Publié le lundi 13 décembre 2010 à 10H25 - Vu 102 fois
Philippe Baudet ou la passion pour les arbres.
Tout jeune, Philippe Baudet, actuellement exploitant agricole, dans un petit coin de Thiérache, à Renneval, rêvait de se diversifier et d'étendre les activités classiques des gens de la terre de ce secteur, à sa passion pour les arbres. Philippe Baudet voulait se consacrer à d'autres registres, le métier de pépiniériste et de paysagiste notamment. Ceci en conservant, en parallèle, ses parcelles de terre et son élevage bovin.
Une coutume qui date du XVIe siècle
Derrière les bâtiments d'exploitation, à deux pas de l'église fortifiée et de la mairie du village, s'étend « son jardin secret ». Un espace qu'il aime faire visiter, compartimenté en parcelles où les fruitiers côtoient les arbustes d'ornement et… plus étonnant pour cette région de France, une petite sapinière, en fractionné.
Celle-ci est consacrée à l'arbre roi, symbole de Noël. Une tradition qui remonte aux temps païens, avec les Celtes qui considéraient le 24 décembre, comme le jour de la renaissance du Soleil, avec la coutume, par la suite, d'associer un arbre à chaque mois lunaire, en donnant à l'épicéa, le privilège d'être, ce jour-là, l'arbre de l'enfantement. L'Alsace a été la première contrée de France, au XVIe siècle, à adopter cette coutume, avec l'instauration du sapin ou arbre de Noël ou encore arbre du Christ.
C'est d'autant plus étonnant, de voir une telle exploitation, dans l'Aisne, que, statistiquement, la production de ces arbres se concentre dans le Morvan ou dans les Ardennes, régions d'altitude moyenne, au climat plus rude.
Dans son jardin extraordinaire, paré, en ce moment, de neige immaculée, un espace de calme et de quiétude qui fait le bonheur des faisans et des lapins, Philippe Baudet termine actuellement la coupe des arbres ou leur extraction avec leur motte pour pouvoir les replanter.
Trois arbres différents
Deux sortes d'épicéa sont travaillés par Philippe Baudet, le vert classique de Norvège (le picea abies Excelsa) ou le bleuté de Serbie (le picea abies Omorika) ainsi qu'un sapin qui ne perd pas ses aiguilles, très en vogue, le Normann, originaire du Caucase, à croissance plus lente et aux racines pivotantes.
« J'ai créé ma pépinière en 1995. Elle a été agréée en 2000, époque aussi où je me suis lancé dans le sapin de Noël, avec, à ce jour, environ 1.000 plants à entretenir », signale le pépiniériste.
Une affaire de patience puisqu'il faut 7 années pour que les spécimens atteignent les 2 mètres. « J'essaie aussi de travailler selon des méthodes les plus naturelles possibles, quasi bio, n'utilisant des produits de traitement que par extrême nécessité », ajoute le passion-né.
« Actuellement, je suis en pleine période de livraison, aux particuliers, aux communes, dans les écoles », autant de lieux qui préparent… leur arbre de Noël, pour le bonheur des enfants et des plus grands.
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