La stévia fait saliver les sucriers

La stévia fait saliver les sucriers

Publié le mardi 22 mars 2011 à 11H26 - Vu 527 fois

Tereos et Cristal Union investissent dans l'édulcorant d'origine naturelle.

Avec un pouvoir sucrant 300 fois supérieur à celui du sucre et n'apportant aucune calorie, autorisée depuis le début de l'année 2010, la stévia est devenue en quelques mois en France le nouvel édulcorant « d'origine » naturelle, ami des régimes sans produit chimique. Le mot « origine » doit être obligatoirement indiqué car ce n'est pas la plante qui est consommée
Aux Etats-Unis, les édulcorants d'origine naturelle auraient déjà conquis 2,5 % du marché du sucre en moins de cinq mois. Si Merisant, la maison-mère de Canderel, a réagi en créant Pure Via, les sucriers ont décidé d'agir. Ainsi groupe sucrier Téréos (Beghin Say), avec une approche d'approvisionnement, a créé au mois de septembre une joint-venture avec Pure Circle, le leader mondial de la production d'extraits de stévia. Tereos Pure Circle Solutions sera présente sur les principaux marchés européens de Tereos, la France, la Belgique, la République tchèque et l'Italie. Tereos et Pure Circle ont le projet de commercialiser auprès des industriels une gamme d'extraits de stévia et des solutions sucrantes mélangeant sucre traditionnel et stévia.

Deux difficultés : son goût et son coût

Leader sur le marché français du sucre (près de 29 % de part de marché), Tereos commercialise déjà auprès du grand public sa ligne aux extraits de plantes de stévia. Son concurrent, le groupe Cristal-Union (marques Daddy et Erstein) vient de signer lui un partenariat via sa filiale CristalCo avec les entreprises Mane et Lavolée. Cristal Union intègre donc dans ses métiers la filière complète, comprenant l'exploitation en Amérique du Sud de plusieurs centaines d'hectares de stévia rebaudiana, cultivés dans une des régions les plus efficientes, l'extraction des molécules par la société « high tech » du groupe, Burgundy, installée à Mâcon (France) et à Barcelone (Espagne).
Mais dans ce monde tout sucre tout n'est pas miel. Malgré ses multiples qualités, la stévia présente un problème. De taille. Son goût, on devrait même dire son arrière-goût laissant ressentir un parfum de réglisse. « Il va falloir que les industries trouvent une reformulation pour l'enlever », signale Philippe Reiser, chargé des affaires scientifiques pour le Cedus (filière sucre). D'ailleurs, le 3e congrès mondial de la stévia, qui aura lieu à Paris, sera consacré à ce challenge concernant la recherche et le développement. Une évidence devenue obligatoire si les industries agroalimentaires souhaitent intégrer l'édulcorant aux confiseries, gâteaux ou confitures. « En fait, la filière stévia est ainsi confrontée à deux barrières, celle du goût et celle du coût. »

Sophie Claeys-Pergament

L'union l'Ardennais