Publié le jeudi 09 février 2012 à 10H41 - Vu 33 fois
Adrien Donat ne veut pas encore penser à la N1. En cas de défaite samedi soir, elle constituera pourtant l'avenir à court terme du SQV.
L'avenir du SQV au niveau professionnel se joue samedi face à Orange. Une défaite devant la formation de Brice… Donat et la relégation saint-quentinoise serait quasiment actée. Scénario pas encore envisagé par Donat père, Adrien.
ON le sent usé, lassé de jouer les Don Quichotte et de se battre contre des moulins à vent. Deux ans que le Saint-Quentin Volley rame et que son président est assigné aux galères.
« Il y a de la fatigue mais je ne baisserai les bras que si je ne peux pas faire autrement ! » En pleine phase de récolte, sonnante et trébuchante, de sa taxe d'apprentissage liée à la labellisation de son centre de formation, le président saint-quentinois parle sans détour.
Sur le match de samedi, sur ses attentes et sur l'avenir.
Samedi soir, vous saurez si le couperet a été repoussé d'une semaine…
« Nous jouons nos dernières cartouches. Il y a Orange et Martigues mais si nous perdons face à Orange, ce sera cuit. Tout le monde en est conscient, de l'entraîneur aux joueurs. J'ai rencontré Martin (Hroch, le coach) et les joueurs pour leur expliquer que c'était maintenant ou jamais. »
Ne sont-ils pas lassés d'entendre ce même discours depuis quelques semaines ?
« Je sens le groupe réceptif et mobilisé. Pour moi, les joueurs n'ont pas lâché. Maintenant, le fait qu'il n'y a pas de concurrence au sein de l'effectif n'aide pas les joueurs à se surpasser. J'ai dit à Martin qu'il fallait prendre des risques, casser la monotonie ambiante, changer des joueurs de poste car certains sont franchement décevants. »
«En cas de relégation, je vais devoir conserver les joueurs»
Faites-vous allusion au pointu Jakub Vencovsky ?
« Effectivement, je me pose des questions sur lui, sur ses compétences, sur son CV. Je lui ai même demandé si ce CV n'était pas bidon (coupe d'Europe, sélection nationale) ? Il me jure ses grands dieux que tout est vrai et cela fait trois ou quatre matches qu'il me dit que ça va aller. Mais je ne vois rien venir ! C'est un garçon poli, sympathique qui se défonce à l'entraînement mais transparent en match ! Cela me ronge car j'ai bien envie de m'en séparer mais je n'ai pas l'effectif suffisant pour cela.
« Lui aura une pression particulière sur les épaules face à Orange. Soit il se montre, soit il finit la saison sur le banc ! »
Ne regrettez-vous pas de ne pas avoir conservé Dario Dukic, Francis Tonemassa ou Brice Donat pour repartir en Ligue B ?
« Non parce que, pour les deux premiers, leurs salaires étaient bien supérieurs à ceux perçus par leur remplaçant aujourd'hui.<
Quant à Brice, c'est un choix sportif qu'il a fait. Toutefois, je reconnais que renouveler l'effectif à plus de 90 % chaque saison n'est pas la meilleure des choses. »
Avec le recul, ne regrettez-vous pas de ne pas avoir accepté la relégation administrative en N1 infligée par la Ligue en juillet dernier ?
« Parfois, je me le demande ! Mais si je me suis battu pour rester en Ligue B, c'est parce que notre centre de formation devait obtenir son agrément et qu'il y avait une potentielle rentrée financière à la clé, avec la collecte de la taxe d'apprentissage. »
Justement, où en est-elle ?
« Pour l'heure, ça fonctionne plutôt bien puisque des partenaires privés, qui ne s'intéressaient pas à nous, le font maintenant. On fera le bilan fin février (fin de la collecte).»
«La compétence, nous l'avons»
En cas de relégation en N1, que deviendra ce centre de formation ?
« Nous avons une année de dérogation sachant que ce centre de formation nous ramène de l'argent mais nous en coûte aussi. Et puis, en N1, le règlement est différent de la Ligue B, les joueurs ne pouvant passer de l'équipe première à la réserve. Il faut deux effectifs bien distincts. »
Ce qui veut dire que l'équipe C (en N3) en ferait les frais…
« Tout à fait, la troisième équipe sera éliminée. Si nous n'avons pas les reins assez solides pour faire de la formation et du sport de haut niveau, nous ferons comme Montpellier. On ne se focalisera que sur une seule équipe qui sera compétitive, le reste partira aux oubliettes. ».
Travaillez-vous déjà sur la probable future saison en N1 ?
« Pour l'heure, non ! Je reste dans l'optique du maintien.
De toute façon, il y a un règlement différent au niveau fédéral et vous n'avez droit qu'à trois ou quatre mutations donc je vais être obligé de conserver des joueurs de l'effectif actuel. »
Le retour d'anciens de la maison FLSQ n'est pas à l'ordre du jour…
« C'est difficile de faire revenir des personnes parties de leur propre chef. Il faut écrire une nouvelle page et ne pas travailler avec le passé. »
Ne vous êtes-vous pas brûlé les ailes lors de votre seconde saison en Ligue A (le SQV a fini 6e) ?
« Peut-être. Nous avons fait un effort financier pour faire venir des joueurs comme Vadeleux ou Toobal. Nous avons aussi montré qu'avec un peu d'argent, on pouvait bâtir une équipe qui tenait la route.
La compétence, nous l'avons mais tous nos malheurs viennent de l'argent ! Si nos partenaires ont la volonté de nous suivre et de repartir avec nous, on saura rebondir. Si tel n'est pas le cas, on jouera à notre niveau et basta ! »
Propos recueillis par Frédéric HOURIEZ
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