Publié le samedi 06 août 2011 à 10H53 - Vu 369 fois
AMIFONTAINE (Aisne). Dans la nuit de mardi à mercredi, la société Agronomic a été incendiée. 25 salariés ne peuvent plus travailler. Le responsable purgera un an de prison.
Une seconde pour allumer un carton, quelques minutes pour que le bâtiment s'embrase, 24 heures pour éteindre l'incendie et 72 heures pour en juger l'auteur.
Des faits qui se sont déroulés sur un court laps de temps mais dont les conséquences marqueront longtemps le cœur du village d'Amifontaine, où se trouvait l'entreprise Agronomic, dont il ne reste plus rien (voir l'union du jeudi 4 août). « Le préjudice dépasse déjà le million d'euros mais il devrait être plus précisément chiffré d'ici quinze jours », expose Étienne Biberon, à la tête de cette entreprise fabriquant des machines agricoles.
« Mais au-delà des conséquences matérielles, financières, ce sont 25 salariés et leur patron, soit 26 familles qui sont touchées par ce sinistre », rappelait Sandra Verbruggen, substitut du procureur qui faisait état de la présence de quelques-uns d'entre eux dans la salle malgré l'heure tardive de l'audience.
Le responsable : Vincent Immery est à la barre du tribunal correctionnel de Laon. Il a été interpellé moins de 24 heures après les faits. À 29 ans, l'homme s'est décomposé peu à peu pour finalement s'effondrer. Face à ses juges, les explications sont rares. Pour les enquêteurs, la plus évidente est celle de la vengeance. Vincent Immery espérait une embauche, son employeur n'a pas reconduit son CDD qui s'arrêtait le 29 juillet. « Il ne donnait pas satisfaction à son poste. Il n'y a jamais eu de problèmes relationnels, ni avec moi ni ses collègues, seulement des problèmes de compétences professionnelles ».
Les motivations
Et pourtant, Vincent Immery assure qu'il n'avait aucun grief à l'encontre de son ex-employeur. Alors, pourquoi avoir incendié l'entreprise Agronomic ?
Son avocate, Me Gwenaëlle Tainmont, avance une autre explication : « M. Immery a un comportement auto-destructeur. À la fin de son contrat, il a fait une tentative de suicide. Il a pris des cachets vendredi soir et s'est endormi. Habitant chez ses parents, personne ne s'est toutefois inquiété de savoir comment il allait. Il ne s'est pourtant réveillé que le dimanche et là, sa mère lui lance qu'il va falloir refaire son CV pour retrouver du boulot. »
L'avocate de la défense poursuit : « En mettant le feu à l'entreprise, il met le feu à l'objet de la discorde avec ses parents, cette entreprise qui n'a pas voulu le garder et qui lui vaut une nouvelle fois réflexions et railleries de ses parents. »
Se servant d'une expertise psychiatrique qui révèle d'importantes difficultés relationnelles de ce fils unique avec ses parents, Me Tainmont interroge : « Le mardi soir, vous étiez à un barbecue chez un ami à Gizy. Vous aviez bu. Quand vous avez quitté le barbecue, aviez vous envie de rentrer chez vos parents ». Celui qui habite Marchais de répondre par la négative. « Retardant son retour chez ceux qui avaient du mépris pour lui, il a machinalement pris le chemin du travail, chemin qu'il faisait depuis trois mois », rapporte l'avocate.
Alors, Problème psychologique ou intention malveillante ?
Une chose est sûre pour Étienne Biberon : « M. Immery connaissait très bien les lieux, il y a travaillé pendant trois mois. C'était le meilleur endroit pour tout brûler, il y avait des pneus, des solvants, des cartons. »
Celui qui ne parvenait pas à quitter le domicile de ses parents où il se sentait pourtant si mal, il dort depuis hier soir en prison. Les magistrats laonnois l'ont condamné à une peine de quatre ans de prison dont trois avec sursis. Il devra également se soigner et indemniser Étienne Biberon. Le préjudice de ce dernier sera évalué lors d'une prochaine audience, le 8 novembre.
Aurélie Marcotte
amarcotte@journal-lunion.fr
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