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La fin de la maison Bochard

Publié le mardi 15 janvier 2013 à 11H21 - Vu 108 fois


L'histoire commencée en 1899 va s'achever.

L'histoire commencée en 1899 va s'achever.


Tissage. L'entreprise de Saint-Quentin fondée en 1946 ferme ses portes.

C'est la fin d'une belle aventure industrielle. La maison de tissus Bochard, créée en 1946 à Saint-Quentin, ferme ses portes. Une dernière grande vente sera organisée en février ou en mars. En attendant, le public peut acheter quatre mille articles chaque vendredi dans les locaux de la société.

Métiers à tisser des ateliers de Coco Chanel

Spécialisée dans le linge de qualité, appréciée par le Sénat et bien des pays étrangers, la société comptait cinq employés en décembre 2012 pour une cinquantaine il y a vingt-cinq ans. Philippe Bochard, PDG, âgé de 69 ans, explique qu'il souhaitait vendre depuis plusieurs années. Mais il n'était pas réellement pressé.
D'abord, car il lui coûtait de cesser l'activité commencée par son arrière-grand-père en 1899. Il a cherché aussi à amener jusqu'à la retraite le maximum de ses employées.
Philippe Bochard estime que son combat économique n'est plus tenable :
« C'est une mission impossible. Les coûts salariaux et les charges sont trop élevés par rapport aux autres pays européens. »
La concurrence ne vient donc pas du bout du monde, mais de tout près, dans la même Europe.
 

Le capitaine à bord

La société incarne pourtant une riche histoire. Des métiers à tisser acquis en 1991 provenaient des ateliers de Coco Chanel installés à Marez dans le Nord, de 1930 à 1960.
La grande figure de la mode s'était montrée impressionnée par la qualité du travail des ouvriers et des artisans à domicile, à une époque où dix mille métiers à tisser fonctionnaient à Saint-Quentin et dans ses environs.
Peu à peu, ce doux cliquetis a fait place à un petit chuchotement. Les tissus Bochard sont apparus comme des survivants jusqu'à leur disparition. Le choix du haut de gamme, certainement judicieux pour contrer la concurrence massive des petits prix, ne s'est même pas révélé assez protecteur. « Je suis amer. Je ne ferme pas de gaieté de cœur », confie le PDG qui tient la barre jusqu'à la liquidation finale. C'est lui et son épouse qui continuent d'accueillir les clients.
Jusqu'au bout, le capitaine est demeuré sur son navire industriel sombrant au cœur d'une tempête mondiale.
 

Thierry de LESTANG PARADE
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ALDOLOVER

16/01/2013 à 10h44

Encore une bien triste nouvelle.Courageux ce patron.et cinq personnes de plus sans boulot...

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