Publié le jeudi 16 février 2012 à 11H31 - Vu 512 fois
Un membre de l'association ATF a calculé qu'en janvier, les retards s'élevaient à 10 heures et 21 minutes !
SOISSONS (Aisne). Les associations d'usagers de la ligne Paris-Laon demandent une indemnisation à la SNCF « en reconnaissance de la souffrance des gens ».
UNE AVOCATE de la région lyonnaise s'est vu remercier en raison de retards répétés. Pas qu'elle fut restée à flemmarder au lit. Pas du tout, c'est juste que son train arrivait souvent en retard. Elle réclame 45 000 euros à la SNCF de dommages et intérêts pour le préjudice causé. Ce n'est pas une première. Un homme avait gagné son procès pour les mêmes raisons voici quelques années.
« Stress »
Cela pourrait bien arriver à n'importe quel usager de la ligne Paris-Laon, parent pauvre du réseau TER. Ils sont des centaines à se rendre chaque jour pour travailler à Paris. Il faut dire, les emplois, ça ne court pas les rues ces temps-ci dans le Soissonnais. Se rendre quotidiennement en région parisienne est devenu pour beaucoup une nécessité. Ce n'est déjà pas une partie de plaisir : 1 h 10 de trajet au mieux (en arrivant de Soissons, un peu plus de Laon), auxquels il faut ajouter le parcours en métro, en bus ou en RER… Ainsi que les nombreux retards et annulations, dont aucune semaine n'est épargnée. Un membre de l'association ATF a calculé qu'en janvier, les retards cumulés s'élevaient à 10 heures et 21 minutes, soit une journée et demie de travail.
Pour la Soissonnaise Sylvie Girard, sa présidente, « les gens sont mis en difficulté psychologique en raison d'un grand stress ». Elle n'a pas connaissance de salarié licencié en raison de retards. Toutefois, le préjudice n'est pas nul, loin de là. « Certains sont pénalisés par rapport à d'autres collègues, ou alors, ils sont montrés du doigt. »
Du coup, il faut souvent partir plus tôt le matin et plus tard le soir pour rattraper le travail. Ou ne pas déjeuner le midi.
Ça passe dans les métiers de service, mais pas lorsqu'il faut pointer. « Ça va que les gens sont attachés à la région et qu'ils y ont leur famille », observe Mme Girard.
ATF mais aussi l'ADU (Association des usagers de la ligne Paris-Laon) réclament une indemnisation à la SNCF pour les retards très importants enregistrés en 2011, « en reconnaissance de la souffrance des usagers », insiste Sylvie Girard. En 2010, les clients de la ligne avaient obtenu de payer 50 % d'un abonnement mensuel.
La situation ne devrait pas s'arranger, en raison notamment du cadencement, précise Lionel Toussaint de l'ADU, qui présage « de nouveaux retards ».
Le 20 janvier, lors d'un déplacement à Creil, le président de la SNCF, Guillaume Pepy, avait, devant les associations d'usagers, « reconnu que la situation de la ligne K était mauvaise », rapporte d'ADU-FNAUT. L'objectif étant de réduire l'irrégularité de cette ligne de près de 50 %.
Une nouvelle rencontre avec le directeur de cabinet de Guillaume Pepy devrait se tenir d'ici trois mois.
Isabelle BERNARD
www.a-t-f.fr adu.paris-laon.over-blog.com
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