Publié le mercredi 25 janvier 2012 à 09H26 - Vu 1906 fois
La dépouille de Grégory Wiart a été acheminée à la morgue de Saint-Quentin où un médecin-légiste de la gendarmerie a opéré des prélèvements en vue d'une recherche ADN.Grégory Wiart était dans sa 23e année quand il a pris part à l'agression barbare d'Elodie Kulik.
JM Champagne
MONTESCOURT-LIZEROLLES (Aisne) Hier matin, la dépouille de Grégory Wiart a quitté le cimetière de Montescourt-Lizerolles pour la morgue de Saint-Quentin. Un prélèvement ADN a été opéré pour confirmer qu'il a bien violé Elodie Kulik en janvier 2002, 22 mois avant de se tuer sur la route.
TÔT hier matin, de nombreux gendarmes du groupement de l'Aisne investissent les abords du petit cimetière de Montescourt-Lizerolles. Comme prévu, ils interdisent l'accès aux trottoirs bordant le mur d'enceinte et bouclent la rue conduisant au portail d'entrée. Précaution supplémentaire, l'allée qui mène à la tombe de Grégory Wiart est masquée par une bâche tendue sur plusieurs mètres. Un petit chapiteau coiffe la sépulture, objet des investigations.
Sous un ciel nuageux, quelques coups de pioche percent le silence. Les employés d'une entreprise de pompe funèbre procèdent au déplacement de la pierre tombale avant que le cercueil ne soit extrait avec précaution. L'opération se déroule avec le concours des enquêteurs de la section de recherches d'Amiens, de techniciens en identification criminelle (TIC) et d'un médecin légiste de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN). La dépouille est déposée dans un compartiment placé à l'arrière d'un fourgon funéraire. Les proches parents du défunt n'ont fait le déplacement. Pas un curieux n'a davantage bravé le froid pour assister au ballet judiciaire qui intervient une semaine après le coup de théâtre de la révélation du nom de Grégory Wiart.
Il est environ 9 h 15. Deux motards ouvrent la route au fourgon mortuaire, également escorté de voitures de gendarmerie. Le cortège s'éloigne du cimetière en tournant le dos à la forêt de micros, de caméras et d'appareils photos plantée à distance raisonnable. Direction Saint-Quentin à une quinzaine de kilomètres. C'est là que le juge d'instruction, Jordan Duquenne, et le procureur d'Amiens, Bernard Faret, ont finalement décidé de faire procéder aux prélèvements sur la dépouille de Grégory Wiart, le violeur d'Elodie Kulik.
À la morgue de la cité des Pastels, le médecin-légiste de l'IRCGN, spécialement dépêché de Rosny-sous-Bois, prélève un morceau de peau et un bout de tibia afin d'établir la carte génétique de Grégory Wiart. Ainsi, elle pourra être directement comparée à l'ADN nucléaire - c'est-à-dire complet - découvert dans le corps d'Elodie Kulik et, à la fois, sur un préservatif abandonné à proximité. Cette analyse vise simplement à confirmer l'identification du violeur d'Elodie Kulik, confondu post-mortem au moyen d'une analyse ADN "par parentalité". Cette prouesse scientifique, appliquée à une enquête criminelle, est une première en France qui confirme l'avancée en matière de police technique. Les résultats devraient être connus "dans quelques jours", a indiqué le procureur d'Amiens.
Pendant ce temps, les gendarmes de la section de recherches d'Amiens continuent leur travail de fourmi qui vise à lister les personnes fréquentées par Grégory Wiart l'année de ses 23 ans. Ils ont ainsi bon espoir de mettre un nom sur ceux qui l'accompagnaient le jeune bourreau lors de cette virée sauvage de janvier 2002 où Elodie Kulik a été violée et tuée puis son corps partiellement brûlé. Les dix personnes interrogées la semaine passée sous l'effet de la surprise ont dû dire ce qu'ils savaient des habitudes et des fréquentations de Grégory Wiart. Ils ont aussi subi un prélèvement ADN. Leur profil génétique peut être comparé aux deux ADN mitochondriaux (transmis par la mère et qui ne franchit pas les générations), relevés sur une serviette éponge et sur une chaussette de la victime. Ces traces génétiques incomplètes, uniquement transmises par la mère et qui ne franchissent pas les générations, fonctionnent par exclusion, nécessitant des analyses complémentaires et un travail d'enquête classique au cas où une connaissance de Grégory Wiart ne serait pas rejetée par les analyses scientifiques. Dans tous les cas de figure, les comparses du violeur d'Elodie Kulik ont raison de se faire du mouron.
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Eric LAINÉ elaine@journal-lunion.fr Photos : Jean-Marie CHAMPAGNE
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