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La grande ferme au pas de course

Publié le mardi 28 février 2012 à 08H56 - Vu 123 fois


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L'enjambeur du lycée viticole d'Avize est très prisé, comme les deux tracteurs.

Espérance, au premier plan, tondue pour mieux mettre en valeur ses atouts... et ses tournedos.


REGION. Trois heures pour découvrir la plus grande ferme de France, c'est la suggestion que font les organisateurs à ceux qui n'ont pas le temps. Une promesse qui semble très ambitieuse. Chronomètre en main, faisons le test.

LES organisateurs l'affirment sans détour : parcourir le salon de l'agriculture en trois heures, c'est possible. L'offre s'adresse aux « citadins pressés ». Ajoutons ceux qui souffrent des pieds ou d'agoraphobie soudaine, et voilà un très large échantillon de visiteurs potentiellement séduits par le circuit. Mais est-ce vraiment possible ? Faisons le test et suivons le guide virtuel.
Le départ de cette course est fixé au pavillon 1. En résumé, le plus risqué en terme de temps. C'est ici que veaux, vaches, cochons et volailles de la France entière se sont fixé rendez-vous.

La mode et les bovins
11 h 55, du haut de l'escalier qui mène à cette immense ferme se dégage une marée humaine sans fin qui dresse le décor. Trois heures, vraiment ? Première étape : remonter « l'allée de prestige », suggère le guide, celle où se succèdent les différentes races de bovins. Les blondinettes Montbéliardes ouvrent le bal, suivies de près par les stars charolaises. Ici, un soigneur, peigne en main, s'active à brosser son animal tout en répondant aux questions des passants. Et puis voilà que le son d'une cloche ponctue des chants savoyards, jusqu'à nous mener vers les petites tarentaises et leurs toupets touffus. Normandes, Bretonnes, Prim'Holstein, ici, chacun son style, chacun sa mode. Ces Charolaises de Poitou-Charentes, à demi tondues sur le dos, en sont bien la preuve. Le fond de l'histoire est en fait moins drôle. « Elles sont tondues parce qu'on vient de les vendre, confie l'un des propriétaires. C'est pour mettre en valeur la zone où il y a les tournedos. Et puis au niveau des fesses aussi… Elles sont trop charpentées pour être des reproductrices. Il va falloir faire le deuil… »
À côté de lui, sa vache, Espérance, fait semblant de ne pas comprendre. Tout en fixant du regard le stand d'une célèbre marque de viande juste devant elle. Pas vraiment le temps de s'arrêter à la grande carrière pour voir le prochain concours. Au bout du pavillon, tous les cochons, sans exception, font la sieste. Déjà une heure passée ici, il faut poursuivre.

Le terroir dans tous ses états
Direction le pavillon 3 et ses cultures et filières végétales. Arrêt conseillé : l'Odyssée végétale, une sorte de galerie d'art contemporain. Il paraît que les citadins ne connaissent rien à l'apparence de la betterave sucrière, du blé, du colza ou encore du maïs. « C'est le fruit d'un regroupement de céréaliers et d'acteurs de la filière, nous explique-t-on. Le but est de faire découvrir cela au grand public qui n'en a pas toujours une vision très claire. »
Instructif, ludique, le concept semble séduire les familles. En particulier ce mur de bonbons assemblés pour reproduire des fleurs. « Il ne faut pas les manger ! », doivent inlassablement répéter les hôtesses.
Quittons ce pavillon après un détour par la pyramide de légumes, pour aller jusqu'au rendez-vous des gastronomes, celui des régions de France, autre piège chronophage. Pour éviter de gaspiller du temps, le guide donne rendez-vous à la boutique du concours général agricole. Vins et patrimoine culinaire, tout se goûte parmi ces produits tous primés durant les trois dernières années. Pas le temps en revanche d'aller à la rencontre des multiples producteurs de métropole et d'Outre-Mer sans dépasser le temps imparti.
Dans le pavillon 4, les filières équines mobilisent également une foule très dense. Sur la carrière, les démonstrations de chevaux de trait se succèdent.

Qui veut conduire un tracteur ?
A l'une des sorties du bâtiment, un petit panneau invite à tester la conduite en tracteur. Est-ce bien raisonnable ? Tout rêve de gamin mérite le détour, et d'ailleurs… Ce sont bien des enfants qui conduisent deux gros engins agricoles sur un petit circuit dédié, accompagnés par des policiers rodés à l'exercice. « On fait ça toute l'année dans les lycées agricoles de France, et ce, depuis quarante ans », rappellent-ils.
A côté des deux tracteurs, un enjambeur suit le même parcours avec, cette fois, un lycéen de l'établissement viticole d'Avize comme instructeur. Mais inutile de tenter sa chance, la file d'attente est trop longue. Et puis les trois heures se sont déjà écoulées.
Bilan : deux pavillons n'auront pas été visités, et les autres menés au pas de course. Trois heures, c'est un peu court, mais c'est mieux que rien.

J.G.-A.
Photos Christian LANTENOIS

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