Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site Ou, cliquez ici pour l'ajouter au menu démarrer

Législatives 02 / Sprint final en direction du Palais Bourbon

Publié le vendredi 15 juin 2012 à 08H49 - Vu 132 fois


La gauche rêve d'un grand chelem, tandis que l'UMP espère sauver les meubles.

La gauche rêve d'un grand chelem, tandis que l'UMP espère sauver les meubles.


AISNE. Deux triangulaires, un duel de femmes et des ambitions très différentes selon les partis politiques caractérisent le second tour des législatives dans l'Aisne.

AVEC deux triangulaires sur les trente-cinq répertoriées dans tout le pays, le département offre une configuration originale à la veille du second tour des élections législatives qui se déroulera ce dimanche 17 juin. Des triangulaires sans lesquelles il y aurait eu parité puisque puisqu'il y aura cinq femmes en lice (aucune dans la troisième circonscription, mais deux dans la quatrième et une dans les trois autres) pour sept candidats. Pour le reste, le PS et ses alliés, l'UMP et le Front National, aborderont cette échéance électorale avec des ambitions fort différentes.
« On peut rêver d'un grand chelem, même s'il y a un an cela aurait paru prétentieux », lance Jean-Jacques Thomas, le premier secrétaire fédéral du PS. Pour l'instant, les résultats donnent raison à sa stratégie : « D'abord les primaires qui ont créé la dynamique de la victoire, puis le rassemblement autour de François Hollande et la présidentielle, rien que la présidentielle, car selon que l'on gagnait ou pas, on n'abordait pas l'étape suivante de la même manière. Et les législatives, on on a bénéficié, évidemment, d'un vote légitimiste et utile. »
Le succès de Marie-Françoise Bechtel, MRC inconnue dans la 4e circonscription, en est la meilleure illusttration axonaise. Une circonscription où, comme dans la 3e et la 5e, la gauche se trouve « en ballottage très favorable », considère Jean-Jacques Thomas. Reste le cas de la première circonscription où le PS estime qu'il n'y a pas de risque malgré le duel Dosière-Karimet et la 2e circonscription où le responsdable socialiste « croit très fort aux chances d'Anne Ferreira ».

Isabelle Vasseur en position délicate

A l'UMP, on fait plutôt profil bas. L'essentiel sera de sauver les meubles, c'est-à-dire les deux députés sortants, Xavier Bertrand dans la 2e et Isabelle Vasseur dans la 5e, le premier ayant nettement plus de chances que la seconde de s'en tirer. Mais l'UMP croisera aussi les doigts en espérant le retour des abstentionnistes et des reports de voix favorables car, paradoxalement, elle ne désespère pas d'avoir une voire deux bonnes surprises en profitant de la guerre interne des socialistes dans la première ou d'une volonté de rééquilibrage politique en Thiérache.
Présent uniquement dans la triangulaire de la cinquième circonscription, le Front National surprendrait beaucoup en envoyant Franck Briffaut, son candidat et secrétaire départemental, siéger au Palais Bourbon. Mais, pour le dirigeant frontiste, sa présence au second tour prouve que son parti a déjà franchi un palier : « Quand on parvient à s'implanter localement, on joue dans la cour des grands ». Mais le principal objectif avoué du FN est « de continuer à participer à la recomposition du paysage politique français ». À l'exception de la 2e circonscription, le FN n'a pas donné de consigne de vote. Mais la répartition supposée de son électorat sera étudiée à la loupe dimanche soir puisque, mathématiquement, ses voix seront dféterminantes dans toutes les circosncriptions à l'exception de la quatrième.

Jean-Michel ROUSTAND

1re circonscription :
Laon-La Rochelle, même combat! Duel entre socialistes et divergence entre le PS national qui soutient René Dosière et la fédération axonaise qui ne veut pas prendre parti, mais qui dit que c’est la faute Du député sortant. Sans oublier la femme du président du conseil général qui ne vote pas dans cette circonscription, mais qui soutient Fawaz Karimet sur Facebook. Ce qui n’a pas dû faire de la peine à Yves Daudigny qui trouve que René Dosière l’agresse un peu trop souvent sur le cumul des mandats. La partie est plus compliquée qu’il n’y paraît. Certes, le total des voix au premier tour de René Dosière et de Fawaz Karimet dépasse les 50 %. Mais François Hollande, au premier tour de la présidentielle, a fait un peu moins de 29 %.
D’où vient cet afflux de voix? Le logo du PS, qui passe de Karimet à Dosière, va forcément entraîner un transfert de voix. Mais, en se maintenant, Fawaz Karimet empêche aussi ses irréductibles partisans, ceux qui ne voteront jamais Dosière, de s’orienter vers Aude Bono. Laquelle peut espérer ramasser la mise avec des circonstances favorables, c’est-à-dire si les frères ennemis socialistes se neutralisent et si elle fait le plein des voix de droite, FN compris. Reste que René Dosière, qui a le soutien de la quasi-totalité des formations de gauche, a pointé en tête dans 8 cantons sur 9 et qu’en 2007 il a été élu en dépassant les 56 %.

2e circonscription :
Deux dynamiques s’affrontent. Celle qui porte la socialiste Anne Ferreira dans la foulée de la présidentielle qui a vu Hollande devancer Sarkozy sur la ville de Saint-Quentin et l’ensemble de la circonscription. Elle est parvenue à talonner Xavier Bertrand qui, contrairement à 2007, n’a pas été réélu au premier tour. Et celle du député sortant qui a réussi à inverser la tendance en prenant l’avantage au premier tour des législatives dans sa commune comme sur l’ensemble de la circonscription. La candidate PS tente de faire la différence sur la nécessité d’une majorité parlementaire pour le nouveau président de la République et joue sur la casquette d’ancien ministre de son adversaire. Xavier Bertrand privilégie son équation personnelle, met en avant son carnet d’adresses et privilégie certains thèmes comme son opposition au vote des étrangers et à la légalisation du cannabis. Les deux adversaires se renvoient aussi la balle en s’accusant réciproquement de n’avoir rien fait pour la situation économique du Saint-Quentinois. L’électorat FN, plus de 16 % au premier tour, sera en grande partie l’arbitre de cette confrontation. Marine Le Pen a appelé « à faire battre » Xavier Bertrand qui estime que la « vraie raison » de cette consigne c’est qu’il est « un des leaders de la droite qui écoute et qui parle aux milieux populaires ».

3e circonscription :
Jean-Louis Bricout a frappé fort au premier tour pour prendre la succession de Jean-Pierre Balligand puisqu’il a réalisé le même score que le député sortant en 2007. Une belle performance, encore portée par le réflexe légitimiste, car le maire de Bohain pouvait craindre un déficit de notoriété en Thiérache. Face à lui, Frédéric Meura a effectué un score décevant pour lui. Sa seule chance de salut réside dans un regain de participation chez les électeurs de droite, dans la 3e circonscription comme ailleurs les électeurs de gauche se sont nettement plus mobilisés, et dans d’excellents transferts de voix y compris du FN. Ce qui est loin d’être gagné tant l’électorat FN dans l’Aisne débarde aussi sur l’électorat traditionnel de gauche.

4e circonscription
Le vote légitimiste et la division de la gauche de la gauche ont fait la différence : la chevénementiste Marie-Françoise Bechtel investie par le PS a réussi son OPA sur la quatrième circonscription. Elle a devancé très nettement Jean-Luc Lanouilh (Front de gauche) et encore plus Frédéric Alliot (divers gauche), qui se disputaient l’héritage de Jacques Desallangre. Ces trois candidats de gauche dépassent ensemble la barre des 50 % sans les écologistes et l’extrême-gauche En face, Isabelle Letrillart est la candidate investie par l’UMP qui est sur le papier dans la situation la plus inconfortable. Entre les deux tours, elle n’a cessé d’attaquer la candidate socialiste sur le thème : « c’est une Parisienne parachutée, elle ne connaît rien à l’Aisne. Après s’être présentée dans l’Indre et à Paris, elle vient chercher une place dans l’Aisne. » Une notion que Marie-Françoise Bechtel combat depuis son arrivée, « le député est élu de la nation », en insistant sur son désir de défendre la 4e circonscription plutôit que d’entrer au gouvernement : « On n’est pas ministre contre sa volonté. Je ne serai pas ministre ».

5e circonscription :
Une « vraie » triangulaire avec Jacques Krabal, radical de gauche investi par le PS, Franck Briffaut, candidat du FN, et la députée sortante UMP Isabelle Vasseur qui est en position délicate. Mais, optimiste, elle rappelle qu’elle était sortie gagnante d’une triangulaire lors des cantonales de 2004 alors qu’elle était « arrivée dernière ». Ce n’est pas le cas cette fois puisqu’elle a viré en tête (31,22 %), devançant d’une courte tête le représentant de la gauche (29,79 %) et celui du FN (22,74 %). Outre l’incertitude sur la participation, deux paramètres décideront de l’issue de cette triangulaire : que feront les 9,79 % de l’ennemi juré de Jacques Krabal, l’écologiste Dominique Jourdain? Ce dernier laisse ses électeurs libres de leur choix mais les « invite à faire barrage à l’extrême-droite et à toutes les formes de populisme ». Une formulation qui ne fera pas de peine à Isabelle Vasseur. Deuxième élément : comment vont réagir les électeurs du FN? S’ils restent tous fidèles à Franck Briffaut, la partie sera difficile pour la députée sortante, s’ils sont suffisamment nombreux à désirer faire « barrage à la gauche », c’est pour Jacques Krabal que les choses se compliquent.

J.M.R.

Imprimer Recommander Wikio digg

Il n'est plus possible de contribuer à cet article.

Les dernières contributions


caistre

15/06/2012 à 12h50

votez votez ça cela doit etre le mot qu'il faut prononcer et faire votez!prouver que nous sommes des citoyens responsables,et que cela ne sert a rien de "gueuler",on a la chance de pouvoir d' etre dans un pay libre !profitons en!

Droits de reproduction et de diffusion réservés © www.lunion.presse.fr - ISSN 2110-5952