Publié le dimanche 23 janvier 2011 à 11H47 - Vu 889 fois
Un traitement lourd et coûteux qu'elle doit payer avec ses économies.
Linda Duval est atteinte de fibromyalgie. Une maladie que la « Sécu » ne reconnaît pas. En arrêt maladie, la jeune femme n'a pu toucher ses indemnités.
ÉPUISÉE. Linda Duval l'est déjà par sa maladie. La fibromyalgie. Un mal qui « a été diagnostiqué en 2009 par un neurologue de Reims. Je souffrais depuis plusieurs années, énormément. J'ai des douleurs et une grosse fatigue que je ne récupère pas pendant mes nuits », confie cette habitante d'Oulchy-la-Ville. À ce combat quotidien contre la maladie s'en est greffé un autre, tout aussi harassant contre la « Sécu ».
La fibromyalgie, maladie invalidante, n'est pas reconnue pas par les médecins de la Sécurité sociale. C'est ainsi qu'au cours d'un arrêt maladie, Linda Duval a reçu un courrier qui lui indiquait : « Suite à l'avis médical du 29 juillet 2010, le médecin-conseil de l'échelon local au service médical a estimé que vous étiez apte à reprendre une activité professionnelle à la date du 30 juillet 2010. En conséquence, le versement des indemnités journalières cessera le 29 juillet. » La jeune femme ne partage pas son avis.
Avec un traitement lourd, tout un protocole mis en place par le centre antidouleur de Reims pour la soigner, des prises de sang, des radios, une psychothérapie, de la kinésithérapie et toujours cette fatigue, ces douleurs, des pertes de concentration et de mémoire, elle n'imagine pas reprendre son poste de préparatrice en pharmacie.
Du coup, elle vit de peu, de ses économies qui passent dans les 285 euros de frais médicaux par mois qui ne sont pas remboursés. « La CPAM m'a coupé les vivres, le 29 juillet dernier et depuis, c'est la descente aux enfers. »
« Pas des malades imaginaires ! »
Linda Duval poursuit donc son combat, sur les deux fronts. Elle n'accepte pas la décision « arbitraire du médecin-conseil. On ne vous convoque même pas au moins une fois. On ne vous explique pas pourquoi. On ne vous laisse pas la possibilité d'argumenter. » Révoltée, elle insiste : « Ils ne veulent pas entendre parler de la fibromyalgie, mais on n'est pas des hypocondriaques, pas des malades imaginaires ! Il faut toujours se justifier, se justifier, se justifier. »
Ne seraient-ce que le diagnostic posé par un neurologue et le suivi du centre antidouleur du CHU de Reims devraient, selon elle, faire foi. Le comble, enfin : « La dépression est reconnue par la Sécu et pourtant, ça fait partie de ma maladie. »
Déclarée inapte par le médecin du travail le 21 décembre, elle a été licenciée le 6 janvier. Un mal pour un bien puisque « c'est le seul moyen de pouvoir retrouver des ressources financières, mais sans l'assurance de pouvoir retrouver un travail », avec un poste aménagé. Sa situation sera alors moins précaire. Il n'empêche : « Je veux récupérer mes indemnités journalières. »
Ludivine BLEUZÉ
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site






Réagissez