Les locaux de l'unité Alzheimer sont toujours vides

Les locaux de l'unité Alzheimer sont toujours vides

Publié le samedi 20 novembre 2010 à 12H00 - Vu 342 fois

Depuis  février 2009,  des locaux  tout neufs destinés à l'unité Alzheimer sont désespérément vides. La cause : on ne trouve pas les sous pour financer  le personnel !

A-t-on oublié l'unité Alzheimer à la maison de retraite Bellevue à Château-Thierry ? Il faut croire que « oui », car depuis presque bientôt deux ans, les locaux qui sentent encore la peinture fraîche, sont vides. Il y a bien des lits dans les 16 chambres de l'unité mais point de patient à l'horizon. Les parties communes aux couleurs ensoleillées sont équipées de fauteuils colorés et de jolies tables en bois clair, mais personne ne s'y attarde. Quant au couloir, il ne connaît encore aucun va-et-vient…

Où est le personnel ?

En janvier 2009, le directeur de l'hôpital de l'époque, Jean-Paul Houlier et Michel Fiani, directeur de la CME (commission médicale d'établissement), avaient poussé un coup de gueule lors de la cérémonie des vœux. Ils avaient indiqué haut et fort, avec ironie : « Vous êtes dans un lieu de vie sans vie… » Depuis, malheureusement, rien n'a bougé.
Pourquoi un tel établissement, dont l'ouverture était attendue par les proches et malades d'Alzheimer, tarde-t-il à ouvrir ses portes ? Le plan Alzheimer (2008-2012), lancé par le chef de l'État, Nicolas Sarkozy et doté d'1,6 milliard d'euros sur cinq ans, n'était-il que poudre aux yeux ? À Château-Thierry, les « tutelles », entendez conseil général de l'Aisne et ARS (Agence régionale de santé), ont financé des locaux mais pas le personnel pour entourer les patients ! Un comble pour des malades qui manquent de repère ! Pour pouvoir fonctionner et accueillir la vingtaine de malades en attente, l'unité aurait besoin d'une quinzaine de personnes.

Déshabiller Pierre…

« À l'origine en 2005-2006, il était envisagé que l'unité ouvre avec les moyens de la maison de retraite, relate Nathalie Dagneau, la directrice. Mais depuis, le contexte a changé, la crise est passée par là, les personnes accueillies sont aussi plus âgées, et les contraintes réglementaires de plus en plus exigeantes. » Résultat : les suppositions d'hier ne sont plus celles d'aujourd'hui, et il n'est plus question de déshabiller Pierre pour habiller Paul. Pour info, 215 résidents sont actuellement accueillis à Bellevue. En face, 110 personnels soignants et 20 administratifs.
Contactés l'ARS et le conseil général de l'Aisne assurent unanimes que le dossier castel est étudié de manière « approfondie » pour l'un, « qu'il est prioritaire » pour l'autre. Preuve en est : une réunion de travail est programmée le mercredi 24 novembre avec l'ensemble des partenaires, histoire de lever « les difficultés qui entourent ce dossier ».
Lesquelles précisément ? « C'est trop technique pour vos lecteurs, ça ne les intéressera pas ! », répond Cécile Guéraud, responsable du département handicap et dépendance à l'ARS. Pourquoi tarder à s'en préoccuper si le dossier est dit-on prioritaire ? « L'ARS s'est restructurée en avril dernier, il nous fallait du temps pour rassembler les éléments auparavant gérés par la DDASS. » Aux patients d'apprécier…
Et qu'en pense le maire Jacques Krabal, président du conseil de surveillance (ex-conseil d'administration de l'hôpital) ? « Les tutelles auraient dû se poser la question du personnel en amont. J'espère qu'une solution sera trouvée avant la fin de l'année et qu'à la prochaine cérémonie de vœux, on puisse enfin annoncer une bonne nouvelle. De mon côté, je n'ai pas arrêté de relancer l'ARS et les services du département. »
Frédérique PETRE

L'union l'Ardennais