Publié le jeudi 30 août 2012 à 10H25 - Vu 784 fois
Pierre et Fabienne ont fait une cinquantaine de kilomètres pour manifester devant le couvent.
[REPORTAGE] Au lendemain de l'arrivée de Michelle Martin au couvent de Malonne, rancœur et incompréhension restent vives chez les habitants.
CENT-DIX ans qu'elles sont installées dans ce gros village intégré à l'arrondissement de Namur et qu'elles y mènent leurs vies de prières, d'oraisons et de louanges. Et voilà que depuis 48 heures, les onze sœurs Clarisses de Malonne se retrouvent face à un déferlement de hargne.
Mardi, la Cour de cassation belge a levé les derniers obstacles juridiques à la libération de Michelle Martin. Le soir même, arrivé sous bonne escorte face aux quelque trois cents manifestants qui étaient venus hurler haines et incompréhensions, l'ex-femme et complice du meurtrier pédophile belge Marc Dutroux, tout juste sortie de prison après avoir purgé seize des trente années de prison auxquelles elle avait été condamnée, passait sa première soirée en compagnie des nonnes. Conformément à la règle de saint Benoît, celles-ci avaient accueilli leur hôte comme s'il était le Christ. Une hospitalité très mal comprise par la population locale.
"Hystérie collective"
Hier matin, ils étaient encore une poignée à clamer leur indignation. Pierre et Fabienne sont venus de Hannut, situé à une cinquantaine de kilomètres de Malonne. « Nous sommes catholiques et nous ne comprenons pas pourquoi ces religieuses ont fait ça, résume l'épouse. Ce n'est pas la Bible, c'est inadmissible ! En accueillant ce monstre, elles se discréditent. » Dépassé par ses émotions, son mari répète : « Le bon Dieu est devenu sourd ! » Silencieuse, une femme brandit le portrait de Mélissa Russo et Julie Lejeune, deux des victimes du couple Dutroux.
Derrière elle, Le chemin qui mène au 41, rue des monastères est toujours bien gardé. Les policiers, dont la présence massive autour du site ne pourra être qu'éphémère, refusent de dire jusqu'à quand sera assurée la sécurité permanente du couvent. Devant la porte de ce beau bâtiment mangé par le lierre, une bonne vingtaine de journalistes font les cent pas. Sous une vierge en pierre, quelques fleurs et peluches, laissées la veille, encadrent les photos de victimes.
Quelques instants plus tard, un des manifestants, passé par un sentier herbeux qui serpente entre quelques maisons cossues de ce quartier résidentiel, réussit à déjouer le dispositif des forces de l'ordre et se retrouve devant le couvent. Vite repéré par un policier, il est invité à rebrousser chemin :
- Je voulais seulement voir la maison du monstre ! Vous savez, j'ai participé aux fouilles à l'époque, j'ai vu les corps des enfants, j'ai vu l'horreur !
- Ce n'est pas le lieu pour faire une tribune, Monsieur.
- Je sais ! Mais de l'imaginer là, à quelques mètres, ça revient en moi !
- Je comprends mais il faut y aller, Monsieur. Maintenant.
A l'évidence, les plaies laissées par l'affaire Dutroux restent à vif. Nombreux sont les locaux qui rappellent spontanément « qu'il y a une crèche à 200 mètres du couvent et trois écoles à Malonne ! »
En train de promener sa filleule dans une poussette, Audrey, 22 ans, lâche : « Je suis écœurée, ça se résume à ça. Malonne ne va pas être tranquille avant un moment. Des gens ont déjà promis de revenir y manifester chaque soir. »
À l'arrêt de bus, ces adolescents ne disent pas autre chose : « Michelle Martin n'est pas la bienvenue, sa place est dans une cellule », annonce l'un. « Tant qu'elle ne s'approche pas de mon école, y'a pas de souci », nuance l'autre.
Parfois, les raisons de la colère changent : « C'est la justice qui est mal faite », avance Mélanie, 21 ans et originaire de Meux, là où était passé un certain… Marc Dutroux. « Faire ce qu'elle a fait et sortir après seize ans, c'est révoltant ! Le problème, ce n'est pas qu'elle soit là, c'est qu'elle est sortie ! Il faut changer la loi. »
Au bistrot « L'Auberge de Malonne », la nouvelle vie de Michelle Martin est, là encore, sur toutes les lèvres : « Sa place est au fond d'un trou !, s'emballe Anne. Qu'elle souffre comme elle a fait souffrir ! »
Plusieurs hommes au comptoir acquiescent vigoureusement. Et que se passera-t-il le jour où Michelle Martin sera aperçue dans les rues de Malonne ? « Moi, je ne la tuerai pas mais d'autres le feront. » Là encore, quelques clients hochent la tête.
Sur le parking voisin, plusieurs voitures affichent un même tract sur la vitre arrière : « Non à M.M. à Malonne. On tient à notre tranquillité et à la sécurité de NOS ENFANTS ».
Au milieu de cette vindicte populaire, Alain, enseignant à la Haute école de Namur (Henam) semble plus sage : « Je ne participe absolument pas à cette hystérie collective. La justice doit être la même pour tous. La loi prévoit qu'elle peut sortir en conditionnelle alors pourquoi ne le pourrait-elle pas ? Juste pour elle, on appliquerait la loi du talion ? Oui, peut-être qu'il faut changer la loi… Les avis violents m'ont toujours fait peur. Après, je ne peux que respecter ce que pensent ces gens mais c'est toujours dangereux de céder à l'arbitraire. »
Mathieu LIVOREIL
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Les dernières contributions
caca
31/08/2012 à 13h26
excusé moi "lafrite" j ais très mal compris ,veuillez accepté mes excuses
caca
31/08/2012 à 12h32
lafrite je ne partage pas ce point de vue,on ne tue pas sa femme parce que l on est cocu ou parce qu elle nous abandonne!
si c est ça l amour !
sedanais
31/08/2012 à 09h20
il est certain que cette monstre n aurait jamais du sortir de son cachot et cela doit etre atroce pour les familles surtout qu à son age elle peut repartir pour
une aute vie ,alors qu elle , elle a prit la vie de jeunes filles pour l éternité.
personne n en parle mais nous autres français ,je ne sais pas quelle année ,mais un jour nous serons confrontés à la demande de mise en liberté de la femme de fourniret si bien sur elle vit jusque là...
la cour d assise des ardennes en a décidé ainsi..
lafrite
31/08/2012 à 00h01
Il y a plus de 30 ans j'ai rencontré plusieurs fois chez une voisine un monsieur marié, père de 3 enfants qui avait tué son rival. C'était un type correct, travailleur mais un peu immature. Il a quitté la région, trouvé du travail et refait sa vie. C'était un crime passionnel avec préméditation. Je n'ai jamais jugé cet homme ni éprouvé de la peur ni de la haine.
Là, dans le cas de Mme Martin, c'est différent, je ne voudrais même pas l'approcher ni lui parler car je ne peux pas admettre qu'un être humain, une femme laisse mourir des enfants.
La rédemption : çà me dégoûte !
Je pense aux familles des deux petites qui sont obligées de vivre avec toutes les souffrances.
willyboyjunior
30/08/2012 à 23h53
PS ! Il faut que je révise ma conjugaison, ainsi que mes participes... Je fais pas mal de fautes... Mais je ne relis jamais ce que frappe. C'est idiot non. Alors c'est la vitesse de frappe... ! Mais aussi beaucoup la colère envers la stupidité des Hommes, et de ces atrocités que l'on voient tous les jours dans le monde.
willyboyjunior
30/08/2012 à 23h34
Il est tard, et j'ai passer en revu et même plus que tout les articles du canard. C'est ma dernière contribution pour ce soir.
-Jadis sous la Rome antique on disaient des "pontes" que leurs moeurs étaient barbares, car ils avaient vite fait de juger les gens, "eh allez hop" ! à la fosse aux "crocos" Maintenant les siècles ont passés, mais en Europe, les punitions ne vont plus de paires du tout avec les atrocités commises. Il n'y à pas très longtemps encore l'on envoyait les malfrats Français à Cayenne pour parfois rien. Et il mourraient là-bas. Mais cette femme ne mérite pas de vivre, il faudrait quand même revoir la peine de mort pour des cas comme ça.
PiCaro
30/08/2012 à 23h27
@politinco ... 30/08/2012 ... 21h14 ...
D'accord avec vous sur presque tous vos écrits ...
Néanmoins, il me serait incapable de voir, regarder, croiser, parler, et même imaginer que ce "monstre" de femme puisse être à mes côtés ...
Il me serait impossible de supporter de la voir, qu'elle vive , et qu'elle ait fait autant d'horreurs avec des petites filles innocentes ...
Je sais que je vais être censurée mais je hais cette femme et je lui souhaite de mourir dans d'atroces souffrances.
politinco
30/08/2012 à 21h14 | 1
on prétend que des enfants ont pu être enterrés dans les jardins de certains couvents... Michelle Martin connait certainement ces histoires. Je souhaite qu'elle s'en imprègne fortement afin que celles-ci l'empêchent de trouver un sommeil profond et que des cauchemars encore plus horribles que ceux qu'elle à fait subir à ces pauvres fillettes viennent la poursuivre nuit après nuit pour finalement la conduire à une folie comparable à la mort. Ainsi, Les enfants martyrs tiendraient leur vengeance.
caca
30/08/2012 à 21h09
il a perdu la foi lesanglier08,faut pas d’éloigné du troupeau !ou faire comme moi rester laïque et sans religion libre de penser a ma guise !!
Commentaires anonymes
30/08/2012 à 20h54
le sanglier 08 ; une personne comme ca je suis pret à la tuer de mes propres mains et pourtant je suis croyant .
dites moi sanglier si vous êtes croyant vous voudrez bien relire le 6 eme commandement SVP.
caca
30/08/2012 à 19h40
willyboyjunior non pas les bêtes les pauvres ! faut pas les empoisonnées
caca
30/08/2012 à 18h52
oui j oublier savez vous combien il vont payer pour tous ça ?,moi j ais entendu 120000euros par mois pour la protéger
caca
30/08/2012 à 18h48
"lucreims" Vous savez bien qu'en religion "on ne juge pas les autres"
faut arrêter,les curés et le reste ne valent pas mieux,et depuis quand n ont ils pas le droit de juger,mais alors pourquoi ce permettent ils de condamné le port du préservatif dans des pays d Afrique et d ailleurs ou anti avortement et j en passe!!
de plus vous oubliez les hommes d église (monstres)qui ont abuser de jeunes enfants!.
moi je pense que ces demoiselles vont faireleur petites affaires entres elles!!
je trouve lamentable que l église se mêle de ça surtout qu elle n est pas si net que ça (l église)
willyboyjunior
30/08/2012 à 18h47 | 1
Qu'on la jette à des animaux sauvages et affamés.
02JPS
30/08/2012 à 17h44
Libération trop hâtive???? c'est au législateur d'étudier ce type de circonstance.
Reste le choix du lieu...... N'y avait-il pas d'endroit plus éloigné, discret et isolé?????
LESANGLIER08
30/08/2012 à 17h19 | 1
c'est une honte, vous voyez pas les parents des victimes le mal que l'on leurs faits apres l'horreur qu'ils ont déjà subit pour le mal qui a été fait a leurs enfants surtout je vous en prie MRS LES POLITICIENS EUROPEENS,renfermer ce fauve et au moins les parents pourront se dire on a été entendus et je suis francais et j'espere de tout coeur que les parents seront entendus je m'associe avec eux et je vous dit que moi une personne comme ca je suis pret a la tuer de mes propres mains car ces personnes la ne redeviendront jamais des humains et honte a l'église et pourtant je suis croyant
lucreims
reims
30/08/2012 à 17h02
cesse51
Vous savez bien qu'en religion "on ne juge pas les autres"
HAWK51
je veille
30/08/2012 à 16h45
Pour les "oficionados", un peu de patience et vous verrez, dans quelques années elle écrira son livre et il sera publié...
cesse51
30/08/2012 à 16h27
je ne suis pas étonnée de la position des soeurs elles ne jugent pas elles estiment que cette personne a effectué sa peine de prison et je suis même sûre que les soeurs pensent que cette femme doit se racheter et qu'elle doit être sauvée.ce n'est pas ma position bien sûr je pense que si cette femme veut absolument aller dans un monastère il faudrait carrément un cloitre avec aucune possibilité de contact avec l'extérieur et surtout que cela se trouve très éloigné des habitations comme ça elle pourrait méditer sur toutes les horreurs qu'elle a fait subir aux victimes.et puis pour moi elle devrait faire une peine de prison beaucoup plus lourde avec moi elle sortirai de prison a un âge très avancé en étant sûr qu'elle ne pourrait plus nuire a personne.
ray002
30/08/2012 à 15h02
La justice ; c'est la justice , la morale c'est autre chose et là pour Malonne , il y a mal donne et la Madonne pour une scélérate.......ainsi soit-il !!!
clemence08
30/08/2012 à 13h59
on critique, et moi la premiere, souvent la justice francaise...mais la, honte a la justice belge, gerbant!!!
politinco
30/08/2012 à 13h48
considérant que ces petites victimes sont des martyrs et qu'elles ont donc trouvé leurs places au paradis, les autorités chrétiennes acceptent donc de bonne grâce la présence de cette criminelle au sein de cette communauté...je sais que ma déduction va faire hurler, mais elle est plausible.
tjackie52
SAINT-DIZIER 52100
30/08/2012 à 13h34
khaly02 30/08/2012 à 12h46
Bonjour, très bonne analyse.
C'est sur que cette libération ne peut être comprise mais il faut que les gens manifestent auprès de leurs élus nationaux afin qu'une loi concernant ce genre de problème puissent être adoptée.
Les "Religieuses" ne sont pour rien dans cette douloureuse à faire.
J'ai bien aimé votre écris.
Commentaires anonymes
30/08/2012 à 13h26 | 1
justice de merde pas mieux qu'en france
khaly02
30/08/2012 à 12h46 | 1
les catholiques ne comprennent pas les religieuses ? alors là je rigole ils sont catholiques ? et le pardon ?
j'admire les parents des petites victimes qui restent en dehors de cette chienlit.
au lieu de vous en prendre aux religieuses et de "polluer" un si joli village retournez vous contre la justice.
et non je ne soutiens rien puisque ma position est la suivante : on devrait l'expédier dans une île déserte là elle aura Dieu pour elle seule puisqu'elle s'est rapprochée de lui semble--il !
Doug
30/08/2012 à 12h44
C'est honteux. On a l'impression que la Justice a oublié la calvaire des petites victimes ainsi que la souffrance de leur parent !!! Et ça ce n'est pas possible. Il s'est peut-être écoulé 16 ans, mais la douleur immense est toujours autant présente. Et je comprend la colère des gens et la peur de la voir dans leur commune, avec le risque qu'elle recommence. Car un monstre comme elle, ne devient pas ange du jour au lendemain ! Et de dire soit disant qu'elle a changé est peut-être une grosse mascarade. Courage aux familles, et aux habitants. Les français sont de tout coeur avec vous !
mbj51
30/08/2012 à 12h38 | 1
Libérée, c'est bien le mot... Elle n'a aucune obligation de rester dans ce couvent et peut aller où bon lui semble. Monstrueux pour les proches des victimes. Eux, ils ont écopé à vie de la souffrance, ils n'auront aucune remise de peine, rien ne leur rendra leurs enfants. Pire, cette libération d'un des bourreaux de leurs petites les condamnent au désespoir et renforce une torture de tous les jours... 30 ans derrière les barreaux, ce n'était pourtant pas beaucoup compte tenu de l'atrocité des crimes et cela aurait dû être incompressible. Ne parlez pas d'hystérie collective. Quand cette personne a été jugée, les juges se prononçaient-ils pour qu'elle soit libérée 15 ans après au lieu de 30 ? Combien de personnes seraient en vie si des remises de peine n'avaient pas été systématiquement accordées ? L'instituteur de Namur garde la tête froide, ce ne sont pas ses gamins. Mais allez vous étonner que les familles puissent avoir des gestes désespérés, elles à qui on n'apporte même pas l'apaisement.
amourange
30/08/2012 à 11h53
En quelque sorte ces habitant revivent l'horreur et aussi,comme je comprend leurs colères.
Comment pourrait-il en être autrement.
Libérée déjà c'est incompréhensible ,mais ce "refuge" dans un couvent ne peu qu'accentuer la colère.