Publié le samedi 10 juillet 2010 à 09H50 - Vu 979 fois
L'Urca volera désormais de ses propres ailes en ce qui concerne la gestion de ses effectifs. Une souplesse qui ne fait pas peur.
REIMS (Marne) Dès le 1er janvier 2011, l'Université de Reims Champagne-Ardenne sera autonome. Les réactions se bousculent autour de cette révolution de l'enseignement supérieur.
LA décision du ministère est tombée : vingt-quatre pôles universitaires en France ont été choisis pour devenir « autonomes » dès le 1er janvier de l'année prochaine. L'Université de Reims Champagne-Ardenne est dans le wagon. Que se cache-t-il derrière ce mot « autonomie » ? Les interprétations sont aussi multiples que les communiqués qui tombent les uns après les autres. Démantèlement des universités pour certains, opportunité et indépendance pour d'autres. L'annonce de Valérie Pécresse en cette période de vacances a, en tout cas, eu le mérite de réveiller les syndicats enseignants et les différents acteurs de la vie politique locale.
Si la direction de l'université s'est contentée d'un communiqué laconique, le député Robinet, lui, s'est fendu d'une déclaration des plus enlevée. Le député de la majorité « se félicite de ce passage » et que l'« Urca rejoigne ainsi les soixante-quinze établissements ayant fait le choix de gagner de nouvelles libertés ». Avant d'en remettre une couche. « La réforme va permettre aux universités de se doter de nouvelles responsabilités capables de placer notre système éducatif au cœur de la mondialisation. Pour atteindre ces objectifs, il nous faut des universités ancrées dans les territoires, ouvertes aux entreprises et à tous les acteurs de l'innovation et de la connaissance. » Ce sera donc effectif dès l'an prochain.
L'autonomie, c'est quoi ?
Alors si les responsables gouvernementaux décident d'annoncer cette réforme lors d'une période de vacances, on peut légitimement penser que c'est pour susciter moins de réactions de l'opposition. Concrètement, l'autonomisation de l'Urca, c'est une révolution. Ce sont désormais les directions des universités qui ont la charge de gérer leurs effectifs mais aussi la masse salariale qui les accompagne. Aux universités donc de réaliser les effets de levier adéquats pour lever les fonds nécessaires à leur existence. Charge désormais aux seules universités de faire émerger de nouvelles niches d'expérience scientifique. Du boulot donc en perspective pour des personnes qui se retrouvent, certes autonomes, mais sans guides et sans relais institutionnels.
De là à dire que l'on nous prépare une université à deux vitesses (mais n'existe-t-elle pas déjà ?), il y a un pas que Jacques Meyer, vice-président du conseil régional en charge de l'enseignement supérieur, ne franchit pas. « Je vois surtout que ce passage à l'autonomie est la reconnaissance de la bonne gestion et du bon travail réalisés par les dirigeants de l'Urca. Il est en revanche à souligner que les relations avec les collectivités ne changeront pas, les conventions ne sont pas remises en cause par cette réforme, la Région continuera à participer à la partie fonctionnement de la faculté. »
Le problème des moyens en personnels notamment restera, en revanche, le principal dossier à traiter pour les cadres de la fac, désormais seuls maîtres à bord.
Th.D.
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