peu de conscience des conséquences de leurs actes sexuels ».
56 IVG en 2011
« Elles sont nombreuses à ne se soucier de leur contraception que quelques mois après leur premier rapport parce qu'elles sont persuadées qu'une femme ne peut pas tomber enceinte lors de ce premier rapport. »
Le résultat est directement chiffrable et catastrophique puisqu'en 2011, à Laon, pas moins de cinquante-six interruptions volontaires de grossesse (IVG) ont été pratiquées sur des mineures. De manière moins extrême, 36 % des jeunes filles de moins de 18 ans ont déjà fait usage de la pilule du lendemain après avoir eu un rapport non protégé. Pour Marie-Anne Jayyosi, ces chiffres montrent bien que « beaucoup de travail reste à faire dans l'information des jeunes quant à leur sexualité ». L'une des causes de ce manque d'information vient directement des parents. « Ils ne sont que très peu à expliquer les choses nécessaires à leurs enfants, explique la sage-femme, c'est souvent la politique de l'autruche qui est préférée. Les parents se disent qu'en n'abordant pas le sujet, leurs enfants n'auront pas de sexualité active trop tôt, mais c'est un leurre. Les causes sont ailleurs et que l'on cautionne ou non l'action d'avoir des rapports sexuels à cet âge, il faut tout faire pour que ceux-ci se déroulent sans risque, s'ils ont lieu. »
Dans cette optique, elle espère qu'un « maximum d'adolescents soit sensibilisé à la nécessité de se protéger et, pourquoi pas, en passant via le planning familial qui reste ouvert tous les jours à la maternité, à deux pas des lycées et qui offre information, contraception mais aussi anonymat ».
Vianney PANNET
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site






Réagissez